SCÈNE VII ROSALIE, SIBLEQUIN, puÎ5 HENRI
ROSALIE, seule.
En voilà assez pour un premier assaut... Je crois que ça l'a touché... Monsieur n'a pas répondu, c'est bon signe... Quand je disais qu'il avait besoin d'être cardé... Les hommes, c'est comme les matelas... Il faut les secouer de temps en temps.
SIBLEQ.UIN, accourant.
Rosalie! Rosalie!
ROSALIE
Est-ce que la maison croule ?
SIBLEQUIN
Il s'agit bien de maison... Monsieur Henri...
ROSALIE
Eh bien?...
SIBLEQUIN
Monsieur Henri est chez moi... Il faut prévenir Mme Mesnager... Appelle-la vite...
ROSALIE
Ah ! la pauvre femme ! elle est capable de mourir de joie...
siblequin
C'est pour ça que j'ai fait entrer M. Henri chez nous.
ROSALIE
On ne le sait pas dans la ville ?
SIBLEQUIN
Il passait par les remparts, derrière les maisons, lorsque je l'ai vu... Ça m'a fait un effet...
ROSALIE
Qu'est-ce que ce serait sur sa mère! Dire que
nous ne faisions que parler de monsieur Henri depuis ce matin.
SIBLEQUIN
Que faire? Le jeune homme brûle d'embrasser ses parents.
ROSALIE
Il serait peut-être bon d'attendre jusqu'à ce soir afin de bien préparer sa rentrée près de son père... J'ai commencé; il n'y a plus besoin que de quelques coups de baguette.
SIBLEQ.UIN
J'aurai bien *du mal à retenir le jeune homme.
(Henri paraît.)
ROSALIE
Mon Dieu! Le VOilà! (Elle l'embrasse.)
HENRI
Ma mère?
ROSALIE
Pas si haut... monsieur... Laissez-moi vous em-
brasser encore... Est-il devenu fort? Ah! il est tout pardonné.
HENRI
Appelle ma mère, je veux la voir.
ROSALIE
Vraiment vous êtes aussi affectueux que votre
père eSt dur. (Henri parle bas a Siblequin, qui sort.) HENRI
Elle est dans sa chambre?...
ROSALIE
Attendez, elle va venir.
HENRI
Je n'attends pas...
ROSALIE
La VOilà ! . . . Cachez- VOUS ! (Henri se jette derrière une porte.)
3oo LA COMEDIE DE L'APOTRE