‹ La comédie de MolièreChapitre 31 sur 94 · LISE VALÈRE · texte numérisé non relu

LISE VALÈRE

ÉLISE

Vous moquez-vous, Valère, de lui parler comme vous faites?

VALÈRE

C'est pour ne point l'aigrir, et pour en venir mieux à bout. Heurter do front ses sentiments est lo moyen do tout gâter ; et il y a de certains esprits qu'il no faut prendre qu'en biaisant ; des tempéraments ennemis de toute résistance; des naturels rétifs, que la vérité fait cabrer, qui toujours se roidissent contre le droit chemin de la raison, et qu'on ne mène qu'en tournant où l'un veut les conduire. Faites semblant i.'e consentir à ce qu'il veut, vous en viendrez mieux à vos lins ; et...

ÉLISE

Mais ce mariage, ValèreI

VALÈRE

On cherchera des biais pour le rompre.

ÉLISE

Mais quelle invention trouver, s'il se doit conclure ce soir ?

VALÈRE

Il faut demander un délai, et feindre quelque maladie.

ÉLISE

Mais on découvrira la feinte, si l'on appelle des médecins.

VALÈRE

Vous moquez-vous? V connaissent-ils quelque chose? Allez, allez, vous pourrez avec eux avoir quel mal il vous plaira ; ils vous trouveront des raisons pour vous dire d'où cela vient.

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