SCÈNE V
ABdAN, BELINB, TOINETTE.
TOINETTB.
Madame.
BÉLINB.
Pourquoi donc est-ce que vous mettez mon mari en colère?
TOINETTB, d'un ton doucereux.
Moi, madame? HélasI je ne sais pas ce que vous me vou-lez dire, et je ne songe qu'à complaire à monsieur en toutes choses.
ARGAN
Ahl la traîtresse 1
TOINETTB.
Il nous a dit qu'il voulait donner sa fille en mariage au fils de monsieur Diafoirus: je lui ai répondu que je trouvais le parti avan-tageux pour elle, mais je croyais qu'il ferait mieux de la mettro dans uu couvent.
BÉLINB.
H n'y a pas grand mal à cela, et je trouve qu'elle a raison.
ARGAN
Ah ! m'amour, vous la croyez? C'est une scélérate; elle m'a dit cent insolences.
BÉLINB.
Hé bien lie vous crois, mon ami. Là, remettez-vous. Écoutez, Toinette : si vous fâchez jamais mon mari, je vous mettrai dehors. Çà, donnez-moi son manteau fourré et desoreillers, que je l'accom-mode dans sa chaise. Vous voilà jo ne sais comment. Enfoncez bien votre bonnet jusque survos oreilles; il n'y a rien qui eorhume tant que de prendre l'air par les oreilles.
, ARGAN
Ahl ma mie, que je vous suis obligé de tous les soins que vous prenez de moil BÉLINB, accommodant les oreillers qu'elle met autour d'Argan. Levez-vous, que je mette ceci sous vous. Mettons celui-ci pour vous appuyer, et celui-là de l'autre côté. Mettons celui-ci derrière votre dos, et cet autre-làpour soutenir votre tête.
TOINETTE, lui mettant rudement un oreiller sur la llte. Et celui-ci pour vous garder du serein.
ARGAN, se levant en colère, et jetant ses oreillers
à Toinette qui s'enfuit.
Ahl coquine, tu veux m'étouffer f