‹ La comédie de MolièreChapitre 91 sur 94 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

BBYINE ; AROAN, étendu dans sa chaise ; TOINBTTB.

TOINETTE, feignant de ne pas voir Biline.

Ah! mon Dieu! Ah! malheur! Quel étrange accidentI

BÉLINE.

Qu'est-ce, Toinctle?

TOINETTE

Ah! madame I

BÉLINE.

Qu'y a-l-il?

là "\ LE MALADE IMAGINAIRE. - *, "~ ; / - Votre mari est mort.

z. ' BÉLINB.

Mon mari est mort? ' ., ■*

s , ~ " TOINBTTB.

- Hélàs! Oui I le pauvre défunt est trépassé.

* ^ BÉLINB. ' , ,

Assurément?. ' -—

TOINBTTB.

Assurément; personne ne «lût encore cet accident-là; et je me

suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer entre mes bras. Te--

nez, !e voilà tout de ton long dans cette chaise.

BÉLINB.

Le ciel en soit loué! Me voilà délivré d'un grand fardeau. Que

tu es sotte, Toinette, de l'affliger de celle mortl

TOINETTB.

Je pensais, madame, qu'il fallût pleurer.

BÉLINE.

Va, va, cela n'en vaut pas la peine. Quelle perte est-ce que la

sienne ? et de quoi servait-il sur la terre? Un homme incommode à

tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement ou

une médecine dans le ventre,mouchant,toussant, crachant toujours;

sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse

lés gens, et grondant jour et nuit servantes et valets.

TOINETTB.

Voilà une belle oraison funèbre!

^/^ BÉLINB. .' r/ Il faut, Toinette, que tu m'aides à exécuter mon dessein ; et lu ff peux croire qu'en me servant, ta récompense est sûre. Puisque, / par un bonheur, personno n'est encore averti de la chose, portons-- ' le dans son lit, et tenons celle mort cachée, jusqu'à ce que j'aie fait

mon affaire. Il y a des papiers, il y a de l'argent, dont je me veux

saisir ; él il n'est pas juste que j'aie passé sans fruit auprès de

lui mes plus belles années. Viens, Toinette; prenons auparavant

toutes ses clefs,.

AROAN, te levant brusquement.

- ' Doucement.

BÉLINB.

Abi!

ABOAN.

Oui, madame ma femme, c'est ainsi que vous m'aimez ?

TOINBTTB.

Ah I ah ! le défunt n'est pas mort !

AROAN, à Biline, qui sut,

Je suis bien aiss de voir votre amitié, et d'avoir entendu le b*»S£

panégyrique que vous avez fait de moi. Voilà un avis au leclejr,

3ui me rendra sage à l'avenir, et qui m'empêchera de faire bien

eschoses. ' " ' ^v - ÀOTBIII, SCÈNE XI*.' J ' Itt*

" SCÈNE xyra.

BBRALDE, sortant de ïendroit oh il fêtait caché;

AROAN, TOINETTE. ' ~~ -- -

-'" , ~ ~. ~ BBBALDi/ s~ ' "■ Hé bienl mor 'rère, vous le voyez.

TOINBTTB.

Par ma foi, je n'aurais jamais cru cela. Mais j'entends votre fille. Remettez-vous comme vous étiez, et voyons de quelle manière elle recevra votre mort. C'est une chose qu'il n'est pas mauvais d'é-prouver ; et, puisque vous êtes en train, vous connaîtrez par là les sentiments que votre famille a pour vous.

(BéraïJe ta se cacher.)

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