SCÈNE XIV
AROAN, BÉRALDS.
BÉRALDE.
Voilà un médecin qui parait fort habile I
AROAN.
Oui; mais il va UÙ peu bien vite.
BÉRALDB.
Tous les grands médecins sont comme cela.
AROAN. " i
Mo couper un bras et me crever un oeil, afin que l'autre se porte mieux ! J aime bien mieux qu'il ne se porte pas si bien. La belle opé-ration, de me rendre borgne et manchot ! \V ~1S« - J r LB MALADE IMAOINAÏRB.
\ SCÈNE XV; v
if" j
ABOAN. BÉRALDK, TOINETTB.
, ' \~ TOINBTTB, feignant de parler J quelqu'un. * - ' J
Allons, allons, je suis votre servante. Je irai pas eûvlede rire.
- AROAN.
Qu'est-ce que c'est? . l
* •* ' x >\ TOINBTTB.
Yotre médecin, ma foi, qui me voulait tâler le pouls.
AROAN.
Voyez un peu, à l'âge de quatre-vingt-dix ans !
BÉRALDE.
Oh cà! mon frère, puisque voilà voire monsieur Purgon brouillé avec vous, ne voulez-vous pas bien que je vous parie du parti qui l'offre pour ma nièce?
AROAN.
Non, mon frère: je veux la mettre dans un couvent, puisqu'elle j'est opposée à mes volontés. Je vois bien qu'il y a quelque amou-rette la-dessous, et j'ai découvert certaine entrevue secrète qu'on ae sait pas que j'aie découverte.
BÉRALDE.
Hé bien I mon frère, quand il y aurait quelque petite inclination, Cela serait-il si criminel? Et rien peut-il vous offenser, quand tout ne va qu'à des choses honnêtes, comme la mariage? •'
AROAN.
Quoiqu'il en soit, mon frère, elle sera religieuse ; c'est une chose résolue.
BÉRALDE.
Yous voulez faire plaisir à quelqu'un.
AROAN.
Je vous entends. Vous en revenez toujours là, et ma femme vous lient au coeur.,
BÉRALDE.
Hé bienkoui, mon frère; puisqu'il faut parler à coeur ouvert, s'est votre femme que je veux diro; et, non plus que l'entêtement le la médecine, je ne puis vous souffrir l'entêtement où vous êtes pour elle/ et voir quo vous donniez, tôle baissée, dans tous les pièges qu'elle vous tend.
TOINETTE
Ah I monsieur, ne parlez point de madame ; c'est une femme sur aquolle il n'y a rien à dire, une femme sans artifice, et qui aime nonsieur, qui l'aime... On ne peut pas dire cela.
AROAN.
Demandez-lui un peu les caresses qu'elle méfait;
TOINETTE
Cel" est vrai.
AROAN.
L'inquiétude que lui donne ma maladie ; Y ; " AOTB HT, SCÈNE XVII. . ^ 137 ~f î ~ TOINBTTB. r
Assurément. ^ «*.*-■*' " "
-* i» - ' *" . AROAN. * -»
; Et les soins et les peines qu'elle prend autour de moi. , ^ < ~S <-~ * - " TOINBTTB. '* - "* " / ., Il est certain, (il Bhralde.) Vouîez-voos que je vous convainque, et vous fasse voir tout à l'heure comme madame aime monsieur? (A Argan.) Monsieur, souffrez que je lu! montre son bec jaune et le ^ire d'erreur, - ~
ABOAN.
Comment?,
* TOINETTB.
Madame s'en va revenir. Mellez-vous tout étendu dans celte chaise, et contrefaites le mort. Vous verrez la douleur où elle sera quand je lui dirai la nouvelle.
ARGAN. .- -
Je le veux bien.
TOINETTE
Oui ; mais ne la laissez pas longtemps dans le désespoir, car elle en pourrait bien mourir.
AROAN.
Laisse-moi faire.
TOINETTE, à Bèralde.
Cachez-vous, vous, dans ce coin-là.