MORALITÉ DES MORALITÉS
Lee deux joueurs et l’huître.
DEUX HEURES A LA BOURSE
Hier, il était environ une heure, je passais dans la rue Vivienne, quand je vis venir à moi un de mes plus anciens camarades de pension, Hector Du Colombier.
— Ce cher Du Colombier !
— Ce cher ami! qu’il y a longtemps que nous ne nous sommes vus! Viens avec moi, je ne te lâche plus.
En ce moment une voiture débouche par la rue Louvois et remonte du côté du boulevard. Du Colombier abandonne précipitamment mon bras qu’il avait pris sous le sien, et le voilà courant après la voiture. Je le suis des yeux, il court, il vole, il bouscule trois ou quatre dames et un vieux Monsieur qui regardent des tapisseries; en un clin d’œil il a dépassé l’équipage, et je le vois revenir à moi le visage rayonnant.
— Es-tu donc devenu fou , mon pauvre Du Colombier? ou bien est-ce l’ange de tes rêves qui vient de passer dans cette voiture?
— 847, mon ami! un cheval blanc ! c’est complet. Note bien que je n’ai pas rencontré un enterrement sur ma route depuis la rue de Grenelle ! et puis je m’étais dit : Si la première voiture que je vois passer rue Vivienne a un cheval blanc et si le numéro est impair, il y aura de la hausse aujourd’hui.
— Oui, je connais ça, numéro deus impare gaudet... Le numéro deusse se réjouit d’êfre impair. On a fait de fortes études; enfin, tu me parais décidément devenu toqué.
— -Non, mon ami, mais je vais te dire : je suis acheteur de deux cents Mobilier à prime, et si tu as quelque temps à perdre aujourd’hui, si tu éprouves quelque plaisir à voir un aimable garçon gagner de l’argent, tu n’as qu’à pénétrer avec moi dans cet antre que l’on a Bourse appelé, et je te demanderai la permission de te présenter à quelques billets de mille francs de mes amis.
Une femme portant un enfant recroquevillé dans un vieux châle :
— Mon bon Monsieur, ayez pitié d’une pauvre mère de famille !
Du Colombier tire une pièce de cinquante centimes de sa poche et la remet à la mendiante.
— Je la connais, mon bon, c’est une vieille carotteuse; mais tu vois le noble usage que je fais de mon or. C’est ainsi que j’agis quand je suis acheteur de Crédit mobilier. Il ne faut pas que ma veine ait le moindre prétexte plausible de se tourner contre moi.
Un Monsieur se cogne contre nous au tournant de la rue Vivienne ; il tient un petit carnet à la main.
— Qu’est-ce que vous faites aujourd’hui, père Sureau? s’écrie Du Colombier.
— 27 et demi demandé, et il n’y en a plus. Il s’éloigne en courant.
— Sacrebleu, mon cher, je te le disais bien, c’est de la hausse ! Entrons, mon ami, viens saluer le temple de la Fortune.
Nous montons allègrement les degrés; sous le péristyle, deux ou trois cents particuliers à boucles d’oreilles, vêtus de redingotes râpées, couverts de cha-
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peaux gras et crasseux , se démènent en criant comme des Auvergnats en goguettes.
— Ce sont les spéculateurs sur les Petites Voitures , me dit Du Colombier.
Il y a là dedans des malins; il y a des gens forts comme les Remonencq de Balzac, qui déploient autant d’adresse et de talent pour gagner six francs que Rothschild pour rafler un million. Quand , il y a un mois, ces pauvres diables de cochers ont fait grève, le coup est parti d’ici; ils sont là trois ou quatre Savoyards qui avaient inventé la chose pour jouer à la baisse sur la valeur : ces gaillards-là ont palpé, et Messieurs les cochers se sont brossé le ventre; c’est toujours comme ça que ça se passe.
— Ce groupe noir qui est un peu plus loin, c’est le groupe du Turc : emprunt Turc, obligations Turques. Ici plus de boucles d’oreilles, les chapeaux sont plus maigres, les redingotes moins grasses ; l’accent de Bordeaux se marie harmonieusement à l’accent de Straspurg. Israël, salut!
Mais ne nous arrêtons pas aux bagatelles de la porte.
— Enfin , nous y voilà.
Quel tapage! Ils sont là soixante qui crient, qui se démènent, qui vocifèrent comme des forcenés. Impossible de saisir l’apparence d’un mot au milieu de ces féroces hurlements.
— Mais tous ces gens-là sont fous furieux! dis-je à Du Colombier.
— Quelques-uns, oui, mais pas tous. Tiens, écoute-moi un peu celui-là, l’entends-tu crier : Je prends du Mobilier? Hein! quelle note, quelle poitrine, quelle verve ! Je prends du Mobilier ! ça veut dire : le Mobilier monte, il m’en faut; je n’en ai pas pour mes clients, pour mes amis, pour ma famille, pour ma mère; vive le Mobilier! En voilà un qui n’est pas fou, qui a du sens , qui est dans le vrai.
Survient Dondeussous , coulissier : — Eh bien! mon petit, me croirezvous maintenant? Je vous le disais hier, la hausse est immanquable, elle est dans l’air.
— On monte, Monsieur Du Colombier, je ne dis pas, mais c’est pour mieux baisser. Plus on montera, plus je serai content; au moins je pourrai vendre à mon aise; mais malheureusement on ne montera plus guère. — Il s’éloigne.
— Ce Dondeussous est un misérable, un baissier de profession, qui semble toujours à l’affût des événements que les gens de cœur redoutent; détournons les yeux de ce triste spectacle.
Il prend la cote d’un commis qui passe
— Eh bien ! regarde-moi un peu ça, mon petit. Tu vois, la rente a monté
de vingt centimes, le Mobilier de vingt francs; toutes les valeurs sont demandées , on se les arrache. 830 le Mobilier ; mes primes me ressortent à 825 , je gagne déjà près de mille francs. Suppose qu’il monte de cent francs, voilà vingt mille francs dans le sac. Bobinette aura son coupé de H. Binder, et nous ferons ensemble, avec toi, un petit dîner chez Vachette qui se portera bien. Je te la présenterai, Bobinette; tu verras ce chic, ces yeux! Si tu es raisonnable, je te montrerai sa jambe.
Un commis passe en courant. — A 835 le Mobilier! on n’en trouve plus.
Du Colombier épanoui (il est devenu le centre d’un petit cercle de spéculateurs) : — Tu entends, ma petite vieille, mille francs de plus dans le sac à Bibi. Mais le Mobilier, mon cher, tu ne sais donc pas ce que c’est? Comment, ta parole d’honneur, lu n’en as pas seulement 252? Mais c’est incroyable, c’est insensé !
— Le Mobilier, vois-tu, c’est l’idéal de notre époque financière. Le Mobilier est aux autres valeurs de Bourse ce que la locomotive est au camion ou le télégraphe électrique au facteur rural : c’est comme un puissant levier, une pompe...
Un vaudevilliste qui est venu se joindre au groupe. — Funèbre..., Monsieur Du Colombier.
Du Colombier. — Vous, si vous vous permettez de faire des mots inconvenants sur mes valeurs, je vous en fais vendre vingt-cinq à découvert.
Le vaudevilliste. — Hé ! hé ! ce serait peut-être une veine.
Du Colombier. — Je disais donc que le Mobilier est comme une pompe aspirante qui.. .
Un commis a moustaches noires, d’un air caverneux. — A 832 50 on offre le Mobilier !
Du Colombier. — Diable! diable ! mais enfin ça ne peut pas monter comme ça d’un coup à 925! Quand je pense que je l’ai vu à 1,900! Supposons un instant qu’il fasse seulement 1,800 : aperçois-tu d’ici ce petit beurre? Deux cent mille francs, un petit voyage en Italie avec Bobinette; une pointe vers l’Egypte; et puis, tu sais, je t’emmène; ne dis pas non, je compte sur toi.
Un commis a barbe rouge. — A 830 ! On ne peut pas vendre le Mobilier, qui est-ce qui en veut cinquante ?
Du Colombier. — Que dit donc cet imbécile ?
Un commis blond. — Moi, je viens d’acbeler à 831 25.
Du Colombier. — Parbleu ! quand je vous dis qu’il fera mille francs dans huit jours. Tenez, à cette place, contre cette colonne, j’ai vu Arsène Houssaye
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qui en avait acheté deux cents à 940, je crois; il a revendu tout ça à 1,200, et il a eu tort; moi je ne donnerais pas les miens pour 1,500.
Vous connaissez Meissonier ? eh bien , je l’ai vu gagner en trois bourses six cents francs par action sur les Mobilier. Je vous assure que c’était un ravissant tableau.
Le vaudevilliste. — Du Colombier, mon ami, je vous y pince.
Du Colombier. — Pardon, ça ne m’arrivera plus; il faut m’excuser, j’ai vu les Deux Sœurs hier soir, je me rattrape.
Le vaudevilliste. — Y avait-il encore un peu de vent?
Du Colombier. — Moins. Maintenant, on connaît la clef de la situation. C’est tout au plus s’il y a quelques courants d’air au dernier acte. On est fait aux coups de pistolet de la fin, comme les cocottes au discours de M. Dupin.
Du reste, hier, par la chaleur qu’il faisait, on avait, dit-on, assez frais dans la salle.
Un Monsieur à moustaches jaunes s’approche négligemment du groupe.
— * On se regarde, hum! hum! Vous dites donc que la hausse est dans l’air?
Le vaudevilliste. — Dans quel air? dans l’air : Va-t'en voir s'ils viennent, Jean ?
Le Monsieur à moustaches jaunes s’éloigne.
Le commis a moustaches noires, d’une voix sépulcrale : — A 827 50 le Mobilier est offert.
— Fichtre ! qu’est-ce qu’il y a donc? la hausse est donc arrêtée? Pourtant les chevaux étaient blancs , le numéro impair, pas d’enterrement, ordinairement ça ne me trompe pas.
Un commis se précipite à la corbeille; il tient une dépêche télégraphique et la remet à un agent de change influent. Tous les yeux se fixent sur l’agent, qui développe sa dépêche et la lit d’un air soucieux. Il la replie, la remet dans sa poche, et se rue violemment sur la corbeille :
— A 826 25 , j’ai cent Mobilier !
— A 825 , j’ai deux cents Mobilier !
— Animal! butor! vampire! fait Du Colombier. Il faut cependant qu’il y ait quelque chose de grave : un agent comme celui-là , qui fait des affaires pour les plus gros bonnets! Si tout cela allait s’effondrer!
Appelant le commis blond, il lui parle à l’oreille.
— Vendez-moi au mieux mes deux cents Mobilier; ne perdez pas une seconde... Vite, vite, au nom du ciel !
Le commis écrit, et passe l’ordre. Du Colombier est agité : il ne tient pas en place.
Un Monsieur du groupe. — La dépêche qui vient d’arriver est bien grave, dit-on : il paraît que le Mobilier serait compromis dans une affaire des plus sérieuses; la rue Laffitte tape sur toutes les valeurs de la place Vendôme... Entendez-vous comme c’est offert?
Un autre Monsieur. — On vient de me dire que trois cent mille nègres de l’Amérique du Sud ont enlevé Puebla à la baïonnette et que Mexico a été passé au fil de l’épée.
Du Colombier. — Et ce petit lambin de commis qui ne revient pas!.. . Ces agents sont d’une lenteur, d’une négligence! Ah! enfin, le voilà!... (Avec un soupir de satisfaction.) A combien m’avez- vous vendu?... (Développant le papier.) 826 25 ! J’avais peur d’être vendu plus bas; il me semblait que l’on offrait à 825... Merci, mon ami... Mais alors ça ne baisse donc plus?... Diable ! diable !
Le commis a moustaches noires. — On demande le Mobilier à 830 francs.
Du Colombier. — Sapristi!...
Un Monsieur revient de la corbeille, où il a causé avec l’agent à la dépêche : il la tient dans les mains, et lit avec attention.
Du Colombier s’approche palpitant et regarde par-dessus l’épaule du Monsieur :
« Baden-Baden, 6 septembre.
« A AI. X..., agent de change en Bourse.
« Mon Bébé, pas oublier passer chez Worth, rue de la Paix, demander six costumes complets pour semaine prochaine; chez madame Herst, rue Drouot, six chapeaux assortis aux robes. Expédier vite : rien à me mettre.. . Un joli bécot à son Bébé.. .
« Cascadette. »
Du Colombier. — Mille noms de noms , de noms , de noms !
Pincé, collé, fait au même, il réfléchit un instant. — Eh bien, non, tant pis !
C’est-à-dire tant mieux!
Sa physionomie devient souriante. Se tournant vers moi :
— Eh bien ! vois-tu, mon ami, comme j’ai le nez creux ! J’ai vendu mon Mobilier. Voilà l’ordre exécuté, 826 25; je perds seulement la moitié de mon courtage, à peine deux cents francs; voilà une chance!
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— Mais tu ne devais jamais les vendre, tu attendais mille francs. Le Mobilier, disais-tu, c’est la locomotive, c’est la pompe; car tu l’as dit, la pompe !
Du Colombier. — Tout cela est très-bien, mais l’expérience ne doit pas être perdue. Tu ne sais donc pas, mon pauvre ami, ce que c’est que le Mobilier? Tu ignores donc que j’ai vu le Mobilier à 425 francs offert... mon ami, offert ! Maintenant, j’ai vendu à 826 25; eh bien! je suis vendeur à découvert. — Innocent que tu es, tu ne sais pas ce que ça veut dire? Eh bien ! maintenant j’ai pour moi toute la baisse, et, entre nous, je crois qu’il y en aura une effroyable ! Suis bien mon raisonnement : j’ai en ce moment la plus belle position qu’il soit possible de rêver : vendeur à découvert, ferme contre prime, toute la baisse pour moi, moins la prime que j’abandonne, tout ça pour la bagatelle de deux cents francs.
Le commis a moustaches noires. — 840 demandé le Mobilier !
Du Colombier. — Oui, oui, montez, tas d’imbéciles, grimpez les uns pardessus les autres; à demain le réveil, mais un réveil brutal et terrible! Hier je voyais un homme bien informé, il me disait que Pereire était souffrant, vieilli, cassé. Suppose une maladie grave demain; que vaut alors le Mobilier? rien. — Toutes les valeurs du Mobilier, rien, rien ! Tout cela papier, papier, quatre sous la livre. Le moindre ébranlement dans l’Etat, l’échafaudage de cette institution ridicule s’écroule et s’abîme dans le vide. — A notre époque, il faut être préparé à tout.
Dondeussous , coulissier. — La Bourse finit en hausse , tout est demandé. Vous voilà content, Du Colombier?
Du Colombier. — Content, oui, oui; mais je crains cependant un peu de baisse pour demain.
Dondeussous. — Non, non ! le mouvement est lancé, il y en a pour jusqu’à la fin du mois.
Du Colombier. — C’est ce que nous verrons, mon bonhomme.
Le commis a moustaches noires, d’une voix sinistre. — Le Mobilier finit à 845 ! ! !
La cloche sonne.
Du Colombier. — Allons-nous-en, mon ami, il n’y a plus rien à faire ici.
Tiens, mais écoute donc! j’entends chanter sur la place de la Bourse! Mais, Dieu me pardonne... c’est la Marseillaise.
Le vaudevilliste. — Allons donc, c’est le fontainier !
Une porte se ferme avec fracas.
Du Colombier. — Ah! mon Dieu!... un coup de pistolet, l’émeute grondant dans la rue ! Les barricades !
Le vaudevilliste. — La porte , s’il vous plaît !
Du Colombier, fiévreux. — Bonsoir, Messieurs, à demain et gare dessous! Et toi , mon bon , tu sais ce que tu m’as promis pour notre petit voyage avec Bobinette; si le Mobilier tombe seulement à 450, c’est entendu.
— Parfaitement.
Nous traversons la place de la Bourse.
La femme portant un enfant recroquevillé dans un châle : N’oubliez pas une pauvre mère de famille , mon bon Monsieur !
Du Colombier tire deux sous de sa poche et les lui met dans la main. — Tu vois comme je fais quand je suis vendeur du Mobilier, toujours généreux; ne contrarions pas la chance.
La femme au chale. — Deux sous! la recette baisse. C’est ce crapaud-là qui n’a plus assez mauvaise mine. Faut que je dise à la mère Durand de m’en fournir un autre.
LE SPORT
Sous la dénomma lion de sport, mot anglais, on comprend tout ce qui a trait aux exercices du corps dans leurs rapports avec les animaux, section des chevaux et des courses, ou contre eux, section de la chasse et de la pêche, ou sans eux, section de la natation, de l’escrime et du canotage.
Un sportsman accompli est un homme dans lequel toutes les facultés physiques sont en équilibre, ce qui doit, en théorie, produire le mens sana in corpore sano.
En réalité, cela produit parfois tout le contraire. Le nom de sportsman, par dérogation, est donné plus spécialement à ceux qui se préoccupent d’une façon plus particulière du cheval et des courses de chevaux.
Il est bon qu’un homme qui veut occuper dans le monde une place satisfaisante sache parler chevaux, comme il doit au besoin parler blason.
Il faut qu’il connaisse assez d’anglais pour savoir ce que signifie le turf, le ring , etc.
La mode s’est emparée de cet animal dangereux pour celui qui le monte
et celui qui le rencontre , incapable de se conduire lui-même et beaucoup moins intelligent que l’âne, auquel la calomnie s’est injustement attaquée, et qui au moins a pour lui parfois un certain caractère de résistance et de volonté dont ses détracteurs ont fait de l’entêtement.
C’était M. de Buffon qui l’intitulait jadis : la plus noble conquête faite par l’homme sur la création.
Combien est supérieur, comme docilité, comme vitesse, comme force infatigable, le cheval de vapeur, dû à l’initiative de notre siècle, et qui doit infailliblement remplacer l’autre pour tous les usages auxquels il est encore consacré ! Il est vrai que M. de Buffon ne pouvait connaître celui-là.
Malgré cela, ou à cause de cela, le cheval est encore en honneur comme objet de luxe.
El surtout il faut dire, comme prétexte de bénéfices et de jeu dans les spéculations de courses.
On fait du sport quand on a gagné de l’argent, ce qui a donné naturellement à beaucoup l’idée de faire du sport pour en gagner.
C’est par ce côté que la comédie du sport n’est qu’un tableau de plus dans la comédie de l’argent.
On aura beau crier sur tous les toits que la question des courses , notamment, n’a pas d’autre but que l’amélioration de la race chevaline, que les éleveurs et les propriétaires de chevaux de courses ne sont pas des entrepreneurs de spectacles, que les jockeys ne sont pas des écuyers d’un cirque agrandi pour les circonstances.
Qu’au contraire, les uns et les autres risquent leur argent et leurs membres au profit d’un intérêt général d’agriculture et de commerce.
On aura beau dire tout cela, on ne portera point la conviction dans les cœurs.
Tous les braves gens qui se rendent en robe détroussée pour faire nombre dans les solennités du turf, se soucient de l’amélioration de la race chevaline comme des vieilles lunes.
Les courses ne sont pour eux qu’une des formes de la roulette, de la roulette à grand spectacle. Du côté des propriétaires, des entraîneurs, des jockeys et des metteurs en scène , il en est parfaitement de même. Les courses sont devenues une succursale de la Bourse, et n’ont pris leur vogue réelle ici qu’à partir du moment où les jeux de Bourse auxquels on s’était mis, sont devenus