‹ La comédie de notre tempsChapitre 109 sur 121 · MAGISTRATS · texte numérisé non relu

MAGISTRATS

Heureusement, de l’autre côté de ces gens de proie, comme pour leur faire contre-partie, il existe une classe d’hommes destinés à surveiller leurs actes et à leur faire rendre gorge quand ils sont surpris sur les cadavres ou dans les poches de leurs victimes.

Ce qui est rare , il faut le dire , car nul ne connaît

mieux la limite sur laquelle il faut s’arrêter et ne pas se faire surprendre que ceux qui font métier de la franchir, lorsque la surveillance s’éloigne ou s’endort.

Un dentiste s’est écrié un jour : N’arrachez pas, guérissez.

Le philosophe pourrait dire aux fabricants de lois : Ne punissez pas , prévenez.

Hélas! comme les carabiniers de l’opérette, on arrive toujours trop tard , et quand le mal est fait.

Mais enfin, au milieu de cette comédie où l’argent semble le rêve unique et universel, et où les prescriptions de la justice et de la loi sont les seules barrières qui préservent les uns des brutalités et des avidités des autres, il est d’un haut intérêt de voir une classe d’hommes faisant état de ne point se mêler à cette saturnale de l’argent, et qui se contentent de l’honneur désintéressé pour assumer sur leur tête la redoutable et indispensable besogne de surveiller les barrières et d’appliquer la loi.

Ces hommes sont les magistrats.

11 n’est pas de marchand de mousseline de laine, de fabricant de savon, d’épicier et négociant en contremarques, de vendeur d’absinthe, de restaurateur ou cafetier, d’huissier, de syndic, d’homme d’affaires véreux, ou sans vers, etc., etc., qui ne gagne plus que le magistrat vieilli sous la robe du juge. Les émoluments suffisent à peine à la vie stricte et honorable que doit mener celui dont la conduite et les arrêts sont appelés à servir d’exemple.

COSTUMES ET VISAGES

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