CONFIDENCES
— Tu nie demandes mes impressions?
— Oui , chère Madame.
— Eh bien, si tu veus que je te dise... eh bien! c’est pas ça.
MAISONS DE LA LÉGION D’HONNEUR
et qui les met à même de diriger un des nombreux bureaux télégraphiques semés sur le territoire français, parmi lesquels il en est réservé, chaque année, quelques-uns à ces filles de nos braves officiers.
Depuis madame Campan, qui fut la première directrice ou surintendante de cette maison de Saint-Denis , une série de femmes remarquables et supérieures s’est succédé à la tête de ce magnifique établissement : la baronne Dennery, la comtesse de Bourgoin, la baronne Daumesnil, veuve de la fameuse jambe de bois de Vincennes, y ont laissé de précieux souvenirs.
Madame la baronne Leray, la surintendante actuelle, continue de la façon la plus remarquable ces excellentes traditions.
Sous les ordres de ses directrices , les dames de la maison de la Légion d’honneur, partagées en dignitaires, supérieures, dames dignitaires, dames et novices, sont chargées de la surveillance, de l’éducation ou de l’instruction des cinq cents jeunes fdles réunies dans cette magnifique propriété, ancien couvent des Bernardins.
Toutes ces dames, sauf de très-rares exceptions, ont été élevées dans la maison et en ont toutes les traditions; elles portent toutes la décoration de la Légion d’honneur, depuis la surintendante, qui est grand-croix, jusqu’aux simples dames , qui portent la croix de chevalier, et aux novices , qui ne se distinguent des grandes élèves que par un simple ruban.
Les élèves sont simplement vêtues d’une robe noire, d’un tablier noir, et de rubans ou ceintures dont la couleur varie suivant l’âge de la jeune fille , depuis le vert et le vert liséré qui est l’apanage des petites, jusqu’au blanc liséré et blanc uni qui est réservé aux grandes, en passant par le bleu, l’aurore et le nacarat, — toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
Toutes ces couleurs sont réunies dans la ceinture qui décore les élèves des classes dites de perfectionnement.
Après cette classe, les jeunes filles qui n’ont pas de ressources suffisantes dans leur famille, ou qui ont la vocation de l’enseignement, restent dans la maison en qualité d’aspirantes au noviciat, et servent à recruter le personnel remarquable qui dirige cette maison comme une famille.
Sur le nombre considérable de femmes sorties de cette maison, une quantité ont montré des qualités supérieures, et sont devenues des femmes d’élite; celles-là, on en parle peu. Quelques-unes, comme il s’en trouve forcément dans toute agglomération d’êtres humains, se sont échappées par certaines tangentes, et ont fait parler d’elles outre mesure.
Des esprits malveillants ont cherché à en tirer des conclusions contre la maison elle-même. Rien de plus injuste; et il n’est pas de couvent ou de maison d’éducation qui ne puisse produire à son dossier, proportion gardée, un chiffre plus élevé de ces exceptions, qui se rencontrent malheureusement trop souvent de notre temps, et dont la vie de famille ne sait point toujours préserver.
Les maisons d’Écouen et des Loges , réservées aux filles des officiers d’un grade moins élevé, sont confiées à des religieuses d’un ordre enseignant, parmi lesquelles se trouvent des femmes du plus haut mérite.
Là, on insiste plus sur les qualités du ménage et moins sur les arts. La position moins aisée des familles en fait une nécessité, ce qui, malgré la pauvreté, devient une vertu.
Depuis quelque temps, dans certaines familles même riches, mais soucieuses de l’avenir et instruites par le passé, on s’est empressé d’adjoindre à tous ces motifs de travail et de contention d’esprit, le soin de passer des
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examens qui font pendant à l’examen du baccalauréat que passent leurs frères .
Ce sont les examens de l’Hôtel de ville, à la suite desquels une jeune fille couronnée de boules blanches est reconnue capable de se livrer à l’éducation, et se prépare ainsi une ressource contre les adversités possibles dans l’avenir. Récemment, une demoiselle de Rothschild vient de passer ces examens, dont il est peu probable qu’elle soit appelée plus tard à tirer parti. Et cet exemple n’a pas médiocrement contribué à mettre la chose à la mode.
Il y a. encore le dessin et la peinture, qui n’étant pas des arts tapageurs, ont encore peu de partisans dans les familles. En qualité de voisin possible, on ne saurait trop encourager ces études, d’autant plus qu’elles produisent des effets moins fertiles [en déboires que le piano, et, dans un cas donné, sauraient nourrir plus avantageusement celles qui s’y adonnent.
Disons de plus que l’étude des choses d’art ne saurait qu’augmenter et rendre plus sûr le goût inné chez les femmes françaises, et ajouter encore à ce sentiment de l’harmonie, de la couleur et du charme qui les caractérise entre toutes.