‹ La comédie de notre tempsChapitre 31 sur 121 · LES JEUNES · texte numérisé non relu

LES JEUNES

Le baccalauréat vient enfin d’ouvrir les portes dorées de l’avenir. Quel sera cet avenir ?

Mais en ce précieux moment, est-ce bien de l’avenir que le collégien libéré s’occupe? N’est-ce point du présent?

Car l’ heure de la liberté a sonné, c’est-à-dire l’heure où il est permis et

prescrit même de jeter au vent le képi et la tunique du collégien, les bas bleus et les gros souliers réglementaires du collège; l’heure où les portes du collège se referment pour ne plus se rouvrir; où l’horizon se diapré de spectacles et de soirées, de danses bizarres et échevelées; où le petit dieu malin Eros va puiser enfin les flèches d’or dans les flancs de son carquois. Evoliê! Evolié !

N’est-il point resté çà et là, malgré tout, accrochés à la mémoire, quelques débris de poésie classique? On pense bien aux brumes de l’avenir lorsque le présent i-ayonne ainsi ! Oui ! mais au milieu de toutes ces hallucinations de liberté conquise, il est nécessaire cependant de penser parfois à une carrière, et de finir par en faire le choix.

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