CHANT DU DÉPART
— Et maintenant, mon petit chien vert, aux Bouffes.
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leurs. Là seulement se trouvent les caves sérieuses et convaincues, sans lesquelles un diner, quelle que soit la richesse de son menu, n'existe pas plus qu’une comédie sans situation ou une romance sans musique.
Madame Geoffrin disait : — À diner, il faut de grands couteaux et de petites histoires.
Petites histoires si l’on veut, mais histoires intéressantes et gaies, si l’on peut.
Les donneurs de diners le savent si bien, qu’ils s’étudient à trouver, à connaitre et à inviter, çà et là, quelques gens d'esprit ou artistes, lesquels
AU RESTAURANT
— Qu'est-ce qu’attend madame pour commander ? — le commaudant.
font partie importante du menu et servent à aiguiser les sauces comme à faire glisser sur les vins.
Cette idée n’est pas nouvelle; du temps de Boileau elle était déjà mise en vigueur :
Molière avec Tartuffe y doit jouer son rôle,
Et Lambert, qui plus est, m'a donné sa parole.
En province se sont abrités les gens qui, secoués par les orages de la vie, ont enfin trouvé un port et soignent le plaisir de la table comme celui qui peut s'associer à tous les autres plaisirs, mais qui reste le dernier pour nous consoler de leur perte.
Ces diners de province ne tarderont pas, hélas! à perdre leur caractère, grâce aux chemins de fer, aux télégraphes, à tous les moyens rapides de locomotion.
Le diner de confection commence à déborder au dehors, et le filet de bœuf, sauce aux truffes, sauce Périgueux, mis sur le feu à Paris, commence à arriver tiède et à point nommé sur toutes les lignes rayonnantes.
La Belle-Jardinière envahira tout. C’est la démocratie et le niveau appliqués
à l'alimentation comme au costume.