ÉDUCATION EN FAMILLE
— Dis donc, petite sœur, tu as un chic épatant. Je t'averlis qu'on te regarde. Si on allait te prendre
pour une cocotte!
— J'en ai le trac.
A L'ÉGLISE
La première condition de la politesse est de ne choquer ni de: gêner les idées, les convenances et les habitudes d'autrui.
Si ces idées, si ces convenances, si ces habitudes ont un caractère religieux, il n’y a pas plus de raison pour les choquer et les gêner, que si elles avaient un caractère tout différent.
L'homme bien élevé, quelle que soit son opinion, sait respecter l’opinion des autres, et se conduit dans une église, dans un temple, dans une synagogue, voire même dans une mosquée, ou dans une pagode, avec la même réserve, la même politesse, la même observation de l'étiquette admise, que s’il était à visiter à l'étranger ou un empereur, ou un roi, ou un président d’une république quelconque, où un sultan, où un schah, ou bien un rajah, ou bien même encore un simple commercant quelconque en épiceries et en denrées coloniales.
L'idée de Dieu n’est pas une invention moderne , et il n’est pas d'exemple
dans l’histoire d’une agglomération d’êitres humains qui ne se soient inclinés
devant cette idée, présentée sous une fforme ou sous une autre.
Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer, a écrit quelque part ce bon M. de Voltaire. -
Quelques marchands de papier, il est vrai, quelques marchands de vin au détail, pour plaire à leurs clients, émeutiers en disponibilité, repris de justice ou barricadiers en chambre, — troupeau de Panurge qui suit fatalement et dont c’est le métier de suivre n'importe qui et n'importe quoi, — ont prétendu que M. de Voltaire, dont les débuts avaient été bons, devenait vieux et se ramollissait visiblement lorsqu'il s’est rendu coupable de cette phrase.
Arsène Houssaye avait commencé à le rendre quelque peu suspect en lappelant le roi Voltaire; les radicaux purs l'ont fini en le présentant comme un aristocrate méconnu, un courtisan déguisé, et un déiste honteux.
En un jour de Commune, M. de Voltaire, s’il vivait encore, courrait bien risque d’être fusillé comme le premier Chaudey venu
Ne parlons donc plus de M. de Voltaire, cet arriéré qui n’est plus dans le mouvement.
M. Prudhomme lui-même lui a retiré quelque peu de sa confiance. Ce
n’est pas en vain qu'on lui a signalé M. de Voltaire comme ayant été sou-
doyé par le roi de Prusse. Il aura peine à lui pardonner d’avoir indignement éreinté Jeanne d'Arc, dont l'énergie avait contribué jadis, tout au moins autant que de nos jours celle de M. Thiers, à la libération du territoire.
L'idée de Dieu est donc chose innée et in contestable, par conséquent chose à considérer et à respecter.
Une idée supérieure à l'humanité, quelle qu’elle soit, mérite d’être saluée ; saluons-la.
Nous ne parlons naturellement que des formes extérieures de respect et de convenance pour les sentiments d'autrui.
Nous laissons de côté la question de croyance, que nous n’avons ni à discuter ni à défendre.
A L'ÉGLISE
Heureux ceux qui croient à quelque chose ou à quelqu'un!
M. Joseph Prudhomme, dont nous venons tout à l’heure de citer l'avis, ne croit pas à grand’chose. Il admet seulement ce que sa raison lui permet de comprendre.
— Comprenez-vous le blé ? lui dit-on.
— Parfaitement, puisque je le vois.
— Comprenez-vous comment il pousse ?
— À merveille, puisque je le vois pousser.
— Mais comment le fait-on pousser ?
— En le mettant en terre.
— Mais quand on vous mettra en terre, vous ne pousserez pas, vous, Monsieur Prudhomme ?
— Le blé, c’est différent ; lui, il pousse : c’est une loi,
— Une loi de qui?
— De la nature.
— Mais qu'est-ce que c’est que la nature ?
— Ah bien ! mais ça n’en finira plus! Allez vous promener !
Je crois au blé parce que je le vois; je crois qu’il pousse parce que je le
vois pousser; je crois à la nature parce qu’il y a une nature, je ne sors pas de là; le reste, je n’en fiche.
M. Prudhomme possède un frère, M. Paul Prudhomme, lequel est malheureusement infirme : il est aveugle de naissance.
M. Paul Prudhomme a des discussions interminables avec son frère. Ce frère est un sceptique qui ne s’en rapporte qu'à ce que lui explique sa raison. I ne croit qu’à ce qu'il touche.
— J’apercois l’heure qu’il est à cent mètres d'ici, dit Joseph.
— Ce n’est pas vrai, dit Paul, c’est impossible.
— Quand je te dis que oui.
— Quand je te dis que non.
— Quand je te dis que si.
— On ne me fera jamais croire que lon puisse toucher une chose qui se trouve à cent mètres de distance, quand on a des bras et des mains pour la palper qui ont tout au plus, le tout réuni, un mètre de long.
— Mais ce n’est pas avec les mains que je vois, c’est avec les yeux.
— Les jeux! mais c’est beaucoup plus court que les mains! c’est impossible ! Ma raison n’admet pas des bourdes pareilles.
— Mais, cependant, rien de plus vrai.
— Cest faux! archifaux! C’est un coup monté contre moi, on veut me faire avaler des choses absurdes. Mais on ne sait pas à qui on a affaire. Je ne coupe pas dans ces ponts-là.
— Tu n'es qu'un sot.
— Et toi qu'un intrigant ct un imposteur, et tu as sans doute intérêt à me tromper. Va’en au diable !
Le bon Joseph Prudhomme lève les épaules ct s’en va.
— Que mon pauvre frère est borné ! se dit-il avec un profond sentiment de pitié.
Le cercle de la raison n’est-il pas une sorte de cercle élastique dont l’étendue varie selon les individus? Il leur permet de concevoir plus ou moins, suivant que ce cercle se rétrécit ou s’élargit lui-même moins ou plus.
Mais ce cercle étant toujours limité, donne l’idée d’un inconnu toujours inaccessible en dehors de ce cercle, inconnu que la raison m’atleint pas, ne
peut atteindre, et devant lequel elle doit s’incliner.
Les aveugles de naissance n’ont pas plus l'idée de la lumière et de la couleur que les prétentieux et les sots n’ont l’idée de Dieu.
Et voilà pourquoi l’homme qui n’est ni complétement l’un, ni complétcment l’autre, fait hommage à sa raison en s’inclinant devant ce qu’il ne peut comprendre ;
Et salue, non-seulement dans la religion de ses pères, mais encore dans
" Brahma, Vischnou, ou le simple Manitou, l’idée supérieure à l'humanité.
A L'ÉGLISE. 549
L’homme donc qui entre dans une église ou dans un temple quel qu’il soit, doit s’y conduire avec déférence pour l'opinion des gens qui s’y trouvent rassemblés, et ne pas protester d’une façon injurieuse contre cette opinion par une attitude sans convenance et sans politesse.
Si un tel sacrifice est impossible à l’ardeur ou à l’absence de ses convictions, qu’il n’entre pas et qu'il s’abstienne.
Pour ce qui est des manifestations au dehors, émanant d’un sentiment religieux quelconque, du moment qu’elles ne sont l’occasion ni de désordres ni d’injures pour autrui, il n’y a qu’une réflexion à se faire en ce temps où règne la manie des manifestations : la liberté de chacun limite votre propre liberté
et en est le gage. La liberté des manifestants est comprise dans le programme
des libertés en général.
Que celui qui n’a jamais manifesté leur jette la première pierre.
— C'est des ci-devant, si vous voulez; mais j’aime encore mieux leur-z-y voir leur château qu'à des trompettes
comme les autres.
CL 4e, NS
— Tout ca, voyez-vous, c'est des me- « nières ; parlez-moi plutôt de M. Vermesch.
: Dominus vobiscum.
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garde pas M. Polon : Laissez les pelits Poton grandir, pense M. Poton, on prend plus de petits
, grand éucrier, vicomtes avec du sucre qu'avec du vinaigre.
— Le comte et la comtesse sont venus dans leur berlingot; ca n'empêche pas que , mais le comte ne re
Les bancs de M. Poton
c'est toujours de leur côté que le curé se tourne pour dire bien avec le maire
LT RE VW: , EQ à
comme le grand
,le menuisier, quelle scie ! Sibien, le garde champêtre, jouait du ser-
peut, mais le serpent a élé mangé aux vers l'année dernière.
voltairien, mais
(de) « =) = > =) Ga
MM. les chantres. — Le maître d'école est bien un pen aand on a une si belle voix, faut bien s’en servir. Ge n’est pas
Nicolas
— Faut dire que M. Gontran, le neveu du comte, ne salue pas M. Poton, mais il n’est pas fier q
avec le monde, et ca fait toujours plaisir dans le pays.
que son
uer une pelile auréole, ca fera une délicieuse Saiute
, jouaint de la harpe au cap Misène. Rien laissé
pour lui fabri