QUINCAILLERIE EN GROS
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Le vin, le jeu, Le jeu, le vin, les belles, Voilà, voilà, voilà Mes seules amours !
Ainsi chante un opéra célèbre. De tout
Perd ou non. temps il en fut ainsi; la phraséologie, les mots
changent, les choses restent. Le vin et les belles ont eu leur croquis, il serait injuste que le jeu n’eût pas le sien.
Les hommes ont besoin d’alea, c’est-à-dire d’inconnu.
La vie pour certains est amère et sombre; Pespoir du rayon de soleil, tout problématique qu’il soit, et qui peut, au gré du sort ou d’une volonté inconnue , éclairer et dorer les ténèbres, a peut-être, sans qu’on le sache, soutenu bien des défaillances et fait supporter bien des misères.
Ceux qüi n’ont pas besoin du jeu pour réparer les injustices du sort, jouent souvent pour le jeu lui-même; et chez eux la passion n’en est que plus implacable.
De tout temps le dieu Hasard fut considéré comme le dieu chargé de
réparer à un moment donné les injustices ou les oublis des autres dieux.
Les anciens jouaient aux dés et aux osselets jetés en Pair et tombant en nombre pair ou impair sur le sol. Quelques-uns trouvaient ainsi moyen
parfois de perdre ou de gagner des provinces. Depuis le moyen âge, le génie inventif des joueurs trouva des moyens
variés d'interroger le sort et de solliciter la fortune.
Le jeu de l'Oie nous semble le premier de tous les jeux à combinaison. Ne disait-on pas qu’il était renouvelé des Grecs?
Le loto, le père de la loterie, possède une origine qui se perd dans la nuit des temps; puis vinrent les cartes, introduites en France sous Charles VI.
Sur les cartes surtout s’exercèrent la verve des joueurs et la variété de leurs combinaisons, depuis le lansquenet, ce jeu des soldats et des laquais; le piquet, le jeu des cafés et des marchands de vin, jusqu’à l’écarté et la bouillotle, jeux des clubs, jusqu’au boston, au reversi etau whist, jeux des soirées
et des salons.
Le jeu devient une passion, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse.
Un joueur s’écriait : — Ce qui m'intéresse et me passionne le plus au monde, cest de gagner. — Et puis après? — Eh bien! et puis après.…., c’est de perdre.
Les enfants débutent dans les études du jeu par jouer aux billes, pair ou non; puis ils grandissent et jouent au vingt et un, puis à l’écarté, puis au piquet, puis au lansquenet, au baccarat, au chemin de fer, à la bouillotte, puis à la Bourse, puis aux courses, puis à la rouge et à la noire, puis à la roulette.
M. de Villemessant a publié naguère sur tous ces jeux et tous ces joueurs, Joueurs naïfs, convaincus, passionnés, exploiteurs ou exploités, un livre d'humour, d'observation et d'esprit, livre qu’on ne saurait recommencer, et
auquel je vous renvoie.
Les gouvernements ont utilisé la passion au profit de tous, en créant toutes sortes d'impôts sur les jeux et leurs engins.
Comme à côté des joueurs s'élevait une classe dangereuse de gens qui les exploitent, les gouvernements ont créé des jeux surveillés, qui ne laissaient