LE BONNET DE
L j ë se changera l'année prochaine pour un chapeau.
Comme la plupart de ces saluts ne vous attirent pas la plus légère inclinaison de tête, on se contente de s’arrêter pour favoriser l'épanouissement des jupes.
Roqueplan, il Pavoue lui-même, n’était plus dans la tradition, Obéissait-il à quelque ressentiment caché? Nous penchons à le croire.
Il faut saluer les femmes avec son chapeau, dit-il autre part, après avoir attendu qu’elles aient, par leur regard, témoigné qu’elles vous permettent de les saluer, et les aborder le chapeau à la main; bien mieux, ne replacer son: chapeau sur la tête que sur un petit geste qui vous y autorise.
Il y a beaucoup de femmes distraites et impolies.
Pour la première fois, on ne se décourage pas, on s’enrhume; si l’on est chauve, on fait voir son crâne à tous les passants.
On rattrape ces dames une autre fois.
Évidemment, notre charmant et regretté Roqueplan y mettait de amertume.
Le chapitre de la coiffure doit être nécessairement clos par le paragraphe de la coiffure de nuit.
Beaucoup d'hommes s’en passent absolument, et placent tout simplement sur l’oreiller leur tête recouverte de son rempart naturel contre les vents coulis et les courants d’air.
Ceux qui, par calvitie ou pour toute autre raison, ne peuvent supporter une simplicité si radicale, et qui veulent cependant con-
7 server une certaine élégance au profit de leurs relations = de nuit, recouvrent leur tête d’un foulard dont ils combinent les nœuds avec art.
Quelques-uns, qui se mettent ou se font mettre des papillotes le soir afin d’exhiber durant le jour des cheveux
qui frisent naturellement, se servent de petits serre-tête légers en toile fine
ou en filet, qui conservent plus précieusement que le foulard le dépôt de la
papillote, et ne lui permettent pas de déserter le poste qui lui a été assigné.
Mais quand la période inflammatoire de la coquetterie, de la galanterie, est décidément et irrévocablement passée, et qu’on ne recherche autre chose que le confort et la sécurité, on revient tout bonnement au bonnet de coton de nos pères, celui qu’on a porté au collége, le seul qui se prête aux formes du crâne, descende à volonté sur les oreilles, ou le front, ou la nuque, ou se relève facilement suivant les exigences quelconques du temps ou du lieu.
C’est le bonnet de nuit réservé à ceux qui n’ont pas atteint l’âge de prétention ou qui l’ont franchement dépassé.
Le bonnet de coton est d’origine normande, et fleurit encore sur le sommet de la tête de quelques vigoureuses pêcheuses ou fermières. Il en est même, parmi celles-ci, qui trouvent moyen d’être belles avec le bonnet de coton.
Mais il faut le dire, soit du côté des hommes, soit du côté des femmes, — c’est là une rareté.