‹ La comédie de notre temps ... études au crayon et à la plumeChapitre 27 sur 200 · GENTLEMAN · texte numérisé non relu

GENTLEMAN

Courses, bains de mer et tir au pigeon.

Au bal, vous avez un chapeau gibus qui s’aplatit et se Jette élégamment sous le bras, à la façon du chapeau claque de nos pères. Ne le quittez pas, sauf au moment de la contredanse ou de la valse. Le chapeau déposé sur la banquette où vous avez récolté votre danseuse, sert d’instrument conservateur pour désigner ou reconnaître sa place.

Excepté dans cette circonstance, vous ne devez point vous en séparer, si vous ne voulez être pris pour le maitre de la maison, — ou pour un de ses domestiques.

Les chapeaux tuyau de poêle, qu'ils restent droits et fermes dans leur forme, ou qu'ils se replient passagèrement sur eux-mêmes comme une lorgnette ou un accordéon, sont les seuls chapeaux qui aient droit de cité.

On voit encore quelques chapeaux gris de haute forme. Ils naissent de juin à septembre, et s’observent principalement sur le chef d'hommes d’un âge sérieux et à lunettes d’or.

À la campagne, aux bains de mer, à certaines solennités du sport, comme les courses ou les tirs au pigeon, le chapeau à forme ronde est bien venu, ainsi que le petit chapeau de paille, dont les bords s’étendent à mesure que le propriétaire s’élargit et s’arrondit.

Mais le chapeau mou possède une allure sui generis qui en fait une parure ultra-démocratique.

Casquette de loutre da citoyen SX œ Calotte du géneral, marchand de vin. \

Casquette de voyage de mon propriétaire.

Le choix des casquettes, qui varient à l'infini, est livré au goût du porteur.

La casquette de loutre est encore portée par quelques vieux marchands de vin.

Se méfier des casquettes qui se rejettent en arrière.

Il y a encore la calotte grecque, qui ne se porte plus qu’au Marais, et le fez, qu’affectionnent ceux qui ont quelque peu voyagé dans le Midi, ou le bonnet persan, que le succès de certains officiers du schah a mis à la mode dans quelques cabinets de travail.

Mais, en somme, toutes ces coiffures sont de fantaisie, et pour la politesse française, qui veut saluer et indiquer son savoir-vivre, il n’est qu'une coiffure, le chapeau. |

Ne saluez dans la rue, sur les boulevards ou dans n’importe quelle promenade, que les femmes de votre connaissance intime, et ne les accostez que si elles s'arrêtent pour vous parler. Pour loutes les autres femmes que vous auriez vues au bal, au concert ou dans une rencontre quelconque, vous devez attendre qu’un signe d’elles vous y autorise.

L'homme bien élevé qui rencontre une femme dans un escalier ne doit pas la laisser passer à côté de lui sans se ranger et saluer.

À plus forte raison si la femme est âgée.

C'était Legouvé l’ancien qui disait :

Tombe aux pieds de ce sexe à qui tu dois ta mère.

Il n’est pas strictement nécessaire de tomber à ses pieds, surtout dans un escalier, mais on peut au moins saluer quand le hasard vous réunit sous le même toit, dans la même hospitalité, inconsciente ou non.

L’hommage de l’homme à la femme en pareil cas est, malgré certaines dissidences, de bonne et valable tradition française.

Nestor Roqueplan, entre autres, avait des idées arrêtées sur ce point.

La politesse des femmes s'étant fortement altérée, disait-il, on n’imite plus nos pères, qui, dans un escalier, saluaient invariablement toute femme qui

passait devant eux:

COSTUMES ET VISAGES

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