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C’est elle qui décide, suivant son goût ou suivant le stock d’étoffes qu’elle a à écouler, du choix des étoffes, du ton, des garnitures, des passementeries, des rubans, des dentelles.
Le caprice et la fantaisie de quelques artistes en renom imaginent des excentricités pour les théâtres ; les couturières sont aux aguets et s'emparent de l'originalité la plus saillante, lui donnent droit de cité, et l’imposent à leur clientèle.
C’est ainsi que les costumes excentriques de la famille Benoîton, imaginés par la Vie parisienne pour servir de satire aux recherches exagérées du costume et au mauvais goût du jour, sont devenus la raison d’être de tous les costumes nouveaux arborés depuis lors. La critique a manqué son coup.
On n’y a gagné que d’être débarrassé des crinolines gigantesques, et de ces robes encombrantes qui, pour les hommes, étaient la cause de gymnastiques insensées , à l’aide desquelles ils ne sortaient pas toujours vainqueurs.
Lorsqu'une couturière est ainsi parvenue à lancer dans sa clientèle quelque excentricité d’un forme suffisamment scénique et rappelant avec quelque succès la petite B... des Folies-Dramatiques, ou la petite X... du Gymnase, ou la petite Z... des Bouffes, immédiatement les maisons de confection s’emparent du modèle, et, en moins d’un mois, les boulevards sont garnis de femmes toutes pareilles, avec les mêmes petits nœuds dans le dos, les mêmes retroussis sur le côté, les mêmes plis aux jupons, les mêmes volants aux manches et au corsage.
COSTUMES ET VISAGES
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