MADEMOISELLE JUSTINE
Quand on a vu les maîtres d'un peu près, on aime autant être femme de chambre,
cuisinier Euccleug, décoré, s’il vous plaît! présentait pour le mois un compte de 400 francs de poulets pour les sauces et coulis.
— C’est très-bien, Euccleug, dit la princesse, mais le docteur qui diînait ici encore hier, est de mon avis. C’est une raison de santé : le mois prochain, un peu moins de sauce.
Veillez à ce que, si la conscience de votre cuisinier n’est pas d’une blancheur immaculée, ses vêtements, sa barrette et son tablier ne laissent rien à reprocher de ce côté; que ses mains et ses ustensiles brillent de la plus scrupuleuse propreté, et surtout qu’il ne porte pas les cheveux longs.
Un aide de cuisine est nécessaire, — ainsi qu’une femme pour éplucher les léqumes, et au moins une laveuse de vaisselle.
Pour le service de Monsieur, un valet de chambre, qui ait été militaire sil se peut, sache coiffer, raser, habiller Monsieur et le lacer au besoin.
Le valet de pied. Le cocher. La femme de charge.
Le service de Madame : — Une femme de charge pour tenir le linge de mai-
son en état, le linge de Monsieur, celui de Madame, et prendre soin des robes et chiffons de toute sorte; des femmes de journée à la lingerie.
Une femme de chambre pour Madame.
Choisissez-la assez jeune pour être active, assez expérimentée pour savoir ce que c’est que la vie et les petites misères inhérentes à toute position sociale ; qu’elle soit d’un aspect agréable, sans être jolie. Tâchez qu’elle ait de la discrétion, qu'elle sache parfaitement repasser et coiffer. Il n’est pas nécessaire du tout qu’elle sache lire.
Que tout le monde vive à peu près bien ensemble, et se dispute le moins
Le concierge. L'huissier de Monsieur.
possible, c’est l'essentiel ; étudiez-vous à ce que l’union entre eux ne soit pas tout à fait complète, c’est vous qui en supporteriez les frais. Entretenez chez les uns et chez les autres un grain de jalousie ou de rivalité. Souvenez-vous qu’il faut diviser pour régner.
Une maison ainsi pourvue, avec le groom anglais pour les chevaux de
M. Joha, pour le cheval de Madame.
selle de Monsieur, le cocher, le valet d’écurie, et deux valets de pied pour le
service des voitures, de cinq à sept chevaux dans les écuries, est une maison bien montée.
I n’y a plus qu’à ajouter où une nourrice pour le bébé, ou une bonne s’il est plus grand, et un instituteur ou une institutrice si le bébé grandit davantage. Si l'enfant est un garçon, un précepteur abbé est bien porté.
À la campagne, deux ou trois jardiniers, un concierge à la grille, un valet de chiens et un garde, et l'administration sera complète.
Avec deux où trois cent mille livres de rente, vous arriverez à peu prés à suflire à toutes les dépenses exigées par cet état de maison.
Mais il y a sur cette terre, et de notre temps, beaucoup plus de gens qui possèdent trente ou quarante mille, ou même vingt, ou même dix, ou même une mille livres de rente, qu’il n’y en a de la force de trois cent mille.
Dans la plupart des cas, il faut donc renoncer à la petite armée dont nous venons d’esquisser le menu.
À la cuisine, pas de cuisinier, une cuisinière. Choisissez-la, s’il se peu, avenante et propre. Veillez à ce qu’elle ne connaisse pas trop de monde dans l'armée, et réglez de votre mieux la danse du panier.
À l’antichambre, une femme de chambre ou une bonne, choisie suivant les observations ci-dessus,