SCÈNE CINQUIÈME
ALICE, très-émne et naïvement.
GASTON
L’aplomb, disiez-vous tout à l’heure,,., mais il ne vous regarde pas. — S’il vous en venait,... il me semblerait que vous vous appuieriez moins sur mon dévouement, et je ne veux point d’allégement.
ALICE, avec émotion de bonheur et avançant de quelques pas, à part.
Si cependant je n’avais point joué la comédie, tout à l'heure.. . je n’aurais pas entendu tout celai... Comme Lucie a raison!
GASTON, à gPDOHl.
N’esl-ce pas, chère enfant, que tu ne feras pas d’excursion au soleil ? J’aime le blanc et le rose, moi...
‘ ALICE, à part.
Comment faire pour ne pas pleurer...
GASTON, lui prenant la maiu.
Réponds-moi. (Voyant uno larmo sur la main d'Alice.) Tu pleures?... (Alice se mot à rire.) Vous riez?...
ALICE, lui sautant an con.
Pour m’empôcher de pleurer.
GASTON, l'embrassant avec passion.
Ah! Chère aimée!... Sais-tu d’où je venais?...
ALICE
Dis vite. ^
GASTON
De l’hôtel de Salins où j’ai racheté par mille charitables francs la démission de M, de Chavigny et autres...
ALICE
Tu ne joueras plus jamais?
GASTON
Je le le promets. (Rassemblant les. brochures.) J’envoio relier tout ça.
En chagrin I...
ALICE
G ASTON, liraot une brochure de sa poche.
Sans oublier Sophie Arnoult.
ALICE
Tu l’avais emportée?
GASTON
Je crois bien !
A LICE
Tu ne me trouveras jamais plus... trop espagnole?
GASTON
Jamais assez.
ALICE
Ni allemande?
GASTON
Ni allemande...
ALICE
N’est-ce pas que madame de Salins a les yeux absolument verts ?
GASTON
Vert de gris...
ALICE
Comme du poisonl... Ah! que je suis lu-urense de vivre et comme j’ai faim I
Parlons vile et après le dîner...
ALICE
Aux Italiens.
GASTON, tirant un conpon.
Loge <5, — Voilà, chère comtesse, notre seule place au théâtre...
Imprimerie L, TUIMUN et O', à Saiut-Genuaiu.