‹ La Comédie de salon, proverbeChapitre 6 sur 17 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

tort, peut-être, . . mais ce n’est pas ma faute. . . et ce n’est pas à vous à me le reprocher!... La jalousie, c’est comme lamigraine^ ça prend subitement! Gaston, prenez que je sois une enfant malade!... Guérissez-moi!... en me gâtant, en m’obéissant,.., quand môme!.,. La jalousie de la femme est en somme un compliment pour son mari... (Lni prësenUnt noe plame et da papier.) Tenez, envoyez vile un mot d’excuse...

GASTON

Mais, c’est impossible !...

ALICE

Cependant... si j’étais gravement malade !

GASTON

Ah ! alors...

ALICE

Gaston, on peut, à volonté, par une imprudence,... un simi)le chaud et froid, par exemple, se mettre en danger...

GASTON, la regardant.

Après...

Je le ferai,... si c’est nécessaire,... plutôt^.

GASTON

Petite folle, voulez- vous vous taire 1...

' ALICE, arec joie.

Si VOUS ne jouez pas,... n’ayez pas peur...

GASTON

Vous ne vous donnerez pas de chaud et froid et... je jouerai...

ALICE

Vous jouerez ?...

GASTON

Très-flegmatiquement... je vous le promets.»

ALICE

Gaston !...

GASTON

Mais comprenez dune que je serais du dernier ridicule...

L’amour-propre !... Ah î voilà celui qui lue l’amour dévoué ^

GASTON

Alice, je vous en prie.

ALICE

Gaston, on dit que votre soirée peut produire deux mille francs d’aumône.— Mettons que votre talent y contribue pour cinq cents et laissez-moi vous racheter.

GASTON

Alice...

ALICE

Sur mes économies...

GASTON

On n’a pas d'idée pareille, Alice I... Renoncez donc à ces excès de sensibilité au sujet de ces bleuettes de salon... C’est un passetemps littéraire, dont les petites coquetteries ne doivent pas plus effaroucher celles qui les regardent, qu’émouvoir ceux qui les traduisent.

ALICE

Eh bien ! si, Gaston I... Moi elles me bouleversent!... Elles me jettent dans un trouble qui me fait mall...

GASTON

Allons, allons...

ALICE

Gaston, vous m’avez souvent dit, et j’en étais heureuse, car je sentais combien vous aviez raison,... qu’à nous deux, nous n’avions qu’une âme, ayant les mêmes pensées, les mêmes désirs... ce n’est donc plus vrai ?

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