SCÈNE DEUXIÈME
tort, peut-être, . . mais ce n’est pas ma faute. . . et ce n’est pas à vous à me le reprocher!... La jalousie, c’est comme lamigraine^ ça prend subitement! Gaston, prenez que je sois une enfant malade!... Guérissez-moi!... en me gâtant, en m’obéissant,.., quand môme!.,. La jalousie de la femme est en somme un compliment pour son mari... (Lni prësenUnt noe plame et da papier.) Tenez, envoyez vile un mot d’excuse...
GASTON
Mais, c’est impossible !...
ALICE
Cependant... si j’étais gravement malade !
GASTON
Ah ! alors...
ALICE
Gaston, on peut, à volonté, par une imprudence,... un simi)le chaud et froid, par exemple, se mettre en danger...
GASTON, la regardant.
Après...
Je le ferai,... si c’est nécessaire,... plutôt^.
GASTON
Petite folle, voulez- vous vous taire 1...
' ALICE, arec joie.
Si VOUS ne jouez pas,... n’ayez pas peur...
GASTON
Vous ne vous donnerez pas de chaud et froid et... je jouerai...
ALICE
Vous jouerez ?...
GASTON
Très-flegmatiquement... je vous le promets.»
ALICE
Gaston !...
GASTON
Mais comprenez dune que je serais du dernier ridicule...
L’amour-propre !... Ah î voilà celui qui lue l’amour dévoué ^
GASTON
Alice, je vous en prie.
ALICE
Gaston, on dit que votre soirée peut produire deux mille francs d’aumône.— Mettons que votre talent y contribue pour cinq cents et laissez-moi vous racheter.
GASTON
Alice...
ALICE
Sur mes économies...
GASTON
On n’a pas d'idée pareille, Alice I... Renoncez donc à ces excès de sensibilité au sujet de ces bleuettes de salon... C’est un passetemps littéraire, dont les petites coquetteries ne doivent pas plus effaroucher celles qui les regardent, qu’émouvoir ceux qui les traduisent.
ALICE
Eh bien ! si, Gaston I... Moi elles me bouleversent!... Elles me jettent dans un trouble qui me fait mall...
GASTON
Allons, allons...
ALICE
Gaston, vous m’avez souvent dit, et j’en étais heureuse, car je sentais combien vous aviez raison,... qu’à nous deux, nous n’avions qu’une âme, ayant les mêmes pensées, les mêmes désirs... ce n’est donc plus vrai ?