‹ La Comédie de salon, proverbeChapitre 5 sur 17 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

A LICE

Si... Écoutez... Je vais être franche, quoique des amies expéri- * menlées m’aient i)ien recommandé de ne jamais confier à un mari qu’on est Jalouse...

GASTON

Jalouse!... (Alice, preoant le volume de Musset, l’ouvre, et, désigne on passage. Lisant.) « Il l’embrassc, » (Riant.) Enfant !... Des démonstrations de théâtre!... mais c’est à la tendresse, ce qu’est le ver luisant au soleil.

ALICE

Oh ! non... Ce n’est pas aussi éloigné,... et la preuve... (Elle s’arrête.)

Vous avez une preuve ?...

ALICE

La première fois que nos familles se réunirent, ce fut dans une soirée d’intimité... On joua... Vous en souvenez-vous ?...

GASTON

Aux petits jeux...

ALICE

J’eus un gage...

GA STON.

Qui VOUS attira mon premier baiser.

ALICE

Ce fut aussi, si l’on veut, un baiser prescrit,... comme au théâtre;... et cependant,... il me rougit le front,... me fit tressaillir le cœur, traversât mon sommeil, et me resla,... dans le souvenir,.,, lumineux, cher et pur... comme une étoile qui se serait levée pour me chanter Noël.

GA STON.

L’ai-je démentie, Alice ?

La deuxième fois, je vous vis jouer ce Proverbe que je redoute.. . Je no connaissais pas la pièce,... mais j’avais entendu dire que madame de Salins qui la jouait avec vous...

GASTON

Le Caprice est sa spécialité...

ALICE

Vous avait fort remarqué...

GASTON

Propos en l’air !

ALICE

Lorsque vous l’avez embrassée,...

GASTON

Prescription de l’auteur...

ALICE

J’eus un vertige et cette pensée : — « Si elle l’aime ! « sa joie doit être aussi grande que ma souffrance !...

GASTON

Alice !...

ALICE

Et j’en souffris tellement,... que je suis certaine, que si vous l’aviez su... — Car vous m’aimiez déjà, — vous ne l'auriez pas suivie, « la prescription do l’auteur. » Gaston, vous ne jouerez pas.

GASTON

Mais c’est un enfantillage I...

Eh bien, oui, c’est possible! — Comme enfant, j’ai toujours eu ce défaut do vouloir absolument garder ce qui m’appartenait... — Toute petite fille, à la maison, je n’aimais pas à partager mes jouets... Au couvent, je n’avais qu’une seule amie, et je souffrais de lui en voird’autres; — maintenant, je continue avec vous... J’ai

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