‹ La comédie de société au 18e siècleChapitre 27 sur 31 · SUR MADAME DE GENLIS · texte numérisé non relu

SUR MADAME DE GENLIS

J'aperçois le phénix des femmes beaux-esprits. Son libraire tout seul connaît tous les écrits Dont madame Ilonesta daigne enrichir la France. Vous n'y trouverez point cette heureuse élégance, Cet esprit délicat dont les traits ingénus Brillaient dans Sévigné, Lafayette et Caylus. C'est un lourd pédantisme. un ton sévère et trisie; C'est Philaminte encor, mais un peu janséniste. « De la France avec moi le bon goût avait fui, Dit-elle, depuis dix ans; je reviens avec lui: Plaignant du fond du cœur ma patrie en délire, J'arrive d'Altona pour vous apprendre à lire.

JOSEPH chénier; Satire des nouveaux Saints.

« Elle avait aimé et exalté la Révolution; elle sut profiter de toutes ses libertés. Devenue vieille, un peu prude et dévote, elle s'attacha à l'ordre et manifesta, par cette raison ou sous ce prétexte, une profonde admiration pour Bonaparte. Il en fut flatté, il lui donna une pension et l'autorisa à une sorte de correspondance avec lui, dans laquelle elle Pavertissait de ce qu'elle croyait utile, et lui apprenait de l'ancien régime ce qu'il voulait savoir. Elle aimait et protégeait M. Fiévée, alors fort jeune écrivain ; elle le fit entrer dans cette correspondance, et ce fut ainsi que s'établit entre lui et Bonaparte cette sorte de relation dont il s'est vanté depuis. » {Mémoires de Madame de Rémusat. t. II.)

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