ACTE I i
Tu es tout simplement charmante!... Des excuses ! Toi !... à moi qui suis impardonnable de t'a voir attirée dans un intérieur comme le mien !...
ALICEj très gentiment.
En effet, rien ne t'y obligeait... Ton étourderie m'a valu, cet après-midi, cjuelques sourires que tu aurais pu m'épargner... Mais, entre vieux amis, on n'y regarde pas de si près !...
Oh oui ! nous étions grands amis. Tu occupais toute ma pensée. Je ne le disais pas et tu le devinais... Depuis longtemps je t'aime !
ALICE, iroiiiciiUMnent.
Je m'explique pourquoi tu m'as invitée eu même temps qu'Armande : tu te sentais encadré...
Avec Armande il n'est pas question d'amour... Elle et moi sommes esclaves d'une môme passion : le théâtre... Nos arts se complètent, nos goûts se répondent, nos gloires sont sœurs...
ALICE, ironiquement.
Assez pour elle!... Moi, que suis-je ?... L'ange du pot-au-feu, sans doute. Hélas ! même sur ce terrain, j'ai peur d'être battue. Armande avait confectionné un certain entremets aux amandes pilées, dont je
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suis allée à la cuisine lui demander la recette et dont mon père parle encore avec des larmes dans la VOIX... Jamais je ne le réussirai comme elle!...
FÉLIX
Décidément il faut que tu m'en veuilles à mort !...
ALICE
Tu vois bien que non, puisque je plaisante !...
FÉLIX
C'est ce qu'il v a de pénible pour moi qui parle sérieusement.
ALICE
Je suis désolée de t'avoir blessé et je vais te répondre sur le ton que tu prends avec moi... Non, je n'ai pas oublié notre chère amitié d'autrefois!... En ce temps-là, si j'occupais ta pensée, tu ne quittais guère la mienne. J'avais conscience de ta valeur, mieux que toi, peut-être, et tes attentions me rendaient fîère... Cependant, malgré notre bonne entente, une vague inquiétude m'avertissait déjà que nous n'étions pas de même espèce... J'ai constaté que ce malaise n'était que trop justifié, lorsqu'à la suite d'un séjour à Paris tu n'es plus revenu et tu as brusquement cessé de m'écrire... J'en ai un peu souffert!... Cependant, le bruit se répandait que tu étais auteur... Ta réputation grandissait... Je te croyais à jamais perdu pour nous... Juge de ma surprise lorsqu'un jour je te vois apparaître au tournant d'une allée de notre jardin et je cours à ta rencontre, le cœur bondissant... Tu expliques en