SCÈNE PREMIÈRE
. armandp:. berthe
Salon très élégant dont les fenêtres ouvrent sur une large avenue aux environs de l'Arc de Triomphe. Armande, étendue sur une chaise longue^ lit une hrochure. Entre son amie Berthe.
ARMANDE, très surprise
Comment, toi!... Et ta répétition?...
BERTHE
En ce moment on répète sans moi... L'auteur m'a repris mon rôle... Il me trouve décidément trop
jeune et trop jolie... (Échange de sourires pointus.)
ARMANDE
Tu étais très mauvaise ?
BERTHE
Oui... Ce n'était pas du tout pour moi... Dis donc, quel triomphe hier soir et, ce matin, quelle presse!... Tu dois être contente!... J'ai ragé de ne pas pouvoir aller t"applaudir,mais pas mojen de quitter le théâtre avant minuit : je suis du dernier acte. On dit que c'est charmant !
ARMANDE
Exquis ! Et quels vers !... Par moments, la salle, dans l'attente d'une rime impossible, ne respirait plus... et puis la rime venait se poser au bout du vers comme un oiseau moqueur sur le nez d'un pape, et alors c'étaient des rires I... Tu connais le sujet ?
BERTHE, riant. .
Depuis ma tendre enfance... Cela traîne dans tous les livres de contes.
ARMANDE
Pas avec un style et des détails pareils!... La scène pendant laquelle le prince entre chez moi par la fenêtre, au milieu de la nuit, a produit un rude effet...
BERTHE
Tu prends le prince pour un voleur et tu lui tends ton collier de perles dans l'espoir d'assouvir sa rapacité ?...