FI^LIX
C'est surtout à mon théâtre cju'elle s'est dévouée.
Je le sous-entendais en prononçant le mot « noble ». Et puis nous devons une grande reconnaissance à celle qui. avant de jouer vos pièces, a distingué de sa fenêtre, parmi des centaines de passants, le front qui les portait.
FÉLIX
Comment avez-vous appris cette histoire ?
LA DUCHESSE
Armande me l'a racontée, pendant qu'elle organisait, sous ma présidence, le gala au profit des pêcheurs de sardines... Mais n'a-t-elle pas un peu brodé ?
FÉLIX
Nullement.
LA DUCHESSE
Ainsi vous ignoriez tout de vous-même!... C'est en marivaudant avec une jolie femme, que vous avez pris conscience de votre talent. Si la fenêtre d'Armande, au lieu d'ouvrir sur le boulevard avait donné sur la cour, vous seriez en ce moment plus obscur qu'un berger des Alpes. Qu'on vienne dire, après cela, que l'homme de génie n'est pas un cadeau fait par la Providence à l'humanité !
FF;LIX, avec une feinte conviction.
Oui, qu'on vienne le dire!
*LA DUCHESSE
Ne vous moquez pas!... J'ai horreur qu'on mette en doute les bienfaits de la Providence.
Eh, qui songe à nier qu'une personne aussi richement dotée que la Providence ait pu, sans se gêner, faire à l'humanité le maigre cadeau de mon génie? Si je souris, c'est de constater que madame