SCÈNE PREMIÈRE
BEKNÂRU, PELAUD BERNARD
Bonsoir, monsieur Pelaud... Vous n'avez pas rencontré papa ?...
PELAUD
Précisément, je le cherche... C'est dans les endroits comme celui-ci, que je viens l'interviewer pendant chacune de ses premières... Je vois que vous êtes en train de prendre les habitudes paternelles, et qu'il faudra courir après vous de bastringue en bastringue.
BERNARD
Oh! pas du tout !... Ce qui fait fuir papa loin des lieux où se décide le sort de ses pièces, c'est le besoin
d'échapper aux raseurs, à ceux qui vous abordent les mains jointes en disant : « Vous n'avez jamais rien écrit d'aussi pénétrant !... » Moi, au contraire, ces gens m'amusent, et ce soir j'assiste à notre double première, dans une loge d'avant-scène...
PELAUD
Vous arrivez donc du théâtre?...
Oui, je sors du Français où l'on vient d'achever le deux de la Comédie du Génie. L'entr'acte sera long et j'en profite pour apporter des nouvelles à mon père.
PELAUD
^'ous avez rendez-vous avec lui?...
BERNARD
Parfaitement... Il est ici...
PELAUD
Quelle veine d'être tombé du premier coup sur le bon music-hall !... Quelquefois j'en visite quatre ou cinq avant de rencontrer le grand homme... Làbas, comment cela marche-t-il ?
BERNARD, faisant la grimace.
Couci-couça !...
PELAUD
Fraîchement, hein?...