ACTE II lor
Naturellement, j'écris une pièce et te voilà jaloux!... Tu assassinerais dix personnes, je n'y verrais aucun inconvénient! Mais porter envie, toi si riche de gloire, à un indigent éphèbe !... Quelle abomination!... Vraiment, tu me dois une réparation, et une fameuse!... Oh! je ne suis pas embarrassé pour te l'indiquer!... C'est de porter ta Comédie du Génie au Théâtre-Français où elle sera jouée le même jour que mon An}^e déchu... Ne rouspète pas... Mon pardon est à ce prix!... Et si tu ne tiens pas à mon pardon, peut-être ne voudras-tu pas, en refusant, briser la carrière de ton fds?...
FÉLIX
Comment ta carrière est-elle liée au sort de ma comédie ?
BERNARD
Il existe entre l'administrateur du théâtre et moi un pacte : je me suis engagé, si ma pièce était reçue, à ce que la tienne l'accompagnerait sur l'affiche!... Ma réception est due à ce honteux marché !...
FELIX, souriant.
Et aux acclamations enthousiastes de sociétaires ignorant ton nom !
BERNARD
L'administrateur et Ferville m'ont aidé d'une façon si charmante à te ménager cette rentrée que tu serais ingrat en te dérobant !...
FELIX, allant ouvrir un tiroir et prenant un manuscrit.
Eh bien, va le trouver, ton administrateur, et re-
lot) LA IIOMÈIJIE DU (iÉNIE
mets-lui ça... Qu'il lise, et s'il n'est pas à jamais guéri de vouloir jouer du Dagrenat père, qu'il fixe le jour de ma lecture au Comité...
BERNARD
O papa, quel bonheur!... Le père et le fils sur le même échafaud !... Depuis la grande Révolution les Parisiens n'auront rien vu de si empoignant I...