ACTE III
EBERHARDT
Moi, juger !... Non, mon enfant! Dieu seul nous juge... Peut-être ètes-vous une de ces pauvres filles, comme j'en connais, qui gagnent au prix de leur santé un argent malpropre, mais avec cet argent font vivre la famille... Je me figure que, malgré leur honte, elles sont plus haut placées sous le regard de Dieu que bien des dévotes titrées et huppées, qui jettent aux mendiants un peu de
leur superflu. (La duchesse .'iHidue baisse la léte.) Ilciu, Voilà
qui doit vous mettre à l'aise !... Il n'y a plus ici de père Eberhardt !... Vous êtes en présence de la miséricorde infinie de Dieul... Il vous écoute, mon enfant, parlez !...
LA DUCHESSE
Vous vous méprenez, mon père, et je me suis accusée en toute sincérité.
EBERHARDT, se levant.
Quand vous me rencontrerez dans la rue, criez à la chie-en-lit, ça m'est égal, mais je ne permets pas qu'on me manque de respect lorsque j'administre un sacrement! Allons, hors d'ici !...
Mon père.
LA DUCHESSE
EBERHARDT
Hors d'ici!... Vous m'entendez!... (Le ton est si
naeant que la duchesse se précipite en courant hors de la chapelle.)