‹ La comédie du génie; piece en trois actesChapitre 91 sur 92 · FÉLIX, EBERHARDT, LA DUCHESSE, BERNARD · texte numérisé non relu

FÉLIX, EBERHARDT, LA DUCHESSE, BERNARD

(La duchesse arrive accompagnée de Bernard.)

FELIXj le présentant à Eberhardt.

Ce grand garçon est mon fils.

BERNARD, à Eberhardt.

Votre couvent doit renfermer des choses bien intéressantes, car, depuis une heure, j'attends mon père, assis sur un banc d'où l'on a une fort belle vue. Mais les plus splendides paysages fatiguent à la longue, et j'étais sur le point de m'en aller, lorsque la duchesse, qui s'en allait aussi, est passée par hasard devant moi. Alors, ces deux personnes qui s'en allaient ont pris le parti de revenir.

FÉLIX

Pourquoi, duchesse, ne m'avez-vous pas attendu, comme il était convenu ?

BERNARD

Elle a eu affaire à un butor qui l'a prise pour une fille de joie, aussi ne se souciait-elle pas trop de rentrer dans ce monastère... C'est ma compagnie qui lui en donne le courage.

EBERHARDT

Cette personne serait donc une dame de mœurs régulières !

FÉLIX

C'est la duchesse de Beaugency.

ini LA COMEDIE DU GENIE

EBERHARDT

La duchesse de Beaugency !... Mais elle est une bienfaitrice de notre couvent... Eh bien, madame la duchesse, j'ai sur la conscience d'avoir commis un jugement téméraire...

LA DLCHESSE, souriant.

Allez-vous au moins me donner l'absolution ?

EBERHARDT

Je la refuse au contraire, parce qu'avec vos péchés de rien du tout, vous n'en avez pas besoin.

(U continue à c;uiser pendant quelques instants avec la duchesse qui, lorsqu'il la quitte, revient à la conversation des deux Daj^renat.)

BERNARD, ironiquement.

Eh bien, as-tu exécuté ton projet d'aller le regard assuré, la tête haute, le chapeau à la main, réclamer à Dieu le génie ?

FÉLIX

Oui.

BERNARD

Mes compliments de ce que tu n'as pas eu le cou tordu comme Don Juan, ton illustre modèle.

FÉLI.X

L'aventure a mal tourné pour Don Juan parce qu'il a nargué le Commandeur, mais je viens de constater que si l'on se conduit poliment avec les puissances de l'Au-delà, on reçoit l'accueil le plus courtois.

BERXARD, avec une feinte terreur

Tu me donnes la chair de poule!... Waiment, Dieu t'a répondu?...

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