‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 111 sur 122 · I. Art.- Il, sr. II · texte numérisé non relu

I. Art.- Il, sr. II

ciers et le place au nombre des animaux domestiques du roi, entre un épagneul et une pintade. Il profite aussi de ce droit du franc parler, laissé aux fous, pour battre en brèche le mariage projeté.

Elsbeth, heureuse de retrouver Texpérience et l'esprit de Saint-Jean dans son successeur, est assez disposée à Técouter. Cependant elle le plaint du triste sort auquel il se condamne :

Pauvre homme, quel métier tu entreprends! faire de l'esprit à tant par heure ! N'as-tu ni bras, ni jambes, et ne ferais-tu pas mieux de labourer la terre que ta propre cervelle?

Fantasio lui répond sur le même ton :

Pauvre petite! quel métier vous entreprenez I épouser un sot que vous n'avez jamais vu!... N'avez-vous ni cœur ni tête, et ne feriez-vous pas mieux de vendre vos robes que votre corps * ?

Un moment la princesse, avertie que le prince s'est couvert d'un déguisement, n'hésite point à le reconnaître sous les traits du nouveau Saint-Jean. Fantasio, traité d'Altesse par la princesse et la gouvernante, décline le titre dont on l'honore. D'ailleurs, il s'est permis à l'égard du prince ou de son représentant une grave offense en accrochant la perruque de l'auguste personnage au lustre du salon. Le prince voit là un casus belli : le mariage est rompu, à la grande joie d'Elsbeth, qui donne vingt mille écus à Fantasio, pour l'avoir délivrée d'un époux si ennuyeux en perspective.

A coup sûr, la pièce est des plus minces et ne va guère au delà d'une anecdote plaisante mise en

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