‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 110 sur 122 · A''le 1. sr. II · texte numérisé non relu

A''le 1. sr. II

Nos pessimistes, qui s'imaginent être des novateurs, sont tout simplement des traînards à la suite de Fantasio. Ils y ont joint Schopenhauer pour se rendre plus ennuyeux.

Dégoûté de sa propre personnalité, il voudrait être le monsieur qui passe avec sa belle culotte de soie, ses belles fleurs rouges à son gilet, ses breloques de montre battant sur sa panse. Il rêve l'impossible, Textravagant, et soutient que « prendre la lune avec ses dents ne serait pas à dédaigner ». L'amour et la religion sont choses mortes pour lui :

Oh ! s'il y avait un diable dans le ciel î s'il y avait un enfer, comme je me brûlerais la cervelle pour aller voir tout cela !

Mais le suicide a perdu son charme depuis qu'il ne doit conduire à rien. Aussi, faute de mieux, va-t-il recourir h ce grand, à cet unique consolateur qu'invoquait déjà Octave, le vin.

Sur ces entrefaites, on voit passer un enterrement, celui du bouffon de la cour, Saint-Jean, dont la place est devenue vacante. Fantasio, à qui on l'offre ironiquement, saisit la balle au bond et, pour échapper à ses créanciers, songe à se rendre inviolable sous la défroque du défunt.

En même temps, la cour de Bavière (car nous sommes à Munich) s'apprête à fêter un grave événement, le mariage de la princesse Elsbeth avec le prince de Mantoue, union diplomatique où l'amour n'a rien à voir et dont le seul mobile est la raison d'État. Elsbeth, en fille docile, s'est résignée à subir le triste époux qu on lui prépare. Nature rêveuse, indépendante et fantasque, nourrie de romans par sa gouvernante, elle porte dans son cœur le deuil du bouffon II. 21

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