‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 14 sur 122 · Acte I, se* V · texte numérisé non relu

Acte I, se* V

une merveilleuse toilette lui promet un triomphe, comment v renoncer? Le duc d'Elmar en a fait miroiter toutes les splendeurs à ses yeux.

Mais Danville, qui en sait trop déjà et qui en soupçonne encore davantage, déclare à sa femme son parti bien arrêté de ne pas Taccompag-ner au bal. Hortense, de sa voix la plus caressante, essaye de le fléchir. 11 lui propose enéchang:e une soirée avecBonnard, qu'il attend à souper. Ce n'est pas tout à fait la même chose pour une jeune femme mondaine, s'apprêtant h revêtir ses plus beaux atours. Aussi Bonnard va-t-il devenir sa béte noire, et pour elle un prétexte de résistance. Peut-on la condamner au Bonnard à perpétuité? Trouvant son mari inflexible dans sa résolution, elle déclare qu'elle ira seule avec sa grand 'mère à ce bal si désiré :

Une fille est au mieux sous l'aile de sa mère; Et j'irai, malgré vous, au bal du ministère.

Et j'irai de bonne heure, et j'en reviendrai tard, Et je ne verrai pas votre monsieur Bonnard, Et vous ne pourrez pas m'enterrer toute vive Dans l'ennuyeux souper d'un si triste convive*.

A cet acte de rébellion conjugale. Dan ville oppose pour la première fois son veto absolu: « Je vous le défends. »

La crise est à son comble. Après une explication dont nous avons déjà parlé, le bon naturel et la raison finissent par l'emporter dans le cœur d'Hortense. Elle a renoncé à la soirée, quand de nouvelles instances du jeune duc et de la grand'mère réussissent à

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