‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 39 sur 122 · Acte 11, se. VI · texte numérisé non relu

Acte 11, se. VI

répété dans tous les journaux, et se laisse doucement bercer et porter pîurla fortune, qui le traite en enfant gâté, et par les amis, auxquels son mérite ne saurait faire ombrage. Il met du reste tant de naïveté, de bonhomie dans ses aveux, qu'on lui pardonne volontiers un bonheur si peu justifié. La chose lui paraît si simple et si facile qu'il propose à son ami Edmond de Varennes de Tembrigader, lui aussi, dans ce bataillon du succès. « Avec qui? » demande Edmond. — « Avec les nôtres, répond Oscar : ceux qui comme moi sont à la tête de la jeune phalange, car ils sont aussi à la léte : nous v sommes tous : nous sommes une douzaine d'amis intimes qui nous portons, qui nous soutenons, qui nous admirons: une société par admiration mutuelle ; Tun met sa fdrtune, Tautre son génie, Tautre ne met rien ; tout cela se compense, et tout le monde arrive, Tun portant Tautre *. »

Mais cet Edmond auquel Oscar révèle les mystères de la camaraderie n'est guère fait pour les comprendre. Homme d'un mérite réel, ancien prix d'honneur à Gharlemagne, travailleur opiniâtre et consciencieux, il a des timidités, des scrupules, des fiertés, une sorte de sauvagerie qui l'écartent d'un monde où régnent l'intrigue et le charlatanisme. Révolté des obstacles et des hostilités déloyales qu'il rencontre au début de sa carrière, sans en deviner la cause véritable, le ressentiment d'une femme blessée dans son orgueil, il s'indigne de voir un journal payé pour le diffamer, travestir par un mensonge impudent le résultat de sa dernière plaidoirie, et faire de son succès un échec, en lui opposant le même Oscar Rigaut, son ancien

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