‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 41 sur 122 · Acte II, se. VII · texte numérisé non relu

Acte II, se. VII

EUGÈNE SCaiBE. 105

tous : l'essentiel est de poser un premier échelon et qu'il soit solide *. » La théorie de la courte échelle pour entrer à la Chambre est déjà un procédé connu. ^ Tandis qu'Oscar triomphe en récitant devant les électeurs un discours fabriqué par Saint-Estève, le pauvre Edmond s'en va plus découragé, plus désolé que jamais, renonçant à cette candidature pour laquelle Oscar lui avait promis, la veille, le concours de la phalange. Avec tout son talent, ce serait un garçon perdu, un homme à la mer, si les femmes ne se mettaient en tête de le sauver.

L'élément féminin joue un grand rôle dans cette ^^ comédie. Au premier rang figure Gésarine (un nom qui promet), forte tête, impérieuse, hautaine et résolue, une Agrippine au petit pied, alliant les finesses de la diplomatie au ressort énergique de la volonté. La petite sous-maitresse de pension, qui a jadis eu pour élèves Agathe et Zoé, après avoir conquis le cœur et la main du vieux comte de Miremont, a pris sa revanche sur la riche famille des Rigaut, ses parents, qu'elle protège du haut de sa grandeur, et sur le monde, où elle est devenue une puissance par son salon, son journal, sa revue, ses relations et ses intrigues.

Pourtant cette femme si maîtresse d'elle-même et des autres a un point faible, une passion secrète que l'œil clairvoyant de Zoé a deviné. Il est dans le monde un homme qui l'a vue jadis à la pension où était sa sœur, qui l'a méconnue, dédaignée, et peut-être méprisée. Sa haine contre le jeune Edmond de Varennes, les attaques dont elle l'a fait cribler dans ses journaux, les

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