‹ La comédie espagnoleChapitre 11 sur 34 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LEONARDO, EUFEMIA.

EUFEMIA.

Comme tu t'es levé de bonne heure, Leonardo, mon frère?

LEONARDO

Très chère Eufemia, je voudrais, si Dieu permet qu'il en soit ainsi, commencer aujourd'hui mon voyage, et m'en aller ainsi que j'ai projeté.

Quoi, tu es toujours décidé à te mettre en route sans savoir de quel côté ? C'est là une chose cruelle. Tu es mon frère, mais je ne te comprends pas. Peu de bonheur, en vérité! Lorsque je me mets à penser à ta détermination si bien arrêtée, la mort de nos pauvres parents me revient à l'esprit. Mon frère ! Ne sais-tu pas que lorsque ton père et le mien mourut, il me recommanda à toi, parce que je suis femme et plus jeune que toi. Ne fais pas cela, mon frère Leonardo ; aie pitié de ta sœur, privée de consolation, et qui réclame ton appui avec de bien légitimes sollicitations.

EUFEMIA.

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LEONARDO

Chère et bien-aimée Eufemia, ne cherche pas à me détourner par tes pieuses larmes de ce que j'ai résolu depuis si longtemps. La mort seule peut maintenant y mettre empêchement. Ce que je vais te demander avec instance, c'est de faire comme ces braves et sages filles qui se trouvent privées de la protection paternelle. Je n'ai rien de plus à te dire, sinon qu'en quelque lieu que je me trouverai, tu recevras fréquemment mes lettres. Pour aujourd'hui, et pendant que je vais entendre la messe, veuille rappeler à ce garçon ce que je lui ai commandé hier soir.

EUFEMIA.

Va, mon frère, aie confiance, et dans tes prières, demande à Dieu de m'accorder la patience et le courage dont j'aurai besoin pour supporter ton absence.

LEONARDO

Je le ferai, ma sœur, Dieu te garde.

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LOPE DE RUEDA

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