‹ La comédie espagnoleChapitre 13 sur 34 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

EUFEMIA, MELCHIOR, CHIMÈNE.

CHIMÈNE

Chère âme, vous que j'aime autant que mes entrailles. Hélas ! Je n'ai pas pu dormir une heure de toute cette nuit.

EUFEMIA.

Et pourquoi, amie ?

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CHIMÈNE

Les moustiques, qui, sur ma conscience, vous donnent des coups de dard, comme ne ferait pas un frelon.

MELCHIOR

Je parierais que Madame dort la bouche ouverte.

CHIMÈNE

Si je dors ou ne dors pas, qu'importe a cette façon de têtard ?

MELCHIOR

Comment Madame veut-elle que les moustiques ne s'attaquent pas à elle, si. sur huit jours que compre la semaine, il y en a neuf où elle se couche à l'état de cuve?

CHIMÈNE

Oh! Madame, Votre Grâce permëttra-t-elle à cette cuiller à bouillie de me dire de pareilles choses en plein visage ? Que Dieu te change en verjus.

MELCHIOR

En verjus ! Voilà une malédiction qui ne pourra pas atteindre Madame...

CHIMÈNE

Pourquoi cela, moule à nigauds ?

EUFEMIA.

ME LC H I OR.

Comment Madame, ce modèle de gentillesse, pourrait-elle tourner en verjus, si elle est déjà en pleine maturité.

CHIMÈNE

Effronté vagabond, vous me le payerez.

MELCHIOR

Allez donc, face de mule qui a la colique !

CHIMÈNE

Oh ! Madame, que Votre Grâce me permette de tomber sur cette bassine à cuire la mélasse. Que lui semble de cette aiguille à piquer les matelas ? Ornement de gargote ! Approche, approche, pilier de carrefour, outil à prendre les bourdons.

EUFEMIA.

Assez, assez; qu'est-ce que tout cela ? N'avez-vous donc aucun respect pour celle devant qui vous êtes?

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