‹ La comédie espagnoleChapitre 4 sur 34 · SA M ADEL · texte numérisé non relu

SA M ADEL

Holà! frère, il est temps que tu m'apportes cet argent !

CEV ADON,

Est-ce Votre Grâce qui doit le recevoir?

SAMADEL.

Et qui devrais l'avoir déjà dans ma poche.

CEVADON.

Eh bien, Seigneur, mon maître m'a dit de le donner à Votre Grâce, et que Votre Grâce voudrait bien recevoir quinze réaux.

SAMADEL.

Oui, c'est quinze réaux. Eh bien, donne.

Voici ; mais attendez.

SAMADEL.

Que dois-je attendre ?

CEVADON.

Vous demandez quoi ? Et le signalement ?

SAMADEL.

Quel signalement?

PAYER ET NE PAS PAYER

CEVADON.

Mon maître m'a dit que vous deviez avoir un emplâtre sur l'œil et une jambe traînante.

SAMADEL.

Oh ! si ce n'est que cela, voici déjà l'emplâtre.

CEVADON.

C'est cela ? Vous dites que c'est là un emplâtre ?

SAMADEL.

Oui, je le dis.

CEVADON.

>Je dis que ce n'en est pas.

SAMADEL.

Je dis que c'en est un, quoi que vous pensiez.

CEVADON.

Je ne pense pas, Seigneur. Que ce soit comme le veut Votre Grâce ; c'est un emplâtre, et Dieu m'aide. C'est que Votre Grâce avait son chapeau baissé et je ne voyais pas l'emplâtre.

SAMADEL.

Alors, sus, donne l'argent.

6o LOPE DE RUEDA.

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