‹ La Comédie-Française en 1878Chapitre 3 sur 5 · La centième des Fourehambamltt fut donnée le 4 novembre · texte numérisé non relu

La centième des Fourehambamltt fut donnée le 4 novembre

2. Worms etM^^ Barretta étaient chargés avec M. Coqueliii de rinterprétation de cette comédie de Cfa. Duvëryier.

repentir amèrement plus tard d'une résolution dictée par un dépit peu ou point justifié. Mais Talbot ayant persisté dans ses résolutions, M. Perrin en donna avis au comité qui enregistra, comme définitive, quoique à regret, la notification de son camarade. La mort de M"' Guyon, le départ de Talbot créaient presque à la fois deux places vacantes de sociétaires, pour Tune desquelles l'opinion publique désignait déjà Coquelin cadet, et se partageait pour décerner l'autre soit à la jeune Samary, soit à M"' Agar, que son emploi plus que ses qualités artistiques désignaient à l'obtention de cet honneur*. Avant de reprendre le Sphinx dont, à part Worms qui succédait à Delaunay et Paul Reney à Joumard, la distribution demeurait la même qu'à la création, le théâtre remettait à la scène pour la première fois de l'année, et en outre des ouvrages déjà cités : Andromaque^ le Dépit amoureux et la Cigale chez la fourmi. Rien à dire de ces trois pièces qui n'ait déjà été dit dans nos précédents volumes.

28 OCTOBRE. — Reprise du SPHINX ', drame en

1. — Le 30 décembre de cette année, Coquelin cadet et Mlle Samary seront élus sociétaires à l'unanimité.

2. Distribution. — L'Amiral, M, Maubanf. — Lord Astley, M, Febvre. — Sayigny, M. Wotins, — Everard, M. t*rudhon, — Ulric, Coquelin cadet. — Lajardie, M, Paul Heney. — Blanche, if"o Croizette. — Berthe, Al»i« S.-Bemhardt, — Gabrielle, Jlf»i« Bianca.

Nous avons dit plus haut que le projet de reprendre le Sphinx, ayait pour but de placer le nom de son auteur au-dessous d'un

quatre actes de M. Octave' Feuillet. — La première représentation de cette pièce à la Comédie- Française datait du 23 mai 1874. « J'ai revu ce drame, écrivait M. A. Yitu, sans plaisir ni peine, et je le juge aujourd'hui comme je le jugeai la première fois : Fœuvre peu consistante d'un homme de talent qui a su exécuter un tour de force inutile, en faisant écouter quatre actes de drame dépourvus d'un intérêt sérieux ». Puis passant à un autre point de vue, Téminent critique ajoutait. « L'interprétation est aujourd'hui ce qu'elle était il y a quatre ans et demi, à l'exception de Delaunay, qui a cédé son rôle à Worms. C'est un axiome banal, mais certain, en matière dramatique, que l'homme placé entre deux femmes fait d'ordinaire un assez mauvais personnage. Worms, malgré sa diction juste et mordante, a été jugé un peu terne dans un rôle dont Delaunay, avant lui, avait mesuré toute l'ingratitude. Maubant, fort convenable dans les deux premiers actes, a fait, au troisième acte, une entrée caracolante dont l'eSet comique n'était pas précisément à sa place. Febvre excelle dans les rôles d'Anglo-Saxons à tenue froide et ferme, tels que lord Astley. J'ai entendu bl&mer Coquelin ca-

graiid ouvrage, sur l'affiche de la Comédie-Française pendant la durée de TËxposition. Ajoutons que ce fut aussi à la suite d*un désir exprimé par S. A. R. le prince de Galles, en ce moment à Paris et qui tenait beaucoup à yoir représenter le drame de M. Feuillet et surtout à entendre M^i^ Croizette et Sarah Bemhardt se donner la réplique.

det, d'avoir fait rire sous les traits du pianiste Ulric; ce n'est pas mon avis. Coquelin cadet se tient dans la juste mesure. Si le pianiste Ulric paraît déplacé dans un salon, c'est M. 0. Feuillet qui a tort de l'y avoir introduit. 11 y a bien des rôles inutiles dans le Sphinx ; il n'en faut pas moins tenir compte à Prudhon de « figurer » le lieutenant Everard ; Paul Reney, qui remplace M. Joumard dans le rôle de M. Lajardie, autre inutilité, a de la gatté, mais fera sagement de discipliner son geste. M*^** Croizette et Sarah Bernhardt ont retrouvé tout leur succès : la première dans Blanche de Chelles, la seconde dans Berthe de Savigny. M"* Sarah Bernhardt donne à Berthe de Savigny une physionomie d'une douceur et d'une grâce exquises, animée au quatrième acte par des éclats d'une justesse foudroyante. Il me semble que la scène de l'empoisonnement n'a pas produit l'effet extraordinaire qui, dans sa nouveauté, frappa le public d'étonnement et de terreur. Ce serait une raison valable pour renoncer à ce jeu de scène, que je persiste à considérer comme dépourvu de valeur au point de vue de l'art sérieux et comme en désaccord avec les traditions de la Comédie-Française. J'insiste sur ce conseil avec d'autant moins de scrupule que M"* Croizette m'a paru en très-grand progrès sur elle-même et en pleine possession du rôle de Blanche de Chelles. Son débit s'est affermi, s'est nuancé ; enfin, elle a acquis une autorité et une

souplesse de diction que je ne lui connaissais pas encore et que je souhaite retrouver chez elle dans d'autres rôles*. »

Le Sphinx était le soixante-cinquième ouvrage représenté depuis le 1" janvier 1878. Le petit drame intime de M. Manuel, les Ouvriers^ était le soixante-sixième, après quoi venait immédiatement le Fils natiirelj dont la répétition générale eut lieu le 30 novembre, en petit comité. Ce dernier mois partagé pour ainsi dire entre JSfer-

1. Dans un ordre d'idées plus fantaisistes, M. Arnold Mortier, le spirituel Monsieur de V Orchestre du Figaro en rendant compte de cette représentation, appréciait en ces termes» le côté féminin du drame de M. Feuillet : a M»« Croizette nous a montré un Sphinx nouvelle manière, un Sphinx considérablement augmenté. Elle est si grasse maintenant, si bien portante, que ses amis eux-mêmes se demandent si le moment ne serait pas venu où il faudrait mettre un terme à tant d^envahissement. Dans le drame d^Octave Feuillet, cet embonpoint fâcheux et trop précoce se trouve d^autant plus accentué que Ténigmatique comtesse de Chelles est presque constamment en scène à côté de Sarah Bernhardt. Cette dernière a paru absolument adorable dans sa délicieuse toilette du premier acte, un fouillis ravissant de rubans, de dentelles, de jais, de mousseline et de tout ce qu'il faut pour séduire enfin. Mais Sarah ne s'est pas contentée de séduire, ce soir ; elle a voulu étonner. Elle y est parvenue. J'ai dit que sa robe de bal a été, pendant tout un entr'acte, le sujet de toutes les conversations. Or, ce ^est pas précisément de la robe que Ton parlait. Elle est jolie cette robe, mais il est probable qu'on n'en aurait pas fait tant de cas si elle ne s'était distinguée par une particularité tout à fait imprévue. La robe de bal de M'i« Sarah Bernhardt était décolletée, mais décolletée pour de vrai, franchement, de manière k surprendre tout le monde. Car ce qui paraîtrait tout naturel chez toute autre personne surprend quand il s'agit de M'^* Sarah Bernhardt. La charmante artiste vient de se révéler à nous sous un jour nouveau et après lequel il est permis de ne plus douter de rien. »

nani\ le Sphinx^ et les Fourchambaulty SLYSiii été surtout employé à presser les études de la comédie de M. Alexandre Dumas. L'intention de M. Perria était d'en donner la première représentation le 1" décembre, pour en offrir dès le lendemain la primeur aux abonnés du premier mardi de la saison' et le surlendemain aux abonnés du jeudi.

2 DÉCEMBRE. — Première représentation (à ce théâtre) de LE FILS NATUREL *, comédie en cinq

1. Dans Hernani, Martel joue Ruy-Gomez de Silva, à la place de Maubant.

2. Le Sphinx composera avec la Cigale chez la Fourmi^ le troisième spectacle d^abomiemeot de la saison. A ce moment, Worms sera remplacé par Laroche dans le rôle de Henri de Savigny.

3. Le Fils naturel, formera également le spectacle du second mardi et du second jeudi.

4. Voici en regard de la distribution de la création, la distribution actuelle à la Comédie-Française :

Aristide Fressard MM. Geoffroy. Coquelin,

Charles Sternay Dupuis, Febvre,

Marquis d'Orgebac , . Derval. Thirvn.

Jacques Lagrange, Wof*ms,

Le docteur Blondel. Gan^aud.

Lucien Dieudouné, Boucher.

Clara Vignot. •. M™e« Rose Chéri, Favart.

La marquise Mêlante. Jouassain.

Hermine Delaporte. Baretia

Henriette Sternay D. Marquet. Lloyd.

Mme Gervais Georyina. Thénard,

Peut-être ne sera-t-il pas sans intérêt pour le lecteur de Hxer ici ce que sont devenus les artistes qui créèrent au Gymnase les différents rôles du Fils naturel. Rose Chéri est morte depuis bientôt vingt ans ; morte aussi Delphine Marquet. Mi^« Delà-

actes, dont un prologue en prose, de M. Alexandre Dumas. ^« C'est une épreuve assez délicate pour un ouvrage de théâtre, écrivait M. Sarcey en rendant compte de la reprise de ce drame, de reparaître devant le public au bout de vingt années. Il y a bien peu de comédies qui pourraient y résister. Je ne veux chagriner personne, mais tout le monde a présents à la mémoire les noms d'ouvrages qui n'ont pas encore le quart de siècle, et dont une reprise inopportune a accusé les rides. Le Fik naturel a paru lundi dernier aussi jeune qu'il était le 16 janvier 1858. Il serait impossible d'y trouver un détail qui date, un seul cheveu gris. J'oserai même dire que la pièce nous a semblé avoir pris plus de solidité et d'éclat. Elle était, il y a vingt ans, quelque peu en avant de son public, qui l'a rejointe dans l'intervalle. Je ne serais pas loin de partager l'opinion de M. Perrin,

porte de retour à Paris après un court séjour en Russie, ne trouve que de lointaines occasions de faire applaudir ses grandes qualités de comédienDe^ et encore n'est-ce pas à la Comédie-Française. Geoffroy, un des meilleurs comédiens de Paris, figure en ce moment en tête de la troupe du Palais- Royai. A. Dupuis vient de rentrer au Vaudeville après une absence de dix-huit années passées en Russie. Dieudonné, un ancien pensionnaire des théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg, est également à Theure actuelle attaché au théâtre du Vaudeville. Derval n*a pas quitté le Gymnase où ses fonctions d^administrateur représentent pour lui la retraite des comédiens. Lagrange est toujours en Russie. La vieille M">« Georgina est encore la pensionnaire de M. Montigny, mais non M^e Mélanie qui a fait ses adieux à la scène. Quant & Blondel, nous ne sommes pas bien sûrs qu^il ne soit pas encore de ce monde des vivants ; mais à coup sûr ne fait-il plus partie du monde dramatique.

qui regarde le Fik naturel comme le chef-d'œuvre d'Alexandre Dumas. » Nous ne nous attarderons pas sur cet ouvrage, dont le sujet et la thèse sociale qu'il contient sont trop connus, bien que la pièce date déjà de vingt anhées, pour prêter ici à d'utiles développements. L'intérêt de la résurrection de l'œuvre de M. Dumas résidait surtout dans l'interprétation nouvelle à la Comédie-Française, et dans les souvenirs qu'elle pouvait évoquer à côté de celle de la création. Les discussions philosophiques ou autres, à vingt ans d'intervalle, ne devaient pas différer de beaucoup de celles que l'apparition de cette comédie souleva en 1858, et parmi les écrivains qui en rendirent compte, sans doute beaucoup durent-ils tomber dans les mêmes errements. Ecoutons plutôt ce que disait, au sujet de l'interprétation actuelle du Fils naturelj M. Auguste Vitu, dont l'opinion très-sincère nous parait le mieux résumer à la fois celles du public et de la critique : « La pièce est merveilleusement jouée et présente un ensemble qui se rencontre rarement même à la Comédie-Française.

j[mo Favart donne au rôle de Clara Vignot la mélancolie de la femme dont l'existence ne fut qu'un long sacrifice et la tendresse de la mère pour un fils en qui elle a mis tous les trésors de son âme et toutes ses espérances. Elle s'est montrée émouvante au dernier point pendant tout le prologue et dans la grande scène du troisième acte, tout en gardant la simplicité de moyens qui

est la perfection même de l'art. Le jeu sobre, vigoureux et ardent de Worms l'a supérieurement servi pour composer le rôle de Jacques.

Applaudi de scène en scène, il a été acclamé au troisième acte au milieu de l'émotion générale. C'est un grand et mérité succès pour ce jeune artiste, si intelligent et si bien doué. Et quel acteur encore que Coquelin aîné lorsqu'il se tient dans remploi pour lequel la nature l'a créé? Le personnage comique, intelligent et sympathique d'Aristide Fressard lui fournit l'occasion de déployer ses meilleures qualités, la gaieté, la verve, la fînesse, et surtout le naturel, ce don inestimable qui ne s'acquiert pas. Febvre est généralement très-bien dans toutes les parties du rôle ingrat, non, ce n'est pas assez dire, abominable et odieux jusqu'à l'invraisemblance, de Charles Sternay, auquel il prête l'allure inconsciente d'un homme comme il faut, qui trouve très-bonnes toutes les actions quelconques qui s'accordent avec les « convenances. » Il n'y a que des compliments à faire à Thiron, délicieusement fin dans le rôle du spirituel marquis d'Orgebac. M"* Jouassain tient avec son talent ordinaire le rôle de la vieille marquise. On a beaucoup applaudi M"' Baretta, très-bien placée dans le rôle d'Hermine, une jeune fille étonnante, qui déclare devant dix personnes son amour pour un jeune homme et prévient ses parents qu'elle n'attend que sa majorité pour leur adresser des sommations respec-

tueuses. M"* Lloyd, M"** Thénard, Boucher, apportent tout leur zèle à des rôles secondaires, » Le Fiis naturel s'annonçait comme un très-grand succès * . Sans aucun doute, nous le retrouverons Tannée prochaine, légué par 1878 à 1879 et tenant avec celle-ci la promesse de la première représentation. Nous pourrions clore cette notice historique relative à la maison de Molière sur le nom de l'auteur du Demi-Moîide^ s'il n'était parmi les pieux et classiques usages de la compagnie de célébrer le 21 décembre l'anniversaire de la naissance de Racine au même titre que celle de Molière et de Corneille. A cette occasion, il avait été question d'une remise à la scène de Mithridate^ à laquelle on dut renoncer au profit à^Andromaque et des Plaideurs interprétés par les premiers artistes du théâtre '.

Et c'est tout. Si nous jetons maintenant un coup d'œil d'ensemble sur cette année, nous regrettons

1. a Le Fils naturel» écrivait au sortir de la représentation M. Alexandre Dumas, à M. Montigny, directeur du Gymnase, vient d'avoir au Théâtre-Français Je plus éclatant succès qu'ion y avait vu, je crois. Rappels après chaque acte^ double rappel après le troisième. Ce que je me rappelais pendant ce tempslà, moi, c'^est cette soirée du 16 janvier 1858. Je n^ai pas à savoir si une scène est plus grande que Tautre^ si cet artiste vaut mieux que celui d'autrefois. J'ai à ne jamais oublier que c^est à votre confiance que je dois d'avoir pu dire ce que j'avais à dire et que, si je suis quelque chose ou quelqu'un, j'en dois une grande part à votre intelligence et à votre amitié. »

2. Ajoutons-y un à propos en vers^ intitulé Petit-Jean^ dit par Coquelin, dont l'auteur était un des plus jeunes artistes de la Comédie, nous avons nommé Truffier*

de n'avoir à constater que Tapparition d'une seule nouveauté. Et pour remplir ce vide, le théâtre a usé largement de la ressource féconde des reprises. L'institution des matinées adoptée d'une façon définitive et régulièrement mise en pratique peut compter, il est vrai, parmi les actes les plus importants de cette campagne. Mais ne pourrait-on souhaiter, au nom de l'art dramatique et malgré ces succès persistants et de longue haleine, qu'à côté des chefs-d'œuvre de la littérature classique, dont le culte lui est confié, le théâtre suscitât davantage les productions d'auteurs nouveaux? Cela ne serait-il pas plus aisé aujourd'hui avec les débouchés qu'offre désormais l'inscription des spectacles diurnes au nombre des usages de la compagnie ? Quoi qu'il en soit, le Théâtre-Français ne pouvait être rangé au nombre des scènes sur lesquelles, au dire de M. Bardoux, ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, « l'opinion publique constatait l'abaissement sensible qui s'est produit dans certaides manifestations de l'art dramatique. » Si la liberté des théâtres était réellement un mal, ainsi que l'insinuait, dans sa lettre * à tous les directeurs de Paris, M. Bardoux,

1. Voici cette lettre, curieux échantillon de la prose officielle, qui démontrait les bonnes intentions et Tesprit élevé du ministre, mais qui n'a encore amené aucune modification dans la direction du goût public : « Depuis longtemps déjà Topinion publique s'inquiète de l'abaissement sensible qui s'est produit dans certaines manifestations de Tart dramatique et de l'art lyrique. Beaucoup d^excellents esprits attribuent la cause de

il faut convenir que le fléau n'avait pas atteint la Comédie-Française. Cette année aura, été exceptionnellement féconde. Nous devons en rapporter les résultats brillants au dévouement et au talent de MM. les comédiens, à l'activité et à Texpérience de M. Perrin *. Nous ne pouvons du reste,

cette décadence à la liberté industrielle conférée aux théâtres par le décret du 6 janvier 1864. Quelles que soient les difficultés que je doive rencontrer en un semblable sujet, le mal étant constaté^ il est de mon devoir d'en chercher le remède. Trois intérêts considérables se trouvent ici enjeu et me préoccupent également : Tintérêt de l'art, celui du public^ celui des artistes. Assurer à ceux-ci la juste récompense de leurs travaux, otttïv aux spectateurs des plaisirs délicats, honnêtes, ramener, sMl se peut, Part dramatique etTart lyrique à ces habitudes de bon ton qui avaient fait à nos théâtres une réputation si légitime, tel est le triple but auquel doivent tendre mes efforts. Pour m*aider dans cette tâche, pour m'entourer d'autant de lumières que possible, je fais appel au concours de toutes les personnes doyt Texpérience en ces matières ne saurait être mise en doute. Je vous serai donc tout & fait obligé, monsieur, de me faire connaître vos vues personnelles sur le régime institué par le décret du 6 janvier 1864. Quels en ont été les avantages ? Les inconvénients ? Quelle influence a eu ce régime sur la composition de nos troupes, de nos orchestres, de nos choeurs ? Co régime doit -il être maintenu tel quel? Dans quel sens pourrait-il être amendé? Quel régime nouveau pourrait-on y substituer ? En résumé, monsieur Je vous prie de vouloir bien me transmettre toutes les observations que vous jugerez de nature & élucider la question ; les notes que vous voudrez bien m'envoyer seront reçues par moi avec reconnaissance et feront l'objet de Tétude la plus attentive. » M. le ministre oubliait qu^après tout, les directeurs de théâtre, du moins ceux qui ne sont pas subventionnés, se soucient fort peu de l'art et que leur mission est principalement de gagner de l'argent. En bonne conscience on ne saurait les blâmer de chercher avant tout leur intérêt matériel. Les gouvernements font le public ce qu'il est et les impressarii lui donnent ce qui lui plait.

1. A propos de M. Perrin, enregistrons pour mémoire le bruit qui courut â plusieurs reprises durant le cours de cette année.

à cet égard, nous en référer mieux qu'à l'éloge officiel que M. Antonin Proust, au nom delà commission du budget, inscrivait dans son volumineux rapport relatif aux Beaux-Arts. « Nous sommes heureux, écrivait en matière de conclusion, M. Proust, de constater ici la prospérité toujours croissante de la Comédie-Française, à la tête de laquelle est placé comme administrateur l'honorable M. Emile Perrin, de l'Institut ^ Grâce à son habile direction et grâce au zèle de nos comédiensfrançais, le théâtre de la rue de Richelieu a montré une activité remarquable pendant l'année 1877 et le courant de Tannée 1878. »

La liste des ouvrages représentés pendant cette année 1878 pouvait dès lors être établie dans l'ordre ci-après, en distinguant, comme nous le faisons toujours, entre le répertoire moderne et le répertoire classique.

Date de la Nombre de REPERTOIRE MODERNE Nombre ire représeoUt. représentai-

— d'actes, ou de la reprise, pend, l'année

VoUe-face^ comédie en vers. .

Le Marquis de Villemer, com.

Hemani, drame en vers . . .

Le Gendre de M. Poirier, com.

Le Demi-Monde, comédie. . .

Philiberte, comédie en vers. .

et d'après lequel il devait être appelé prochainement à la direction de rOpéra, qu'il a déjà heureusement administré depuis 1863 jusqu'à 1870. Cette nouvelle nous semble tout au moins prématurée.

1. M. Perrin est, vers la fin d'octobre, nommé officier d'Académie.

Soir. Jour.

1«' janvier.

1«' janvier.

2 janvier.

3 janvier.

9 janvier.

13 janvier.

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