‹ La Comédie-Française en 1878Chapitre 2 sur 5 · L. Monrose · texte numérisé non relu

L. Monrose

Tt-uffler,

Césarine,

Jt/me» Volnya,

^jfme» Favart,

Agathe,

Plessy,

Bavetta,

Zoé,

Anaîs,

Broisat,

On ne sait pouquoi M. Perrin renonça à la Calomnie. La reprise s'en expliquait pourtant par un sentiment de reconnaissance bien naturel envers la mémoire de Scribe, dont le nom est \'\é par plus d'un succès brillant à Thlstoire dé la Comédie- Française, et surtout quand par ce temps d'Exposition où les étrangers et les provinciaux affluaient à Paris, ceux-ci n'eussent pas été fâchés sans doute de connattre quelques pièces de son volumineux répertoire.

plus fidèles serviteurs. M. Léon Guillard, auteur dramatique, homme aimable, bon, sympathique à tous, était attaché au thé&tre depuis nombre d'années en qualité d'archiviste et de lecteur, fonctions délicates dans l'exercice desquelles il n'avait réussi qu'à se créer les meilleures relations. Les jeunes auteurs, en outre d'un excellent accueil, étaient assurés de trouver auprès de lui de prébieux conseils, que ne dédaignaient même pas souvent les plus expérimentés en cet art de la scène et du thé&tre. Il était sur le point de prendre sa retraite, après un long temps de service, lorsqu'une maladie accidentelle vint l'enlever à l'affection de ses amis et au théâtre qui appréciait en lui l'homme éclairé et le savant dévoué à son culte classique. Peu de temps après, sur la proposition de M. Perrin, M. le ministre des beaux-arts, contresignait le décret qui appelait M. François Coppée, le poète du Passant^ l'auteur dramatique applaudi sur cette scène illustre de la maison de Molière, à l'honneur^ de succéder à M. Guillard, dans ce poste doublement envié d'archiviste et de lecteur. La faveur officielle ne pouvait tomber sur un titulaire plus digne et plus méritant à la fois.

L'ouverture récente de l'Exposition qui jetait sur le pavé de la capitale des milliers d'étrangers et de provinciaux devait inaugurer pour les théâtres l'ère d'une prospérité nouvelle. La Comédie- Française avait été des premières à profiter de la

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présence à Paris de ce public nouveau, et l'empressement avec lequel ses portes seront chaque soir assiégées pendant tout le temps que durera cette fête nationale témoignera hautement de Testime générale et du renom universel dont notre première scène est l'objet. La marche régulière du répertoire était à ce moment interrompue, comme chaque année du reste à la même époque, par la célébration, le 6 juin, de Tanniversaire de la naissance de Corneille, qui était cette fois le 272"", l'auteur du Menteur étant né le 6 juin 1606. Mais ce que nous avons dit au sujet de Molière, touchant l'uniformité du spectacle du 15 janvier, pourrait se répéter à propos de l'anniversaire du 6 juin. Comme l'année précédente, c'est encore Horace^ c'est encore le Menteur ^ qui composent le programme de ce jour. Rien de nouveau que des stances « à Corneille » de M. Jean Aycard, dites par M. Maubant. Passons donc sans plus insister sur une solennité que la date seule rappelle à notre attention et suivons pas à pas le Théâtre- Français dans le développement méthodique de son répertoire. Petite pluie, la spirituelle comédie de M. Pailleron, fournit à M"' Lloyd l'occasion de reprendre modestement une des dernières créa-

1 . Depuis plusieurs années, le Menteur^ fait invariablement partie du programme du 6 juin. La supériorité avec laquelle celte pièce est jouée par Delaunay et par Got, ne saurait justifier celte persistance. Le théâtre de Corneille est assez vaste pour qu'on ne soit pas embarrassé d*y choisir des spectacles plus variés et moins connus.

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lions de M"' Arnould-Plessy, le rôle de la baronae. Thiron cède dans le Demi-Monde son rôle du marquis de Thonnerins à Dupont-Vernon *. Le 18 juillet a\ait lieu la reprise de Britannicus* ^ une des tragédies les mieux écrites de Racine, dans laquelle trois pensionnaires de la Comédie- Française continuaient ce soir-là leurs débuts. « M"* Agar, écrivait M. Vitu, dont nous reproduisons le jugement exprimé le lendemain de cette reprise, à propos de ^int^rprétation nouvelle de Bfitannicus^ connaît à fond le rôle d'Agrippine ; elle le joue d'expérience plutôt que de sentiment ; sa voix un peu sourde et un peu courte l'oblige à couper la période en quatre et à ne pas sortir de l'octave basse du mezzo soprano ^ ce qui jette un certain voile de monotonie sur l'ensemble du rôle. Il me semble aussi que M"® Agar donne au personnage d'Agrippine une couleur sombre et une physionomie marquée qui le rapproche trop des vieilles reines telles qu'Athalie ou Cléopâtre (de Rodogune). La mère de Néron était, au temps où se passe la tragédie de Racine , une femme encore

1. A peu près à cette époque, les héritiers de Balzac retirent Mercadet de la Comédie-Française pour le porter au Palais- Royal.

2. DiSTRiBDTioir. — Burrhus, Af. Maubant, — Néron, M. Mounet-Sully, — Britannicus, M» Volny, — Narcisse, M. Si vain. — Agrippine, Afi*« At/ar. — Junie, Af»« A, Dudfay, — Albine, ilfiie Fayoili* Cétait jadis un artiste du nom de Chéri qui tenait le rôle de Burrhus. Mais Chéri, nous Tavons dit, a cessé depuis quelque temps déjà d*appartenir à la Copédie-Française^ où il ne jouait plus que bien rarement.

jeune, attrayante et belle. C'est ainsi que M"* Plessy comprenait le rôle, que cette nuance rapprochait de la vérité historique, en même temps qu'il lui donnait de la vraisemblance et de l'éclat. M"* Agar a, d'ailleurs, fort bien dit quelques passages essentiellement tragiques, entre autres Timprécation finale adressée à Néron.

Volny s'est montré à son avantage dans le rôle de Britannicus; il en a la jeunesse, inappréciable don qui passe malheureusement à mesure que les qualités sérieuses arrivent ; et il a su donner au jeune prince des élans virils qui expliquent les craintes inspirées à Néron parce compétiteur héritier légitime de l'empire. Il a eu, dans la scène du troisième acte, avec Néron et Junie, un très-beau mouvement qui lui a valu les applaudissements du public, enfin débarrassé de la tutelle odieuse que lui imposaient naguère les claqueurs à gage. Silvain a très bien compris le caractère de l'abominable Narcisse, surtoutdans sa première partie ; il a dit avec un art très fin le couplet qui flatte si adroitement la passion naissante de Néron pour Junie. Je l'ai trouvé plus faible dans la tirade du quatrième acte, où lui manque la profonde ironie qui doit accentuer les grands traits du poète. Maubant est, à coup sûr, le plus majestueux des Burrhus, et Mounet-SuUy le plus agité des empereurs romains. Mounet-Sully me paraît cependant en progrès comparativement au jour où il prît possession, pour la première fois, du

rôle de Néron. Il a toujours le tort de se mettre trop vite en colère et de crier beaucoup sans se fâcher assez. Cependant, il se contient relativement et il cherche les nuances, ce qui est un bon signe. A vrai dire, Mounet-SuUy interprète le rôle de Néron plutôt en acteur de drame qu'en tragédien, et procède évidemment de M. Jenneval plutôt que de Talma ; il y a cependant le germe de qualités précieuses chez Mounet-SuUy ; je souhaite très-vivement qu'elles se développent, j'ajoute que je n'en désespère pas. » La remise à la scène de l^Epreuve^ la comédie de Marivaux, où débutait heureusement, par le rôle d'Angélique, une jeune élève de Talbot, M"' Frainaux, donnait à M. Hostein l'occasion de faire de Coquelin cadet, chargé de celui de Biaise, l'éloge bien légitime de ce comédien : <( Que Coquelin cadet, écrivait le critique du Constitutionnel y est donc amusant dans le rôle de ce madré paysan ! Il le joue avec un naturel, une aisance, un comique dont on ne saurait trop apprécier la justesse* ». Les nécessités

] . a Coquelin cadet a fait rire aux larmes, » écrivait à ce même propos M. Vitu. Nous avons dit Tannée dernière la place que cet artiste s'était faite en dehors du théât|re. Cette place, il n'a cessé de Toccuper pendant le cours de cette année 1878 avec le même succès, soit dans les concerts, soit dans les soirées particulières^ soit au palais du Trocadéro,où, à l'occasion de l'Exposition^ de nombreuses fêtes littéraires et artistiques ont été données. Citons, entre autres, un monologue nouveau de M. Charles Cros, rObsesiion, qu'on ne s'est pas encore iassé d'entendre et que Ton redemande à cet artiste, partout où il se présente.

quotidiennes de la marche du répertoire s'étendent indifféremment, durant cette longue période de l'Exposition, sur la plupart des ouvrages représentés jusqu'ici*.

Cependant malgré les succès en cours de représentation, on commençait à se préoccuper de la façon dont on passerait l'hiver 1878-1879. Les cartons de la Comédie-Française étaient assurément gros de pièces inédites, les unes reçues définitivement , les autres ajournées. Allait-on faire un choix parmi toutes ces productions de la littérature contemporaine, dont quelques-unes attendaient depuis longtemps déjà un tour qui ne venait pas ? M. Perrin ne semblait pas toutefois très-porté vers les ouvrages nouveaux. Leur nombre diminuait d'année en année et pour celle qui nous occupe actuellement, il devait se borner aux cinq actes de M. Emile Augier. Mais le succès des FourchamhauU avait remis en discussion la question des enfants naturels et fait évoquer une des premières pièces de M. Alexandre Dumas fils, qui, représentée pour la première fois au Gymnase le 16 janvier 1858, y avait obtenu un certain succès. M. l'administrateur crut qu'il ne pouvait se présenter de meilleure occasion pour le Fils naturel de prendre rang au répertoire de la Comédie-

1. La petite Daubray, que Ton avait yue précédemment sur d'autres scènes jouer les rôles d'enfant, prend ici celui de Louison dans le Malade imaginaire.

Française, et demanda à l'auteur du Demi-Monde^ que son titre d'académicien rapprochait de plus en plus de notre première scène, Tautorisation de remonter cette pièce pour l'hiver qui approchait. L'autorisation, comme bien on pense, ne se fit pas attendre, et le 14 août, M. Alexandre Dumas lisait sa comédie à ses nouveaux interprètes, tous ravis des rôles qui leur étaient distribués. La prospérité du Théâtre-Français à ce moment était telle qu'à la- daté du 1" août les recettes dé cette année avaient atteint le chiffre total des recettes de l'année précédente, chiffre qui, on se le rappelle, n'était pas à dédaigner. Les résultats des cinq derniers mois de 1878 ne devaient pas demeurer au-dessous de ceux de cette première période.

Nous ne parlerons que pour mémoire et pour ne rien laisser dans l'ombre de tout ce qui touche de près ou de loin à la maison de Molière, du projet éphémère de la réunion sous une même direction des deux théâtres de la (bmédie-Française et de l'Odéon. Depuis quelque temps déjà, le directeur de cette dernière scène était vertement attaqué. On lui reprochait, à tort ou à raison, de trop bien faire ses affaires personnelles aux dépens de Part dramatique, au nom duquel il recevait annuellement une subvention de l'État. Ces critiques, qui pleuvaient drues et serrées sur la tête du pauvre M. Duquesnel, firent émettre l'opinion que la meilleure manière de sauvegarder le second Théâtre-

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Français contre les conséquences d'une entreprise purement industrielle serait de le rattacher à la Comédie, en permettant aux artistes de notre première scène de passer quelquefois les ponts pour aller donner des représentations sur la rive gauche. L'idée était meilleure en théorie qu'en pratique. Elle fut prônée par les uns, attaquée par les autres, mais plus généralement blâmée. La chose avait cependant pris assez d'importance pour que Messieurs les sociétaires, consultés à ce sujet par leur administrateur général, déclarassentqu'ils verraient avec plaisir la réalisation de ce projet et autorisassent celui-ci à faire les démarches nécessaires pour en hâter la solution. Quoi qu'il en soit, la question a été abandonnée pour le moment. Mais à cause des avantages qu'elle présente, il ne serait pas étonnant qu'elle fût reprise dans un moment plus propice où la discussion n'en serait pas gênée par des engagements antérieurs. Et parmi ces avantages qui menacent de plus près l'indépendance du second Théâtre-Français, celui d'utiliser sur une scène annexe les jeunes artistes qu'immobilisent les succès en cours de représentation est certainement celui qu'on peut invoquer avec le plus de raison d'être.

A cette époque se placent deux curieuses matinées provoquées par M. le ministre des Beaux-Arts à l'occasion de la présence à Paris des instituteurs de province, appelés à la faveur de visiter notre Exposition, et à qui M. Bardoux faisait les honneurs

de deux spectacles classiques. Les deux matinées eurent lieu, la première le 18 août, et la seconde le 1" septembre. Dans la première on donnait Cinna et les Fourberies de Scapin ; et dans la seconde, Britarmicus et les Plaideurs. Il va sans dire que nos braves instituteurs, objets de cette attention officielle et toute classique, applaudissaient à tout rompre les artistes chargés de l'interprétation des chefs-d'œuvre représentés devant eux. Ces jours-là, toute la salle n'était pas affectée à ce public de passage, mais une partie seulement et le reste n'avait, du reste, pas de peine à se remplir. Cela eût décidé le sort des matinées, si depuis plusieurs mois déjà l'institution n'en avait été arrêtée en principe. Mais l'on n'était pas d'accord au Théâtre-Français sur la question de savoir si les programmes de ces matinées seraient exclusivement consacrés au classique, ou si l'élément moderne et contemporain y entrerait pour quelque chose. Il y avait des partisans pour et des partisans contre. Au mois d'avril, on avait joué Bei" nani en matinée. C'était là un précédent invoqué par les partisans du pour, mais un précédent, reconnaissons-le, sans valeur plausible. Le ministère émit timidement l'avis que le classique devait prévaloir, mais, somme toute, s'en référa à la sagesse et à l'expérience de M. l'administrateur général. Avec la nouvelle saison devait donc s'ouvrir à la Comédie-Française l'ère des représentations diurnes et la première de ces matinées, donnée le diman-

che 29 septembre avec le Misanthrope^ et la Joie fait peur ^ réussit à souhait. Désormais, elles auront lieu régulièrement de huit jours en huit jours, sans que le théâtre ait lieu de se repentir d'avoir adopté cette mesure. La plus curieuse et la plus intéressante fut sans contredit celle du 20 octobre, donnée gratuitement en Thonneur de la distribution des récompenses aux exposants, qui avait lieu le lendemain. Le Misanthrope et les Plaideurs composaient le spectacle. Assurément, ce n'était pas le public habituel de la Comédie-Française qui remplissait la salle ; mais ce public, pour ne pas appartenir aux classes les plus polies de la société, ne s'en montrait pas moins attentif et appréciateur. Sincèrement enthousiaste, il applaudissait aux bons endroits et faisait à Delaunay, sous les traits d'Alceste, un succès populaire, dont le brillant comédien ne dédaigna pas l'origine. Du reste, tout le monde avait sa part dans cette représentation où, pour pouvoir y assister, beaucoup avaient attendu depuis le lever du jour par un temps pluvieux et malsain, qui contrastait singulièrement avec les réjouissances de la journée.

Le nom de Scribe avait été rayé, ainsi que nous l'avons vu, des programmes de l'Exposition ; il n'en fut pas de même de M. Octave Feuillet, de

1. Dans le Misanthrope , Bailiet a repris le rôle de Philinte. Dans l'Etourdi^ que Ton donne surtout en matinée, Coquelin cadet succède à Barré dans le personnage de Trufaldin qu^il anime de toute sa verve comique.

qui Ton projeta de reprendre, avant la clôture définitive de cette fête internationale, le Sphinx^ une des comédies les plus contestées de cet écrivain et qui avait dû, cinq ans auparavant la plus grande partie de son succès à la manière étrange et réaliste dont mourait, à la fin de la pièce, M"' Croizette, chargée du rôle principal de l'ouvrage. Mais auparavant, nous devons signaler des mutations survenues dans la distribution courante de plusieurs pièces. C'est ainsi que désormais c'est M"' Dudiay qui joue dona Sol dans Bernante

1. A propos de M^^^ Sarah Bernhardt, qui abandonnait pour la seconde fois le rôle de Dona Sol à sa jeune camarade, il n^est assurément pas inutile de mentionner ici le Yoyage aérien qu'elle fit en ballon captif d*abord, et en ballon libre ensuite en compagnie du peintre Oeorges Clairin, et du bruit qui se fit autour de cette aventure. La charmante artiste, dont Torigioalité et la fantaisie faisaient Tobjet de toutes les conyersations parisiennes, écrivit à ce sujet une lettre fort spirituelle à M. Albert Millaud, dans laquelle elle se plaignait « de ne pouvoir rien faire sans être accusée de bizarrerie, » et revendiquait k bon droit la liberté de sa personne : < On me reproche, disaitr elle« de vouloir tout faire : théâtre, sculpture et peinture^ mais cela m^amase, et j^ gagne de Targent que je dépense ainsi qu^il meplait. » M^'^ Sarah Bemhardt avait assurément raison. Mais est-elle bien assurée qu'elle n*eût pas bien plus donné tore au public s*il ne se fCit pas autant occupé des faits et gestes de la femme et de Tartiste^ ce qui n^était, du reste, qu'un témoignage de la fervente idolâtrie quMl professait pour la comédienne ? Vers la fin de Tannée, M'i* Sarah Bemhardt publiera un récit fantaisiste de son voyage dans les nuages, avec des illustrations du peintre Clairin, au sujet duquel, M. Albert Wolff ayant fait dans le Figaro un article mordant sur le livre en question, la spirituelle comédienne répondit : « 11 m^a fallu tous ces jours passés pour oublier votre méchante humeur» cher monsieur Wolff, mais je ne puis oublier votre esprit et je vous remercie d*en avnir fait si grande dépense à prc^t de moi. » La triple

M"' Reichemberg, qu'une indisposition sans gravité et dont le terme est fatalement fixé par la nature éloigne du thé&tre^ cède son personnage de Blanche dans les Fourchambault ' à M"* Baretta qui s'en acquitte à merveille, et celui de Suzel dans VAmi Fritz à M"' Samary, qui ne fera du reste que rentrer en possession d'un rôle qu'elle a déjà joué. Plus tard M"' Croizette sera remplacée définitivement dans la pièce de M. Augier par M"* Broisat, et Coquelin, toujours sur la brèche, ne se fera suppléer dans celui de Léopold , par le jeune Boucher, que lorsque ses devoirs l'appellor ront au dehors , comme lorsqu'il ira jouer en compagnie de son jeune frère les Précieuses ridicules chez le ministre de Tinstruction publique et des beaux-arts, ou Faute de s'entendre^ chez M. le ministre de la guerre. Enfin c'est à cette époque que Talbot qui, quoique sociétaire, ne jouait presque jamais et qui n'avait pas vu d'un bon œil, d'autres de ses camarades le remplacer plus avantageusement dans un emploi qu'il avait tenu pour ainsi dire sans partage, notifia à M. l'administrateur son intention de se retirer. Celui-ci engagea l'artiste à réfléchir, ne voulant pas l'exposer à se

réputation de comédienne, de peintre et de soulptenr ne sufâ- Bait plus à W^^ Sarah Bemhardt; elle y. joignait désormais celle d'écrivain. Ce livre eut en efEiet un succôs de curiosité et d'esprit.

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