‹ La Comédie française. Première sér. NoticesChapitre 14 sur 22 · QUINAULT -DUFRESNE E S E 1 N I · texte numérisé non relu

QUINAULT -DUFRESNE E S E 1 N I

\i ean Quinault, que les biographes désignent communément sous le nom de Quinault le père, tira en effet tout son mérite de sa paternité. Comme acteur, il était fort médiocre, et, quand nous aurons dit qu'il joua plus ou moins irrégulièrement au Théâtre- Français de 1695 à 17 17 et qu'il y remplit plusieurs personnages comiques, entre autres Harpagon, nous aurons à peu près accompli notre tache. Ajoutons, pour témoigner du peu de suite avec lequel Jean Quinault figura sur notre première scène, qu'en 1699 il était à Strasbourg, où naquit et fut baptisée, le i3 octobre, sa fille Jeanne.

Sous le rapport physique, Quinault semblait prédestiné aux rôles bouffons; ses manières étaient triviales, ses traits grossiers, ses sourcils longs et épais. Mais, nous le répétons, l'illustration de cet acteur vient de ce qu'il dota la Comédie-Française de cinq artistes, ses propres enfants, qui tous y brillèrent par leurs talents ou leur beauté, le plus souvent par ces avantages réunis. Les cinq enfants de

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Jean Quinault sont : Jean-Baptiste-Maurice; Abraham- Alexis, connu sous le nom de Quinault-Dufresne; Françoise de Xesle: Marie-Anne et Jeanne. Comprenons dans notre liste M1,e de Seine, qui épousa le second fils de Jean Quinault. et qui, depuis son mariage, porta au théâtre le nom de M1Ie Quinault-Dufresne.

É^-Je l'avis de cTAigueberre, dans sa Lettre du I souffleur, il n'est pas d'acteur qui ait eu autant de talent et plus de défauts que Jean-Baptiste-

Maurice, fils aîné de Jean Quinault : « Il aurait pu corriger les uns et perfectionner les autres, pense le critique; mais, prévenu par des applaudissements insensés, il paraît content de lui-même, il néglige ce qu'il devrait perfectionner et s'affermit tous les jours dans ce qu'il devrait détruire. C'est dommage qu'avec de si belles dispositions, il ait un si mauvais goût... Par exemple, la suffisance d'un philosophe s'ajuste assez bien avec l'enflure qui lui est devenue naturelle... »

Avant d'aller plus loin, disons que, tout en étant sévère pour le comédien, cTAigueberre frappe juste en accusant Quinault l'aîné d'une vanité qui était originelle dans sa famille et en concluant que ce défaut l'amenait à forcer ses effets par la peine qu'il prenait à paraître original ou spirituel.

Dans la tragédie, cette malheureuse habitude de passer les bornes et d'exagérer les situations lui fut quelquefois

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utile. « Il excellera toujours, dit la Lettre du souffleur, en exprimant la rage et la noirceur d'un tyran qui ne respire que le crime ou la cruauté. Il se surpasse dans Alceste, où il joue le rôle du grand prêtre. L'ambition couverte et la scélératesse déguisée de ce pontife sont susceptibles de certains mouvements auxquels cet acteur est accoutumé. »

Sans nous perdre dans les subtiles distinctions que d'Aigueberre établit ensuite entre les mouvements outrés, mais absorbés en eux-mêmes, les transports pleins de rage, et la rage étouffée qui n'éclate pas en violence, avouons que, pour le fond, le critique est dans la vérité et que, suivant les occasions, les défauts du comédien se changèrent en qualités et lui valurent des applaudissements légitimes.

Cependant la tragédie n'était point le genre dans lequel brillait Quinault Faîne. Quoique Voltaire lui eût confié des rôles dans Œdipe, dans Artémire et dans Marianne, tous les écrivains s'accordent à dire que cet artiste était bien supérieur dans la comédie, et la preuve en est qu'à la retraite de Beaubourg, en 17 18, il fut chargé des premiers emplois du haut comique, tandis qu'il ne put jamais sortir des seconds rôles tragiques.

Parmi les personnages que créa Quinault dans la comédie figurent : i° Momus, dans les Noces de Vulcain, ou Momus fabuliste, par Fuzelier : « Quinault l'aîné, consignent les Anecdotes dramatiques, fit réussir pleinement cette pièce à sa première représentation. Montmesnil et La Noue l'ont fait presque tomber, lorsqu'ils ont joué le rôle de Momus; il faut un acteur noble et en même temps comique, qui ait l'art de débiter les fables" » ; 2° le faux Damis, dans le Mariage fait et rompu, par du Fresny ;

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