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pour les deux genres à la fois. Comme chacun apportait ses exemples, la discussion n'en finissait point et le repas traînait en longueur. Alors le comédien, agace, dit malignement aux convives : « Eh, Messieurs! un peu de complaisance; passons l'amour masculin en faveur de la compagnie, o
Jean-Baptiste-Maurice Quinault débuta à la Comédie- Française, le 6 mai 17 12, par le rôle d'Hippolyte de Phèdre, et fut reçu le 27 juin suivant. Retiré du théâtre, avec pension, le 22 mars 1 7 3 3 , il reparut à la même date de Tannée suivante ; mais il ne joua que trois fois, et, ayant définitivement quitté le 10 avril, il alla s'installer à Gien, où il mourut dix ans plus tard.
raham-Ai.exis Quinault, qui se désigna lui- -/\ -ï> même, au théâtre, sous le nom de QuinaultiL v tlJ? Dufresne, pour se distinguer de son frère, poussa
la vanité jusqu'à la fatuité, et la fatuité jusqu'à l'impertinence.
C'est lui qui, chargeant un jour son valet de prévenir ses camarades qu'il ne prendrait point part à la répétition, s'écria dédaigneusement : « Allons, maraud, cours dire à ces gens que je ne jouerai pas aujourd'hui. »
C'est encore lui, à une représentation de Childéric par .Morand, qui eut avec le public la petite altercation dont nous allons parler. Comme il disait son rôle d'une voix trop faible au gré du parterre, « Plus haut ! » lui fut-il crié.
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Mais Dufresne, sans se déconcerter : « Et vous, plus bas! » répliqua-t-il. On se fâcha, on siffla, et, finalement, on exigea des excuses. Alors, s'avançant au bord de la scène : « Messieurs, dit-il, je n'ai jamais mieux senti qu'en ce moment la bassesse de mon état. »
En faisant cette confession Quinault-Dufresne était loin d'exprimer le fond de sa pensée : il tenait au contraire en haute estime sa qualité de comédien et le témoigna le jour où il dit en plein café : « On me croit heureux. Erreur populaire, je préférerais à toute ma renommée l'état d'un simple gentilhomme mangeant tranquillement ses douze mille livres de rente dans un vieux château. » Il fallait voir aussi comme il se drapait dans son importance quand il marchait, quand il se présentait en public, ou que, descendant de sa chaise à porteurs, il se contentait de faire un signe ou de jeter à son valet cet ordre méprisant : « Qu'on pave ces malheureux ! »
Au reste, Dufresne ne se montrait pas moins fat avec les auteurs dont il interprétait les ouvrages qu'il ne l'était avec ses camarades. On raconte qu'il garda trois ans sur son ciel de lit la comédie le Glorieux, que Destouches avait composée pour lui, et qu'il ne voulut pas jouer avant que le dénouement en eût été changé. Sa conduite avec Voltaire fut aussi cavalière, et pourtant le grand écrivain, qui l'honorait de son amitié, lui avait dédié ce joli quatrain :
Quand Dufresne ou Gaussin, d'une voix attendrie, Font parler Orosmane, Alzire, Zénobie, Le spectateur charmé, qu'un beau trait vient saisir, Laisse couler des pleurs enfants de son plaisir.
Mais Dufresne s'imaginait faire une grâce à un auteur en lui prêtant l'appui de son talent; il posait ses conditions,