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On dit que le différend entre M. Ch. et les Evêques, est une matière de pure opinion. On ne peut donc me blimer si je parle et si je pense autrement, car les opinions sont libres. Mais ce qui aux yeux des autres est matière d'opinion, ne l’est pas pour moi; car je suis persuadé que ces questions intéressent la Religion et la blessent. Je dois done m'opposer à ces principes, parcequ'ils ne sont nullement indifférents pour moi comme pour plusieurs autres, et que je me crois obligé en conscience à les combattre selon mon pouvoir. Quand les supérieurs ecclésiastiques auront décidé que j'ai tort, et que je ne combats que la vérité ou des opinions libres, je me sou mettrai.
Il est fâcheux. dit-on, que dans une Communauté, un membre se déclare hautement contre son Supérieur et tous ses confrères. Oui, à moins que des raisons de conscience et de religion ne l’excusent et ne le justifient. Je ne me suis fait Sulpicien que pour appartenir d&vantage à Dieu et à la Religion ; et je n’ai jamais prétendu être exempt dans cette maison, de la soumission que tout chrétien et tout Prêtre doit aux premiers Pasteurs.
En agissant ainsi, vous désapprouvez et vous condamnez les sentiments et la conduite de votre Communauté.
Oui, remarquez toutefois que c’est dans des choses qui concernent non le Gouvernement de ma Communauté, mais celui de l'Eglise, qui est au-dessus de ma Commu nauté Au reste, je n'ai fait connaître d’abord mes sentiments qu'à mesconfrères eux-mêmes. Si ce que j'ai dit ou écrit est connu au dehors, ce sont mes confrères qui l'ont manifesté.
N'est-ce pas une présomption blâmable, de prétendre penser mieux que tout le corps dont on est membre ?—- Oui, quand on n’a pas lieu de croire qu'on est uni de sentiments à un corps beaucoup plus æonsidérable. La
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seule Communauté qui jouisse du privilége de l'infaillibilité, est celle de l'Eglise ; tout autre est faillible. D’ailleurs, je ne m'éloïgne du sentiment de mes confrères, que pour m'unir à la partie la plus respectable du Clergé.
On trouve que je ne ménage pas assez le Séminaire. Je crois le ménager autant que le bien de ma cause le permet ; et plus que M. Ch. ménage les Evêques; et cependant on trouve son premier écrit très-modéré. Il y a d’ailleurs des circonstances où l’on est forcé de dire des choses désagréables qu’on ne dit qu'avec peine et qu'on ne dirait pas sans cela.
Enfin, pour me justifier du reproche que quelqu'un m'a fait de trahir le Séminaire en me joignant au parti des Evêques, et combattant les maisons de mes confrères, je pourrais citer ces paroles de St. Ambroise, Lib. 3, officiorum, Chap. 15.
“ Et scriptura quidem ait : clava et gladius, et sagitta “ ferrata : sic homo est testimonium dans falsum adver- ‘ sus amicum suum. Sed considera quid astruat. Non “ testimonium reprohendit dictum in amicum : sed fal- “ sum testimonium. Quidenim si Dei causâ, quid si pa- “ triæ, cogatur aliquis dicere testimonium ? Numquid “ præponderare debet amicitia religioni, præponderare “ caritati vitium ?’” (Ex Sect. VI, Dom. V, Sept. in Breviar Rom.) Or, c'est pour Dieu et sa Religion ; c'est aussi pour le bien de mon pays, que je me suis opposé au Séminaire. Si cela est faux qu’on en donne la preuve.
(Pigné,) J. B. Cu. BépaRp, Ptre.