‹ La Comédie infernale [microforme] (volume 3)Chapitre 8 sur 34 · V: QUESTION · texte numérisé non relu

V: QUESTION

Est-il plus convenable que Mgr. de Telmesse laisse la ville de Montréal, pour fixer sa demeure dans une Pa; roisse de Campagne ?

Mon, car la ville est le chef-lieu du District qu'il doi gouverner, Elle en est comme le centre d’où il est plus facile de communiquer avec les différentes parties de ce District, de les surveiller, et de les bien conduire. Il cor vient qu'un Evêque Grand Vicaire soit dans la princi pale ville du Territoire qui lui est confié, et où il exerce su jurisdiction, comme un Evêque Diocésain réside dans la Cathédrale le son Diocèse, et le Pape à Rome, On peu dire encore que dans les villes, un Evêque à à régler plus d'affaires et de plus importantes qu'ailleurs ; que les cé. rémonies Episcopales s'y font avec plus de décence, « sont plus utiles: qu'enfin un Évêque peut y prêcher jilus convenablement, et avec plus de profit pour la Religion Une autre raison qui est personnelle, c'est que Mgr. de Teimesse est né eta vécu à Montréal, et qu'il y veut faire son séjour, Mais quelques soient ces raisons, per. sonne ne peut légitimenent s'opposer à la résidence qui est résolu d'y fixer.

En effet, chacun a droit de continuer à demeurer dans sa patrie, et dans le lieu de son domicile. Il a done droi de n’en être pas empêché par des moyens non légitime: et il ne convient à personne de lui dire: ‘# Vous nous «léplaisez ici, allez demeurer dans une autre Paroisse.” On ne peut non plus lui rendre son séjour désagréable, et le molester, our le forcer à changer de domicile. Après] peine de mort et l'emprisonnement perpétuel, l'exil est une des plus grandes peines que la justice humaine puisse infliger. Qu'on juge pur à de la conduite de ceux qu ont cherché à éloigner le Prélat, en le contrariant, en lui faisant eitendre qu'il était vû ici de mauvais œil, qu'il ne devait y attendre que des chagrins; enfin en traver. sant le dessein quil avait de faire construire une Eglise et une maison auprès de la ville. Car on n'avait nulle rat son légitime de le traiter ainsi.

Mais supposons qu'on eût réussi à lui faire abando, ner cette ville; la Paroisse où il se scrait retiré, pouvait employer des moyens semblables pour le forcer à 8e retirer

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soit bien coupable, et qu'on en ait l'autorité 2?

“Qu'il se retire, disuit-on, dans une Paroisse de Cam. “pagne; nous n'avons pas besoin de lui en ville: etilne “fait que nous embarrusser: les choses allaient mieux “sans lui.” Est-ce ainsi que des prêtres venus d'un autre pays, traitent en Canada un Evêque canadien, et ci-devant leur confrère ? Qu'on suppose que duns un diocèse de France, des prêtres venus d'un autre pays, disent et fassent la même chose pour un évêque Français, dans des circonstances à jeu prés semblables à celles où nous SOITICS let.

Qu eu penseraiton et qu'en arriver:itii ?

àltus quoi, Gira-t-on nv ü-t-1l pas des Prêtres Canudiens de là même Maison, qui pensent et parlent de la méme manière ? Oui, il ven à plüsiours, ot j'en suis pénétré de douleur. Mais on doit savoir qu'ils sont inswuits ei dirigés par les Prêtres Français, qui sont à la tête des affaires, qui conduiseut tout, et qu répondront de tout. T[len faut dire autant d'une partie des Prêtres de Campagne et de coux de nos Paroissiens, qui ont

ao pté les mêmes sentiments et le même langage.

Mais que dire des Marguilliers de cette Paroisse qui ont rosusé :6 Trône Episcopal à Mer. de Telmesse, et ont

agi contre lui avec tant ic riguvur ?

L'opinion commune est qu'ils ont été conseillés, où au moins fortiités dans

wur révolution, par le Séminaire. Ce qu'il y à de cer-

in, c'est que le Séminaire n'a joint réclamé, ni ai von:ro ce qu'isont fuit ; qu'il leur à été plus uni acpuis

ee temps, qu'il leur à témoigné de la reconnaissance,

parce qu'ils assüuruient qu'en cela ils soutenaient ses droits ; et que pour ne pas leur déplaire il a refusé de lire annoncer au Trône, une Quête où souscription pour l'Eglise de St. Jacques, quoique l'Evêque de Québec et

celui de ‘Telmesse le demuandassent.

désirassent et le l’est ainsi que les Prêtres Français de ce Séminaire se

trouveront entièrement où en grande partie, responsables de ceque Fona fait dans ce District, contre les deux Evéques en question, et en porteront l'odieux.

Jusqu'ici j'ai taché de répondre aux cinq principales propositions, par lesquelles on veut prouver que le Bref du Souverain Pontife en faveur de Mer. de Telmesse, ne doit point étre reçu dans ce District, et qu'il n'y a aucune force non plus que le Mandenient de Mgr. de Québec publié à ce sujet. Je vais maintenant répondre aux principales objections : et Jj'établirai ensuite quelques Maximes qui me paraissent propres à décider les ques: tions qui nous occupent.

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