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Qu'il y a loin de cette conduite du Séminaire de Paris avee celle de M. Tronson, qui force M. Coudère d'abandonner sa cure, plutôt que d'y travailler contre les ordres et la volonté de l'Evêque (Ttem tome 2 page 385.)
« Or, cependant le curé, remarque M. Trouson, travaillait «avec une grande bénédiction, mais continue-t-il, telle est la «règle de l'Eglise, et c’est la règle toujours suivie par les suc- «cesseurs de M. Ollier. »
Si cette règle a toujours été suivie en France, on est forcé de dire ici qu'elle est loin d’avoir été suivie en Canada.
De là vient que le Séminaire de Montréal n’a plus la moindre influence dans la ville : toute son influence actuelle est une influence d’argent, comme Seigneur temporel.
Les idées, les manières et les usages du Séminaire sont si peu en harmonie avec les idées et les coutumes du pays, que le Séunnaire avec ses allures bizarres, est un sujet de railleries et de pitié pour toute la ville ct tout le clergé.
On estime les vertus privées des membres du Séminaire, mais on blâme, on méprise la corporation du Séminaire qui passe dans le pays comme le type de la gaucherie, de l’apathie, des idées étroites ct de l’immobilité dans un temps et dans une ville où tout est activité, et les besoins immenses.
Le Séminaire est débordé de toutes parts, et pourtant il se croit capable de tout, ct voudrait tout faire et tout faire seul.
L'Evêque, les Jésuites, les Oblats, les institutions de charité, tout l’offusque.
Le bien qui se fait en dehors de son action, lui déplait, loin qu’il s’en réjouisse comme il le devrait, il regarde ce qui se fait par d’autres que par lui, comme autant d'empiètements sur ses droits de Curé.
Combien d’âmes sont allées au ciel malgré lui, y conduites par St. Jacques, par les Oblats, les Jésuites, les institutions épiscopales, etc.
Ce n’est pas là le « Dum omni modo ..….….Christus annuncietur et in hoc gaudeo sed et gaudebo » de St. Paul.
Chose remarquable, les évêques du pays, tout le clergé du Canada, les citoyens les plus distingués par la religion et leur posi-
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tion sociale, gémissent du mal immense que le Séminaire par sa conduite et sans s’en douter eause à la religion, tandis que Îles protestants et les catholiques indifférents n’en disent ni bien ni mal, et ne s’en occupent pas plus que s’il n'existait pas.
Ainsi les bons se plaignent et souffrent, et les méchants s’accomodent à merveille de la manière d'être du Séminaire.
Voilà un fait incontestable, on ne le détruira pas en disant qu'il n’a pas été présenté sous un vrai jour.
gi le Séminaire continue dans la même ligne de conduite il finira par donner raison au Solitaire qui, lors du voyage de Mer. en Europe, aurait bien désiré de faire sa biographie.
Mais le bon évêque, qui ne voulait pas compromettre le Kéminaire, s'y opposa de toutes ses forces, et il défendit aux prêtres qui l'accompagnaient de lui rien dire sur Montréal. Luitiendra-t-on compte de cette discrétion charitable? Probablement comme le reste. Que doit donc faire le Séminaire pour réparer le passé, se relever dans l'avenir, et abonder dans le sens du pays? Le voici en trois mots.