FAILLON
Montréal, 2 Juin 1850,
No. 3.
Réponse à la lettre de M. Fuillon sur les notes du 2 Juin 1850
SAULT ST. Louis, 17 AouT 1850.
Monsieur,
Dans la courte réponse que je fis à votre lettre du 2 Juin dernier, je vous annonçai, que je vous écrirais plus tard au long, parce que je n’en avais pas le temps, étant en préparation de première communion,
Une seule ligne de votre lettre, dans laquelle il n’y pas l'ombre d'aveu, va motiver ce que j'ai à vous dire aujourd’hui, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut ou la perte des intéressés d’un côté ou d'un autre.
Si vous trouvez de la rudesse dans ma franchise, ce que. je ne désavoue pas, avouez que cette rudesse pâlit devant la hardiesse de votre énoncé : Que les fuits ne vous ont pas été présentés dans leur vrai jour. Quoi! monsieur, des faits qui sont clairs comme Je jour, des faits qui se sont paseés sous mes yeux, qui ont scandalisé le clergé et le peuple, de parcils faits peuvent-ils avoir un bon jour ? Vous étiez à mille licues de la seène, et rendu ici,
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vous n'avez pas voulu regarder les deux côtés de la médaille, vous n'avez consulté que les intéressés, et vous jugez que nous qui sommes sur les lieux avons été trompés, que nous sommes par conséquent des sourds et des aveugles,
Oh ! c’est un peu fort ! Que dirait-on d’un juge qui ne voudrait entendre que des témoins à charge, et qui récuserait tout témoin à décharge ?
Comment qualifierait-on son jugement ?
C'est pourtant la position où se mettent ceux qui veulent décider entre l'Evêque et le Séminaire après n'avoir entendu qu'une partie. I] me semble qu'avant de prononcer dans cette ma. tière, il faut la prendre «b ovo, et lire le mémoire de M. Bédard dont vous avez une copie dans vos archives, si elle n’a pas été supprimée. On m'assure qu'à Paris, comme à Montréal on s’obstine à ne pas lire ce mémoire, si fort de logique et de vérité.
Alors il n’y a plus rien à dire, si l’on ferme les yeux pour ne pas voir la lumière, et la postérité croira à peine à un pareil état de choses.
Il n’y a donc pas grand espoir, de faire changer les opinions. Cependant je tiens à répondre par des faits clairs à l'énoncé de votre lettre, au moins pour ceux qui viendront après nous,
Ici, monsieur, il est clair comme le jour et reconnu par le clergé et les laïes, que depuis le commencement jusqu'à maintenant la y eu opposition systématique du Séminaire à l'Episcopat de Montréal.
Quiconque a mal parlé des Evôêques, a toujours été en haute faveur au Séminaire, et au contraire quiconque s'est prononcé pour l’Episcopat a été honni, chassé ou forcé de s'en aller.
Les faits sont nombreux et patents. En 1842 ou 43, M. de Charbonnel, ayant différé d'opinion avec l'Evêque, parce que celui-ci, de lui-même avait réuni à la Cathédrale tous les enfants des Ecoles, pour les consacrer à la Ste. Vierge, ce dont le Sémipaire était fort mécontent (quel crime aussi !) on le sut aussitôt au Séminaire de Paris, et de suite arriva une lettre de M. Carrière, maintenant Supérieur Général, louant extrêmement M. de Charbonnel ct l'exhortant fort à maintenir toujours les droits du Séminaire, contre les empiètements de l'Evêque.
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Jugement prématuré ct uniquement appuyé sur des prejugés son-fondés.
Alors les :IM. de la maison, accablent M. de Charbonnel d'éloges et de gracieuscetés, croyant l'avoir gagné à leur parti.
Mais il vit le piége et reconnut son crreur.
De ce moment, Paris et Montréal ehangèrent à son égard et l'abreuvèrent d'amertumes, au delà de ce qui se peut dire en peu de mots.
J'en ai été en partie témoin.
Un autre fait entre mille: Ki M. Pinsonnault eut voulu sacrifier sa conscience, il serait aujourd'hui une puissance dans la maison, et son voyage lui eut été payé jusqu'au dernier sol.
Personne n'ignore que ce voyage fut ordonné par les médeæins, après consultation de la part du Séminaire, comme nécesgaire au rétablissement de ce monsieur qui avait gagné cette maladie en travaillant pour le Séminaire, etque M. de Courson fut bien étonné d'apprendre qu'il voyageait à ses propres frais.
Cependant maluré la promesse de M. deCourson, d'écrire À M. Billaudèle pour le faire rembourser, il n’en a rien été fait, quoique M. Billaudèle eut dit d'avance à M. Pinsonnault et à son frère qu'il le rembourserait par la suite.
Mais quand viendra cette /a suite ? On aurait voulu acheter M. Pinsonnault, mais il n'a pas voulu se vendre. Il a micux aimé tout quitter, et la maison a perdu là encore un prêtre de talents rares qui lui aurait fait le plus grand honneur. Ce M. aurait bien la justice légale pour lui, mais je pense qu'il n'y fera pas appel, il ménagera l'honneur du Kéminaire qui ne l’a pas menagé, mais qui en rendra compte un jon: à quide droit.
Ce n'est pourtant pas pour une pareille misère qu'il a quitté St. Sulpice, mais bien comme je le lui ai entendu dire, parce que non-seulement le Séminaire ne veut reconnaître ses vieux pêchés, mais encore parce qu'il est aussi opposé à l'Evêque que jamais.
Si sa conduite extérieure est un peu modifiée en mieux, cela tient uniquement à ce que l'opinion publique est en faveur de l'Evêque quise trouve À présent le plus fort, tandis que le Kémiuuire devient plus faible de jour en jour.
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Comment expliquer cette conduite, si on la compare à celle tenue envers M. Quiblier, a qui on a fourni des sommes considérables pour faire des voyages d'agrément afin de dissiper ses chagrins ?
Sur quoi fondé, lui envoie-t-on encore tous les ans plusieurs centaines de louis, après qu'il a refusé de rester dans les Seminaires de France, et qu'il a mieux aimé accepter un bénéfice avec charge d'âmes en Angleterre, bénéfice incompatible avec le nom de Sulpicien.
On affecte done de récompenser les ennemis de l'Evêque tandis que l’on répudie ses amis.
Encore un autre fait, qui ne peut être présenté sous deux faces. Si M. Musard n'eut pas été dévoué à l'Evêque, aurait-on songé à le renvoyer en Europe ? On lui refuse d'aller se rétablir à la campagne, ct lorsque le médecin a décid£ qu'il n’est pas capable de supporter le voyage, qu'il mourra certainement dans la traversée, on est si pressé de s’en débarrasser, qu'on ne craint pas de lui dire: « Mon cher, il vaut mieux mourir de cette muanière, que d'aller contre les usages de la maison.
Voilà donc les usases de la maison aux taux des préceptes de l'Evangile! C'est un peu fort.
Ces paroles dans la bouche d'un Supérieur ont une portée qui n'a pas eté calculée.
A l'Evêché on n'a pas été si sévère ; on lui a conseillé de vivre, plutôt que d'aller mourir par ordre et avant le temps, pour devenir la pâture des poissons. Et bien, aujourd'hui M, Musard s'est rétabli parfaitement à la Tortue, il a pu tout récemment en l'absence du Curé chanter la messe et prêcher sans être fatigué,
Que de faits analogues à ceux-ci depuis trente ans,
On s'est plaint fortement de la rigueur de Mur. de Montréal dans ses transactions avec le Séminaire ; et mais, ne faut-il pas sévir lorsqu'on a des enfants indociles et désobéissants ?
Quel est l'Evêque qui dans de pareilles circonstances, n'eut agi plus rigoureusement que ne l'a fait l’Evêque actuel de Montréal qui est tout douceur et suavité ?
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On lui reproche de s'être laissé mener,
Mais lorsque ce St. homme, affirme comme il l'a fait, qu'il ne s’est laissé influencer ni conduire par qui que ce soit, dans les mesures dont il a cru user contre le Séminaire, mais qu'il a agi seul avec Dieu et sa conscience, on doit le croire, ou on ne croira plus personne. |
Aujourd'hui des membres du Séminaire disent à des laïcs (sans doute pour se faire des partisans) que Mer. prétend avoir la moitié des revenus du Séminaire. Lorsqu'on n'a pas la vérité pour soi, on se défend aux dépens de la vérité.
Ceux qui disent cela savent très-bien queMgr. n’a jamais pensé a demander la moindre partie des biens du Séminaire, dont cependant le premier devoir serait de doter l'Evêché qui travaille avec un si grand succès dans cette immense paroisse de Montréal, et qui a sauvé tant d'âmes qui seraient perdnes pour toujours.
Si Mgr. de Montréal eut voulu se plaindre à Rome, il en eut obtenu tout ce qu'il eut voulu, paree qu'alors, on y était, et depuis lonstemps, au courant de l'opposition systématique du Séminaire vis-à-vis de l’Evêché de Montréal, pour lequel il avait une affection toute singulière, qu'il a témoigné publiquement en diverses circonstances, D'ailleurs la conduite de M. Quiblier, à cette époque, dans la capitale du monde, aurait suffi pour faire faire perdre tout erédit au Séminaire, (1) Mais le bon Evêque se borna à demanuer ce qui était indispensable au bien de son Eglise, et ne voulut ni contrister ni hbumilier le Séminaire, quoiqu'il eut été bien coupable envers lui.
Quant aux manques d'égards, prévénances, réparation du passé, ete., il a abandonné tout à Dieu et à la conscience de chacun,
Quelle belle occasion cependant de se venuer s'il eut été tel qu'on veut le faire passer ?
A sa place en cut-on agi ainsi envers lui ? Oh ! le Séminaire s’est montré bien petit à côté de l'Evêque.
Un jour il cémira de l'avoir ainsi contrarié, car Dieu prendra en main l'œuvre de son serviteur.
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M. Bédard n'a-t-il pas prédit dans son mémoire la désolation de la Maison de Montréal, si elle ne revenait à l'Evêque toto corde,
Et comment expliquer autrement que comme un commencement de désolation, la désertion de la maison des meilleurs sujets canadiens et français qui my peuvent tenir ?
Depuis un nombre d'années limitées, nous comptons une douzaine de prêtres qui ont quitté St. Sulpice d‘ Montréal, parce qu'ils sympathisent avec l'Evêque.
Le grand nombre de ceux qui sont sortis sont des hommes au dessus du commun, on en fait des Evêques, des Grands-Vicaires, des Supérieurs de Collége, des Chanoïnes titulaires ete. Autant de perdu pour $t. Sulpice, Ils s'accordent à dire qu'ils n’ont pas voulu être plus longtemps solidaires de cet esprit entaché de gallicanisme, protestant ce que M. Ollier lui-même a protesté, et se rangeant à l'obéissance aux Prélats, qui sont les premiers supérieurs du séminaire selon le même M. Ollier, Vide infra,
H'est done vrat, que dès le commencement $t. Sulpice a été opposé à Nt. Jacques, fondé par le St. Kiège, il ne lui à jamais fait que du mal et ne la jamais aidé lors même que l'évêché faisait sa besogne, à son acquit devant Dieu, comme dans le typhus et le choléra.
Dans cette année tristement mémorable du typhus, l'Evêque faisait venir @d turnum, tous les curés des paroisses, pour avec Jui administrer les malades irlandais abandonnés par le Séminaire,
TH les nourrissait et leur fournissait le linge, et même les soutanes de rechange (j'en ai vu moi-même aux sheds, affublés de
soutanes épiscopales), À la fin de cette année on se trouvait
presque sans linge à l'Evêché, il fallut en acheter à crédit. Tout cela se passa sous les yeux du Séminaire, qui ne donna pas un sol à l'Evêque. Voilà ce qui acheva d'éloigner tous les curés de votre maison.
En résumé l'Evêque fait l'ouvrage du Séminaire-('uré, et le Séminaire qui ryo:1e de richesses, ne donne rien à l'Evêché qui est toujours aux exp ‘dicnts pour vivre, n'ayant pou” tous revenus
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fixes que les bancs de la cathédrale, qu’il est obligé d'entretenir
de tout.
Nous qui voyons les choses de nos yeux et non par les yeux des autres, nous trouvons que ça été une providence toute spéciale d'avoir eu un évêque à l’époque où on l'a donné,
M. Roux déclinait et devenait incapable ‘le souverner, Qu'aurait fait la ville et le diocèse entre les mains de M Quiblier, qui, au sentiment de tous les Sulpiciens de Montréal, était incapable de gouverner la maison ?
S'il y a encore de la foi à Montréal, à qui le doit-on, si ce n’est à l'Evêque, qui, snalgré le Séminaire a rempli la ville d'établissements religieux de confréries, de sociétés chamtables, de tempérance et de charité etc ?
Depuis combien de temps ce St. Evêque, dé.olé de l'ignorance du peuple demande-til des offices dominicaux, dans les différents quartiers de la ville, afin d’extirper cette ignorance, suite fatale du système de centralisation dé toute la population de la ville, dans cette grande Eglise qui fut bâtie en opposition à St. Jacques, bénite clandestinement à huit-clos, et cut l'effet de propager l'ignorance dans la ville et la banliene !
Combien lui a til fallu souffrir d'avanies, avant de se décider à agir par lui-même pour obéir à sa conscience ! Est-ce l'esprit de M. Ollier qui pousse St. Sulpice à lui reprocher d’avoir mis en ville les Jésuites et les Oblats pour faire ce que ne veut pas faire le Séminaire !
Le péché de St, Sulpice est done de ne s'être jamais comme corps, acclimaté en Canada, il ext toujours resté systématiquement français, au lieu de chercher à se cunadianiser, comme il l'eût dû faire dans le principe.
Tonjours et en tout cette politique transatlantique ; rien de bon que ec qui est français ; ce qui est Canadien est digne de pitié.
Les corps religieux ont une politique contraire, ils se font Canadiens avec les Canadiens, Américains avec les Américains, Chinois même avec les Chinois, ete. Ils se font tout à tous, ils se æroient obligés de respecter partout l'autorité locale déporitaire
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du pouvoir, et de se conduire par elle, sans cela il n°y a pas devrai catholicisme. Lorsqu'il s'agit d'abonder dans le seus de l'Evêque, on s'intrigue à chercher des épouvantails dans la belle loi Quiblier. On cousulte les avocats pour trouver l'Evêque en défaut, mais la loi éternelle, la loi naturelle, la loi ecclésiastique, Ja loi de la conscience, on sait éluder toutes ces lois au besoin par toutes sortes de moyens. V.G. N'est-il pas stipulé dans la loi, Quiblier, que St. Sulpice de Montréal sera indépendant de St, Sulpice de Paris, in spiritualibus et in temporalibus ?
Et cependant n'a-t-on pas reçu dans le Séminaire de Montréal, comme envoyé du Supérieur Général, M. Faillon, qui a agi avec autorité contre cette loi ?
N'a-ton pas à la moindre Giffeulté, recours au Séminaire de Paris, contre cette même loi ?
Elie n'oblige done pas, quand on ne veut pas, sous peine de péché. Et qui a payé les dépenses de ce voyage couteux ? Cette loi dont on s'étaye pour ne rien donner à l'Evêque qui est canadien, devient donc une lettre morte, lorsque d'autres intérêts le demandent.
On sait donc l'interpréter pour soi, mais jamais en faveur de l'Evêque, qui lui, est exclus de tout bénéfice.
On s'est plaint que Mer. tendait À éclipser les Sulpiciens, on ne veut donc pas de l'Utincm omnes prophetent ?
On sait cependant qu'un sentiment aussi bas ne peut jamais trouver entrée dans le cœur de Mur, Bourget.
Que l’on regarde ses précédents.
D'ailleurs l'Evêque n'est-il pas le premier partout ?
N'est-ce pas sous ses ailes que les prêtres doivent se tenir pour demeurer dans la bonne voie ? N'est-il pas le tronc auquel doivent tenir les branches pour produire le fruit ?
Et ne devrait-on pas être fier d'être éclipsé par son ivêque ?
I] est certain, et aucun de la maison ne le peut nier sans aller contre sa conscience, que le Séminaire de Montréal a fait tout ce qu'il a pu pour empêcher, retarder ct gêner l'établissement de l’Evêque de Montréal,
En supposant qu'il y aurait eu d'abord quelques irrégularités.
dans ce mode, qui étäit nouveau ici, mais qui ne l'était pas ailleurs, elles auraient dû disparaître lorsque cet Kvêque est do- “enu titré et l'Ordinaire du diocèse.
Mais au contraire, le Séminaire a continué à lui faire opposition, comme pur le passé.
Il voulait que le Giuuvernement [qui est protestant] intervint dans ce changement, parceque cela se pratiquait en France, où le roi € ait catholique.
Mais n’était-ce pas là une servitude gallicane, dont nous devons tous être fiers d'être délivrés par l'énergie de nos Evêques ? N'était-ce pas là vouloir être plus catholiques que le Pape, et plus loyaux que le Roi, puisque l’un avait ordonné et l'autre approuvé ce nouvel état de choses.
Trop et rit -ont quelquefois synonymes.
Ilest dit : Ex fructibus eorum cognoscetis eos.
Que l'on compte les grandes œuvres de Mgr. Bourget.
Elle surpassent les années de son épiscopat ; et cependant il <st pauvre conne Job.
Mais sa confiance est en la Providence, c'est l'homine de Dieu à qui Dieu ne refuse rien.
Des Evêques étrangers, des voyageurs distingués ont demandé pourquoi avec tant de revenus, le Séminaire faisait aussi peu d'œuvres, tandis que l'Evêque en faisait tant avec rien.
Je reviens maintenant à l'œuvre de M, Quiblier, à Ja loi ‘Quiblier que l'on a tant vantée.
J'y connais peu de choses, mais voici comme elle a été appréciée par le juge Vallières de St. Réal, le premier jurisconsulte du pass : Je ne comprends pas la conduite du Séminaire dans « cette affaire, c’est à pure perté qu'il a sacrilié une partie de ses « biens pour conserver l'autre, car jamais le gouvernement n'aua rait osé y porter une main spoliatrice.
« Même dans les concessions immenses faites par le Séminaire, « le gouvernement aurait fait tout ce qu'il a fait et reconnu pu-
« rement et simplement les droits de la maison. De plus, le Sé- « minaire n'avait pas le droit d'abandonner au Gouvernement ce «qu'ila abandonné ; les familles des premiers donateurs peu-
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« vent donc réclamer contre cette aliénation puisque leurs inten- «tions ont été violées.
« D'ailleurs le Séminaire, comme Séminaire, n’est pas proprié- «taire, mais seulement économe et dispensateur de ces biens, « d’après les fins voulues et connues des premiers donateurs.
Voilà cette fameuse affaire que l'on prétend faire tant d'honneur à l'adresse et à la politique de M. Quiblier. 11 est donc au moins douteux si la mai:on doit lui en savoir gré.
« Ainsi l'ordonnance 1837, ayant sacrifié une partie de ces « biens, les héritiers des dits donateurs ont droit de l’attaquer »
Maintenant je demanderai comment concilier l'opposition constante du Séminaire et son mauvais vouloir vis-à-vis de l'Evêché tels que plusieurs n’y ont jaruais mis le pied, avec ces paroles du fondateur de St. Sulpice que je trouve dans sa vie écrite par un Sulpicien ?
« Le vrai et unique supérieur du Séminaire est Mgr. L'Evéque (tome 2, page 354.)
« Le Séminaire de St. Sulpice est né pour servir les Evêques « (item page 334). Les sujets de la maison n'ont point de vie ni « de conduite, que dans l'obéissance de Messers, les Prélats. Il n'y «a de bénédiction à espérer pour eux que daus l'union de leur « charité ; et si je savais qu'il dut jamais sortir de St. Sulpice, » quelque sujet qui choguât les ordres de nos Seigneurs les Pré. lats, ou appuyât le violement de leur respect, je demanderais que « la maison fut détruite et devint un objet d'anathème à la face « da l'univers, et s'il y avait quelque chose au-delà de l’anathème « et de l’exécration,j'en userais pour «déteste ed condumner une si «indigne conduite. » Dieu veuille que cet anathème, cette exécra. tion ne tombe pas sur les MM. du Séminaire de Montréal! Pourtant le clergé et le peuple sont là pour prouver que depuis trente ans, le Séminaire a choqué les ordres de nos SS, les Evêques, violé lui-même et appuyé le violement de leur respect.
M. Ollier manque d'expressions assez énergiques pour détester et condamner une si indigne conduite, le Séminaire de Paris soutient celui de Montréal contre l'Evêque, et ne trouve pas une parole de blâme pour une si indigne conduite.