‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 104 sur 181 · NOMBREUSES VOIX · texte numérisé non relu

NOMBREUSES VOIX

Très-bien ! Très-bien !

Baar, dissimulant la joie secrète que lui cause cette presque unanimité des démons à appuyer Sabathan.

Allons ! Je ne suis pas monté à côtte tribune pour alimenter {es mécontentements et, puisque ma parole appelle des affirmations injurieuses aur le compte de notre très noble seigneur et maître absolu, je passe à un sujet moins acrimonieux.

Tous.

Très-bien !

BAAL

Il faut pourtant que je confesse que je crois vos dfecuiragements hâtiis.

Vous désespérez du libéralisme, et vous entrevoyez le retour prochain de l'Europe aux idées orthodoxes. |

Vous vous méprenez gravement, je pense,sur la situation réelle des sociétés.

Carreau l’a dit avec une vérité profonde : Nous sommes à une époque de transition. Nous assistons au spectacle d'un monde qui se transforme.

Depuis 89, vous travaillez à créer une société nouvelle. Vous avez déjà réussi à un beau dégré. Si le monde offre en ce moment l’image de la mort, c’est que le dernier combat se livre entre le monde chrétien agonisant et le monde libéral naissant.

l'rès-bien ! Baaïr.

Le libéralisme n'a encore rien créé, rien fuit de rema quable, dites-vous ? Mais le pouvait-il avant d'avoir

d'abord vaincu l'Eglise ? Avant d'élever, il lui fallait conquérir |

Laissez le libéralisme effacèr les dernières traces de l’idée chrétienne ; donnez-lui le temps de déblayer le terrain des idées et des principes de tout ce qu’il porte encore de catholique, et vous verrez alors des miracles inespérés de’ restaurations sociales !

BELPRÉGOR.

Il y a des siécles que nous attendons, et rien ne vient. SABATHAN.

Combien de fois avons-nous ‘’&noncé l’arrêt de mort du catholicisme; cependant, il vit encore.

JUNIER.

À la mort Ge Pie VIT, n'avons-nous pas chanté le Zibera de la Papauté?

BénéMmorTu.

L'Eglise a traversé vingt situations plus difficile que

celle d'aujourd'hui.

Kakos.

L'expérience nous à appris qu’alors même que l'Eglise est le plus en souffrance, Dieu intervient et la sauve |

PRESQUE TOUS, L'Eglise finit toujours par triompher !

Baar, hypocritement.

Il est inutile, je le vois, d'entreprendre, pour le moment, de remonter vos courages affaiblis et d’apaiser vos esprits

excités....….

PRESQUE TOUS

Qui! Oui! Inutile! Inutiie !

et

LA COMÉDIE INFERNALE. 445 l Jui fallait

es traces de BAAï.

layer le terporte encore les inespérés

S'il en est ainsi, bien que dans un esprit différent, c'està-dire, sans aucune pensée de révolte, je vous dirai avec Carreau: Allez, et tentez un nouvel effort.

Munissez-vous encore une fois des conseils si sages de notre auguste souverain. Mettant votre bonne volonté à contribution, reprenez la lutte avec un nouveau courage, en ne vient. et vous verrez le succès couronner vos nobles et généreux efforts.

BéLtaL.

t de mort du

Et 8i nous sommes vaincus ?

BaAAL,

anté lo libera 4 Je suis tellement sûr que vous serez vainqueurs, que je

m'engage solennellement à prendre fait et cause pour la révolution infernale, si, après avoir lutté courageusement, vous veniez à être vaincu.

difficile quo

Tous.

Bravo! Bravo!

Baaz..

que l'Eglise à sauve | C’est vous dire combien je compte sur votre plein et

entier succès; car, vous le savez tous, personne n'est moins révolutionnaire que moi.

BAREr.. bus.

Oh ! le vieil hypoerite !

ar le moment, 7 vos esprits

Baaï.

Eh bien ! que dites-vous de ma proposition ?

PLustEtRrs voix.

Nous l’acceptons.

BAAL

Ce n'est pas unanime, voyons, soyez de bon compte. Que perdez-vous à faire une dernière tentative? Après quelques mois de luttes acharnées, ne serez-vous pus plus en état de juger de la situation ? En supposant même que vous persevériez duns vos projets révolutionnaires, ne serez-vous pas plus en mesure de tenter un coup de main que vous pouvez l'être présentement ?

PLUSIEURS VOIX

C'est vrai !

C'est vrai !

JAAL.

Ainsi, c'est entendu . Un nouvel effort va ftre tenté ?

Tous.

Bar.

Merci, illustres princes. Vous comblez mes vœux. Dès ce moment je vois s'opérer la pacification des esprits. Je sais qu'un triomphe complet vous attend, je vous vois revenir plus glorieux,plus confiants que jamais. J'entends déjà le concert de louanges que vous élèverez à la goire de notre illustre monarque; j'entends vos chants d’ullépresse, VOS ut limations e ithousiastes lorsque, content de vous retrouver filèles et plus dévoués que jamais, Lucifer

célébrera vos triomphes ec louera votre zèle

Pour moi, vieil invaiide, je trouverai dans mon bonheur

la force de chanter une hvmi : ‘ue de grâce éter

nelles !

(Il descend et re oit les f tations Te uv inre de princes. Comme il prend son siège, Babel Iui ci 4 Lu as très-bien j ué ton

role,” et Baal répond : ‘* N'est-ce pas, h l'ami!!!)

n compte. SCENE XX.

ve? Après

us pus plus Les précédents.

même que

na ÉoSs ne LUCIFER, sur un ton de fausse assurance.

ip de main Princes, Je ne devrais ouvrir la bouche en ce moment que

pour infliger à l’insubordination et à la révolte un châti-

ment mérité.

(Rire sardonique sur plusicurs bancs } LUCIFER,

Je n’en ferai rien. Je pardonne à un moment d’oubli bien compréhensible, lorsqu'on songe au temps que nous 2: traversons. e re tenté ?

Deux vorx.

Bravo !

LUCIFER, s’enbhardissant.

vœux. Dès On vous à donné un conseil. On vous à proposé un esprits. Je suprême effort. Rien n'est plus sage. Un grand succès e vous vois vous attend...

. entenls Le.

A à la gioire hants d’ullé- Et si le succès manque ?

, content de

ais, Lucifer À ’ LUCIFER.

I] ne manquera pas.

non bonheur e grâce éter- | BABEr.

| Espérons-le. Mais enfin, il peut manquer, et alors ? uvre de princes. |

ès-bien j u6 ton

LEE ù

RE pres

LUCIFER

Ce n'est pas le temps de répondre à une pareille ques tion.

Ba8er.

Elle est toute résolue.

| LuctFERr.

, (Cet Je n'ai rien résolu, L 2 BABEr.. | : ’ nn , 4 Nous l'avons fait pour toi. :

LUCIFER, ironiquenent. | a . , ; ‘ : r Je suis touché de cette marque d'attention, de ......… r' à" BABEL.

Notre décision n'est pas en tu faveur. D Je LucireR, visiblement froissé justif Si . ET M:

Princes, vous mêtes témoin que, venant prononcer ul ; . Le , Ê . 10171 parole de paix et de conciliation, Babel 8e fait un plaisi | É À | bon 3 ÿ malin de me provoquer .......Je ne voulais rien dire « vos projets de révolte ..…... .J'espérais que le temps et la réflexion vous amèneraient insensiblement à prendre une résolution plus sage...

| | Plu AAL, hypocritement. :

| | 16 Très-bien PSN LUCIFER

En tout cas, je demande qu'il me soit permis d'étoufier,

eu ce moment, la voix de mon trop juste ressentiment’ et

de n'écouter que celle de la pacification..

Baar., hyÿpocritement.

Bravo!

ille ques ; lRors voix, hypocritement.

Bravo! Bravo!

BABEL

L'illustre monarque n'est pas sincère |

(Cette dernière parole appelle une protestation vigoureuse de Lucifer.

Quelques démons lancent l’épithète de traitre; Lucifer croit qu'elle

e s'adresse à lui, de son côté, Babel se l’applique, chacun veut protester. Mais les démons interviennent les uns en faveur du premier,

les autres pour le second. Le bronhzi est à son comble. Cependant

Baal parle à plusieurs et leur conseille de sembler se calmer, d’en-

tendre Lucifer, sans l’interrompre, de paraitre meme l’applaudir,

ain que, croyant à la paciication des esprits, il ne prépare pas une

résistance en vue de la prochaine assemblée. Ce conseil est bien

de ....... re u mme de Babol. Le calme renait et se rétablit parfaitement.)

LUCIFER, reprenant courage.

D Je mexplique les inquiétudes mortelles dont vous êtes iourmentés. Lau lutte acharnée que nous livre l'Eglise [ul hifie ces alarmes Muis les temps n'en sont pas moins des temps de perdi Tati cer ul ‘: LS . 1 , 99 n r tion... Malgré tout, nous ne laissons pas d'entrainer ‘ 3 >1Hisil 1 A ’ À , IL un ] | bon nombre d'âmes dans l’ulîime éternel “en dire » temps el la (\pplandissements.) ‘endre une Pr LUCIFER.

Plusieurs appréhendent la défaite prochaine du libérame ; défaite que, pour mu part, je regarde comme impossible où, au moins comme éloigné BELPUÉGOR È esf au contraire, une ‘iéiaite assurée et procl 1 d'étoufier, | gentiment où à LUCIFER.

\lmettons-le pour un moment. J'admets que le libéra

lisme vienne à nous manquer tout-à-fnit Eh

bie!

Serons-nous pour cela vaincus, vaincus sans ressources? N'avons-nous pas d'autres ruses, d'autres erreurs, d’autres ténèbres ? Combien d'erreurs nous ont déjà fuit défaut ?

Comptez-les, si vous pouvez ? Avons-nous déposés le

: , ; : | l'er armes ? A mesure qu'un terrain nous échappait, n'avons nous pas plutot transporté la lutte ?

PLUSIEURS VOIX

à n EE Q t FM... . ! | () Frès bien ! Très-bien !

L'UCIFER.

Ce qui nous égare, c’est d'oublier trop souvent l’état

J( sQ] nous sommes depuis la Rédemption. Aux jours du pin ganisme notre règne était florissant: grâce à la libert nous avions conquise par Île péché du premier hon Maintenant nous sommes enchaînés et nous n’'exerco plus qu'une action limitée. Les mérites du Christ, ceux ses saints, les secours puissants de l'Eglise, voilà toi Ds autant de chaînes ou de barrières avec lesquels il fi pe dé compter bon gré, mal gré !

(l Tots: avec Dlus in d'hyvocri:

IOUS, AVEC pIus OÙ MOI A hYpOCrIRI Très-bien ! s il S LUCIFER | Les conditions de nos combats étant ce qu'elles sont Dé devrions-nous pas, au lieu de nous plaindre, nous fine j'ai presque dit, nous étonuner de nos succès, (Applaudissements). P É l'a » A 1 BAAL, bas à Babel.

Quelle comédie! Dire qu'il ne croit pas un mo Cett, t |!

qu il avalce BABEL, sur le même ton. ne Lit N | { que nous ne l’applaudissions qu'afin de le ] uluti]

Eh bien!

| ressources | LUCIFER,.

eurs, d'autres

Pour moi, illustres princes, je suis ploin de confiance. uit défaut ?

A travers les nuages orageux qui nous onveloppent,

8 déposés l 'entrevois l'aube blanchissante d'un meilleur avenir.

puit, n'avons | (Applaudissements.)

JAAL ET BABEL, à voix basse.

Où! l'hypocrito !

LUCIFER

J'espère au triomphe de l'enfer. Si jo n'y croyais pas, uvent l'état of serais injuste envers vous, je méconnaitrais, à la fois, et iX Jours du pérotre indomptable énergie et votre invincible opiniâtreté. à la liberté à | : (Applaudissements.) remier ho jous n’exerçu! LUCIFER.

| Christ, CCUX

is a ti Désespérer de la cause de l'enfer, ce serait compter sans shise, voi

| Lu TH lle dévouement de ceux qui la servent. CSqUeIs \I Ia

(Applaudissemeuts.) )CTIRLE. 4 BABEL à Baul.

I s'excite ! Il s'excite!

LUCIFER

qu'elles sont Désespérer de notre cause, c'est compter suns votre Lre, nous fétuine implacable pour le Christ ! Ô d TE En. l'ot ÿ.

Bruvo ! Bravo!

| BABEr, à Baal,

pas un MO Cette dernière parole vaut mieux que les précédentes,

LUCIFER, s'excitant prodigieusement.

La haîne de l’enfer contre le Christ! Ah! c'est la piscine

fn de le militaire où nous puisons avec des ardeurs toujours jeunes, si 1h) \ .

ice nouvelles et perpétuelles forces ......….

(Applaudissements }, LUCIFER.

Que nous font les mépris, les injures, les déduins, los contretemps, les épreuves si, en dépit de tout, notre haîne doit être satisfaite ?

(Applaudissements. ) LucrreR.

Et pourquoi se décourager ? Si les progrès de notre cause ne sont pas sensibles, s'en suit-il qu'ils n'existent pas ?

(Applaudissements.)

LUCIFER

Notre œuvre m'apparuit en ce moment comme ce stor. rents impétueux qui ne sont jamais 8i menaçanis qu'alors qu'ils sont cachés. Il vient un moment où on ne les en: tend plus ; on les croit rentrés pour toujours dans le sein de la terre. Erreur ! C’est alors qu'ils minent le rocher qu’ils percent le granit, qu'ils renversent tous les obst: cles. Puis, bientôt ils sortent triomphants et roulent vi torieux leurs eaux fécondes.

Il en est ainsi du mal,et plus particulièrement du lilé ralisme. Ne vous inquiétez pas de son état de faibles apparente ! Bientôt vous le verrez surgir comme par cr chantement et renverser tou: les obstacles qui s'opposer au triomphe de l'enfer.

(Applaudissements } LüCIFER. À Ayons donc confiance en l'avenir. ‘Travaillons coun geusement. Ne nous laissons abattre ni par le nombre,

par la nature des difficultés. Sachons combattre et ul chons attendre, tout est là.

N justi l'élu diatd reste d'un la I

qu'a cont tôt o

Et, maintenant, séparons-nous un moment. Voici d'ail leurs venir l'heure redoutable pendant laquelle il y a près de 19 siècles le monde a été régénéré et sauvé. C'est pour nous l'heure fatale.

Quand ce triste moment sera écoulé, nous aurons la

réunion générale des chefs de tous les pays. Les délégués déduins, los canadiens

assistoront comme les autres et y recevront notre haiîne

toutes les instructions voulues.

PLUSIEURS Voix.

Très bien

Baar, hypocritement.

ès de notre ;

À Vive Kliber A Lisme(* AthoL Ique ! ls n'existent

Tous.

MokR 'TaluL TraM OntaN Isme !

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