‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 108 sur 181 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les mêmes.

CARREAU, de la tribune.

Princes,

Je voudrais réperdre dignement aux acclamations enthousiastes qui saluont mon apparition dans cette tribuno, Je voudrais, par une élocution facile et brillante, tmpérer un pou ce que ma parole, ou plutôt mu pensée, doit vous apporter de tristesse et do ‘'fcouragemeont ; mais hélas, n'ayant rien des dons de l'éloquence, je dois me rsignor à choquer vos oreilles en même temps qu'à désllusionner vos plus chères espérances. Le Canada, rinces, est depuis près de deux ans le théâtre de nos forts courageux ot constants. D’après les ordres de notre bonar juo nous travaillons à y implanter le libéralisme atholique.

Malheureusement, ce pays est, malgré ses misèves, encore rop fortement attaché à la Pierre Infallible de l'Eglise, our que nous réussissions à l’entraîner dans cette erreur.

éNombreuses marques d’adhésions.) CARREAT.

Notre monsrque, pour développer le libéralisme cathaique, comptait sur une société de prêtres français depuis ongtemps établie dans ce pays, mais cette société n’a plus ucune influence, elle s'est gravement compromise, et sans

les premiers #on immense fortune, elle ne serait absolument rien.

PLUSIEURS VGIx.

Très-bien ! Trèsbien !

LUCIFER

Les Curés perpétuels peuvent être discrédités aujour. d'hui ; mais à l’énoque de l’origine de notre conjurat:ion; c’est-à-dire en :8%0, ils étaiont encore puissants.

PLUSIEURS VOIx.

Non! Non!

CARREAU

À l’origine de notre conjuration, les Curés perpétuels s'étaient compromis aux yeux des fidèles et du cle-gé par leur opposition aux Hvêques ; il était généralement corn qu'ils ne voulaient pas de l'Evêque diocésain, et que, pour justifier leur fausse position, ils invoquaient le vieux gal:| licanisme.

(Applaudissements).

Luotrer.

Je défie Carreau de jrouver ces avancés.

CARREAU

La chose est pas difficile. J'ai sur moi [1 copie d'un lettre écrite le 17 Août 1850, c’est-à-dire depuis 22 ans, ef

qui va vous prouver qu'alors, comme aujourd’hui, le$ Curés perpétuels étaient connus très désavantageusemen

en Canada.

L'auteur de cette lettre, se faisant l'écho du clergé ca nadien et profitant de la visite en Canada de M. Faillonk visiteur du Séminaire St. Hulpice, avait adressé à ce Sul picien un mémoire portant ce titre:

rédités aujoure conjurat:on; ants.

‘urés perpétuels et du cle”gé par ralement connut ain, et que, pour!

ent le vieux gal:

oi IA copie d'un

depuis 22 ans, aujourd’hui, le vantageusemeln

ho du clergé C1

la de M. f'aillon adressé à ce Sul

“ NOTES ENVOYÉES A M. FAILLON, EN AVRIL 1350, SUR L'OPINION DU CLERGÉ DU DIOUÈSE DE MONTRÉAL, PAR M.JOS. MARCOUX, MISSION- NAIRE DU SAULT ST. LOUIS.”

M. Faillon avait répondu à ce mémoire en donnant à entendre à l’auteur que les faits lui avaient été présentés sous un mauvais jour. L'auteur du mémoire erut üevoir prouver que ses informations étaient exactes, c’est ce qui lui fit écrire la lettre que je vais vous lire.

(A\pplau ïissements nombreux ) CARREAU, lisant la lettre de M. Marcoux.

4 À M. Fuillon, Prêtre de St. Sulpice.

‘“ Monsicur,

“ Dans la courte réponse que je fis à votre lettre du 2 Juin dernier, je vous annonçai que je vous écrirais plus tard au long, parce que je n'en avais pas, le temps, étant en jréparation Ge première com:nunicn,

« Une seule ligne de votre lettre, dans laquelle il n'y à pas l'ombre d’aveu, va motiver ce que j'ai à vous dre aujourd’hui, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut ou la perte des intéressés, d’un côté où d’unautre. Si vois trouvez de la rudesse duns ma franchise, ce que je ne Césavoue pus, avouez que cette rudesse pâlit devant la hi Jiesse de votre avancé: “Que les faits ne vous oùt pus été présentés dans leur vrai jour.” Quoi? Monsieur, des tits qui sont clairs comme le jour, des fuits qui se sont passés sous mes yeux, qui ont scandalisé le clergé et le peuiriv, de paroils faits peuvent-ils avoir un bon jour? Vors &ïe: à mille lieues de la suène, et rendu ici, vous n'avez pas voulu regarder les deux côtés Ge la médaille ; vous n'avez consulté que les intéressés qui vous intéressent, ct vous jusez que nous qui sommes sur les lieux avons été trompés, que nous sommes par conséquent des souris ot des avougles !

Que dirait-on d'un juge qui ne voulrait entendre que les

témoins à charge et qui recuserait les témoins à décharge ? Comment qualifierait-on son jugemeñt ? C’est pourtant la position où se mettent ceux qui veulent décider entre l'Evêque et le Séminaire, après n'avoir entendu qu'une

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