‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 115 sur 181 · GREGORIUS PP. XVI · texte numérisé non relu

GREGORIUS PP. XVI

En

pa

PERRIER

Je ne comprends rien à ce latin.

CARREAU

Je vais expiiquer le tout.

Le mémoire de Monseigneur Provencher qui vous a été communiqué à notre dernière séance, vous a initiés aux menées des Sulpiciens et aux efforts qu'ils ont faits à Rome en 1837 pour obtenir l’abbé St. Germain comme coadjuteur de l’Evêque de Montréa!, à la place de Mgr. Bourget.

Oui ! Oui! Connu! Connu!

mus, opportu- CARREAU.

nsuimus, qua

ostram de re

>r aperiremus.

1inario, deque

am domum ac udio, Tibi et ta Nobis Vo:

tum in ea deæclara meritadensi amplifioribus multum Gate onem ca domus ejus ulo curare non turum esse tes-

Voyant que toutes les intrigues n'avaient pas empêché la nomination qu'ils redoutaient ; voyant, surtout, que le St. Siège leur avait tant refusé et craignant que le nouvel élu et Monseigneur Lartigue ne leur fissent payer chèrement les accusations fausses qu'ils avaient avancées à Rome, ils allèrent se jeter aux pieds de Grégoire XVI, lui promirent de ne plus, à l'avenir, causer de trouble dans l'Eglise de Montréal et lui demandèrent de les recommander à la charité de l’Evêque et de son coadjuteur, Grégoire XVI répondit qu’il ne pensait pas que cette recom: mandation fut nécessaire, que le passé lui était et devait leur être à eux aussi, une garantie puisque, malgré leur conduite envers l'ordinaire, ils n’avaient pas été interdits, chose qui n'aurait pas été négligée des évêques moins patients. Cependant, les Sulpiciens pleurnichent, se lamen-

speritatemque- n

speritatemgq | tent. A la fin le vénérable Pontife, touché de leurs larenda. ue : ,

ee ai mes, finit par promettre de dire un mot en leur faveur.

scimus.

Ce mot, comme vous avez pu en juger, il y à un instant, peut se traduire ainsi; ‘“ Gregoire XVI profite de l’occasion de son bref à Monseigneur Lartigue pour recommander le Séminaire et les Sulpiciens aux Evêque de Montréal. Il rappelle que le Séminaire en Canada a fait du À bien à la religion et qu'à ce titre il n’est que juste de “ iller à ses intérêts et de travailler à sa prospérité. Enfin .+ goire XVI termine en affirmant qu'il ne doute point sin les Evêques de Montréal, à l'exemple du Souverain Pontife, auront pour les Sulpiciens toute la sollicitude possible.”

13 Martü 1831.

s PP. XVI.”

qui vous à été 8 a initiés aux nt faits à Rome omme coadju- Est-ce là tout.

> Mgr. Bourget.

PLUSIEURS VOIX

CARREAU

Oui.

Or pourquoi Grégoire XVI ne recommande-t-il que les ulpiciens et les autres membres du clergé ainsi que les ommunautés religieuses? Est-ce parce que ces corps ne

le méritaient pas ? Grégoire XVI pouvait-il ignorer le dévouement du clergé canadien et des autres communautés, leurs sacrifices pour l'éducation, les pauvres, les malades, ete , etc. On ne peut le supposer un moment, Est-ce parce que Grégoire XVI pensait que les Evêques molestaient les Sulpiciens ? Assurément non. Car si Grégoire XVI se fut trouvé sous une telle impression, il n’aurait pas manqué de se rendre au désir de St. Sulpice en nommant le coadjutour que celui-ci demandait et en accédant à toutes leurs autres suppliques. C’est le contraire qui a été fait. Grégoire XVI n’ayant rien accordé aux Sulpiciens, et il avait favorisé de tout au tout le parti que les Sulpiciens avaient signalé à Rome comme l’ennemi juré du Séminaire.

NOMBREUSES VOIx.

Très-bien ! Très-bien !

CARREAU

Comment donc expliquer ce bref, si ce n’est en disant que, connaissant les torts des Sulpiciens et croyant à la sincérité de leur conversion à l’obéissance, Grégoire XVI a voulu leur donner une preuve de sa bonté en priant les évêques d’user de mansuétude envers ces pauvres enfants prodigues de St. Sulpice.

PRESQUE Tous.

Parfait! Parfait!

D'ailleurs, jusqu'à 1822, les Sulpiciens s'étaient montrés assez raisonnables ; depuis l’origine de Montréal jusqu’à ce moment, ils avaient évangélisé la ville. S'ils n'avaient pas fait tout ce qu’ils auraient pu, ils avaient fait quelque chose, c'était là} un mérite dont on devait leur tenir compte, surtout alors qu’ils promettaient d’être meilleurs à l’avenir. Grégoire XVI le comprit et voilà pourquoi il confia les Sulpiciens à la charité des Evêques de Montréal.

e C'es

norer le démmunautés, les malades, Est-ce parce lestaient les , XVI se fut 8 manqué de nt le coadju- , toutes leurs

BABEL

Et c’est parce que cette charité des Evêques de Montréal n’a pas manqué, qu'une longanimité sans exemple a répondu à l'hostilité ouverte des Sulpiciens aux Evêques.

Fuxs-Boucuet.

Pie IX, le 24 septembre 1867, a reconnu, lui aussi, que les Sulpiciens avaient des mérites.

Il a dit: Les comté fait. Gréns, et il avait ciens avaient

mencements sont pour eux : mais Maintenant ils doivent se soumettre. ” |

Saive. BABEL.

Les commencements sont pour eux ; c'est-à dire non pus la fin ! Grégoire XVI, par son ÿref, ne dit rien autre chose. Je comprends maintenant pourquoi les Sulpiciens n’ont point publié le bref en question. Et quand ils disent qu'ils s'en abstiennent par déférence pour leur Evêque, ils nous rappellent cette vieille boutade connue : “ Si j'étais une

"est en disant Ru Le femme honnête, je vous appliquerais un soufflet. ”’

et croyant à la Grégoire XVI é en priant les auvres enfants

(Rire général.)

CARREAU

Eh bien ! est-il suffisamment prouvé combien les Curés perpétuels étaient compromis lors de l’origine de notre Conjuration ? Pouvait-on faire une plus grande sottise que de compter sur ces curés pour donner du relief à

notre cause ? |

PRESQUE TOUS

étaient montrés ontréal jusqu'à cils n'avaient ient fait queln devait leur ent d’être meilet voilà pour des Evêques de

Non! Non!

(Lucifer «st } ourpre de colère.) CARREAU.

D'un autre coté, les canadiens voient avec peine le pou d'encouragement que le Séminaire donne aux catholiques. C'est un Anglais, un protestant, (. E. Marlor, qui est

Rennes — - ©

496 LA COMÉDIE INFHRNALÉ.

agent-général du Séminaire. Comme si un catholique, un Canadien, ne pourrait remplir cette charge. Ce Marlor reçoit mal leS catholiques et donne, pour l'achat des terrains, etc., la préférence aux protestants. De plus, le Séminaire fait toujours de bonnes remises aux protestants qui lui doivent et il oblige les catholiques à lui payer jusqu’au dernier sou. Le Séminaire achète presque toujours chez les protestants et les Anglais. Son imprimeur même est protestant. |

Or, les catholiques et les Canadiens se demandent pourquoi le Séminaire en agit ainsi. Ils se demandent s’il est bien dans l'intérêt du catholicisme que les catholiques fassent la fortune des protestants et laissent lours frères se débattre comme ils peuvent ? Ils se demandent cela et ne trouvant pas de réponse satisfaisante, ils ne sont pas portés à bénir trop ouvertement le Séminaire.

SABATHAN Je crois bien !

UARREAU. |

Les Curés perpétuels eux-mêmes sentent combien leur conduite envers l'autorité ecclésiastique, envers le clergé et le peuple canadien est indigne. Ils comprennent que les révélations qui se font aujourd’hui sur leurs menées secrètes sont un châtiment de la justice de Dieu, et ils td finiront par se soumettre,

q Luotrer. 2) Jq Jamais ! Jamais ! Ne le crains pas. n - ro CARREAU,

Ils se soumettront, [ls ne pourront résister longtemps aux remords qui les accablent.

LuctreEr.

Sont-ils done si torturés ?

tholique, un Ce Marlor chat des tero plus, le Séprotestants ui payer Jusque toujours rimeur même

jandent pourindent s’il est s catholiques 1t leurs frères indent cela et ls ne sont pas e.

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ster longtemps

LA CUMÉDIE INFHRNALE. 497

CARREAU

Ils soht bouleversés. Derniérement, le Curé Rousselot annonçait à certains Messieurs qu’il partirait bientôt pour Rome avec M. Larue, afin de demander au St. Siége ce qu’il pense de la Comédie Infernale.

(Rire général.) CARREAU,

Or, que voulez-vous que lui dise le St. Siége ? Sinon que tout ce que la Comédie dit est vrai, ‘très-vrai, ét que si ce livre est mauvais, c’est parce qu’il contient l'histoire scrupuleusement exacte de St. Sulpice.

(Rire général.)

Les Curés perpétuels sont donc en proie à un décôuragement inquiétant pour nous. Mais ce n'est pas là tout le sujet de hotré malheur.

Au comméncement de nôtre lutte, nous avions, dans la politique, dans la présse êt ailleurs de nombreux partisans du gallicanisme et du libéralisme catholique. Aujourd'hui la lumière s’est faite dans bien des esprits, et si tous n’en sont pas rendus à être franchement ultramontains, tous ne sont pas également disposés à renouveler leurs attaques contre les principes quiont inspiré les programmistes et les contradicteurs du Code des Curés. C’est ainsi que le Journal de Québec et l'Evènement, seuls de tous les journaux qu'il y à un anétaient libéraux et gallicans, oseront encore dire des sottises et énoncer des erreurs.

ROSIER

Et la Minerve ?

CARREAU

La Minerve s'est considérablement modifiée. On l'a vue se prononcer assez ouvertement en faveur des catho-

liques du Nouveau-Brunswick. Sans doute, elle a encore beaucoup à faire avant d'être ultramontaine ; toutefois, elle est à l’heure qu'il est sur la voie qui conduit à l’ortho-

(Lucifer fait une grimace impossible à décrire.)

CARREAU

Et M. Oscar Dunn, l'auteur de l’Union des Catholi. ques vient de faire un' acte qui l’honore infiniment. Il paraît bien qu’il est pour beaucoup dans la motion Costi. gan, motion revendiquant la liberté catholique.

LUCIFER.- Et Babel n’a pas empêché cela !

BABEL

Non! et notre illustre monarque lui-même, tout adroit qu'il est, n'aurait pas été plus heureux que moi. M. Oscar Dunn, je l’ai déjà dit, a de l’esprit, du talent; c’est de plus un noble caractère et avec de telles qualités, il est diff. cile d’être le jouet de nos illusions bêtes.

CARREAU

Le Journal l’Opinion Publique que nous avons déj signalé comme nous ayant rendu service dans l'affaire du Programme, nous a fait volte-face. Ses rédacteurs ont des intelligences trop belles pour ne pas être éclairés par les publications récentes des Ultramontaïns. Les Etudes Historiques et Légales sur la liberté religieuse en Canada acheveront de les instruire ; ce qui sera certainèment pour eux l’occasion de faire une profession de foi digne de leur franchise et de leur généreux dévouement aux inté rêts véritables du Canada,

OrIvoR.

Et le parti national ?

, elle a encore ine ; toutefois, iduit à l’ortho-

crire.)

n des Catholiinfiniment. Il a motion Costique.

ime, tout adroit e moi. M. Oscar nt; c’estde plus lités, il est diff-

nous avons déjà dans l'affaire du s rédacteurs ont être éclairés par ains. Les Etudes gieuse en Canada bra certainément n de foi digne de

ement aux inté

BrLzÉBUTH.

Ma foi, je ne sais pas ce qu'ilva’devenir. Son journal s’est prononcé ouvertement pour la liberté religieuse dans la question des écoles du Nouveau-Brunswick.

LuorFer.

C'est l'esprit de parti qui l’a inspiré.

| BELZÉBUTE.

Peut-être. Mais il y a des organes qui mème par esprit de parti, ne consontiraient jamais à prendre pour l'Eglise.

LuotrEr.

" Quand ce sera son intérêt, le parti national 8e trouvera contre l'Eglise.

BELZÉBUTH

Je l’espère. Cependant, il faut que j'avoue qu'il y a certains hommes dans mon parti que je n'aime pas. Ce sont des catholiques sincères et s’ils venaient à triompher, çà nous ferait un grand tort. Toutefois, je ferai tout pour empêcher une pareille calamité. En attendant, je vis dans les transes !

LuotrER.

C’est parce que vous n'avez pas suivi fidèlement toutes mes instructions que la cause du libéralisme-catholique se trouve ainsi compromis.

Tous LES DÉMONS DU CANADA.

Nous protestons !

CaRRHAU, avec feu.

C'est au contraire parce que nous les avons suivies, ces instructions insensées, que nous avons tout perdu.

Il fallait bien que le vertige de la folie se fut emparé de Lucifer pour qu'il crût un moment à la possibilité d’un succès çanadien.

PRESQUE Tous, Oui! Oui!

LuoïrER, ne se possédant plus.

Anathème à l’enfer !

PRESQUE TOUS, Malédiction à Lucifer,

(Ces dernières paroles sont suivies d’un vacarme épouvantable, pendant lequel Baal monte à la tribune, en fait descendre Carreau et demande la parole, ce qui rétablit peu à pen l’ordre, )

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