PIECES JUSTIFICATIVES
La Comédie Infernale terminée, je devais à l'honnêteté et
à la justice, comme à l intérêt de la cause sacrée que j'ai défendue dans ces pages, de mettre sous les yeux du public les documents où j'ai puisé mes renseignements. Comme d’autres travaux doivent désormais se partager ma vie, je laisse à mon honorable ami, M. Adolphe Ouimet, Avocat, Editeur du Franc-Parleur, avec les pièces justifi,
catives, le soin de les publier intégralement depuis la Pres mière jusqu’à la dernière,.
Mes concitoyens verront si j'ai menti, si {a 4 Comédie ”’ n’est qu'un tissu de calomnies, ainsi que n’ont pas manqué de l’affirmer les Messieurs de St. Sulpice. En lisant ce que des Ævêques et des prêtres vénérables ont écrit sur le gallicanisme et sur toutes les autres misères du Séminaire, les esprits droits connaîtront la nature du déplorable confit qui existe entre les Sulpiciens et l’Evêque de ce diocèse; ils sentiront que cette longue et malheureuse lutte contre l'autorité diocésaine est Le triste fruit des illusions de l'enfer, !s béniront la Providence de nôus avoir donné, dans la ersonne de Nos Seigneurs Lartigue et Bourget, des hom: es dont les vertus ont préservé Montréal de perdre le trésor de la foi, et ils conjureront le Ciel de rappeler les Messieurs de St. Sulpice à l'esprit de leur pieux fondateur, c’est-à-dire à la soumission à l'Episcopat.
Pour détruire j’effet des mémoires invoqués dans la Comédie, les Sulpiciens reprochent aux auteurs de ces mémoires d’être der partisans de l’Evêque. S'il faut rejster le témoignage des partisans, quel ças faire des assertions intéressées des Sulpiciens ? Ceux qui parlent ainsi, ou n’ont pas foi en leurs propres paroles, ou croient s’adresser à des esprits incapables de rétorquer un argument.
D'ailleurs, Messieurs Bédard, Marcoux, Messeign eurs, Golin, Plessis, Provencher, Baillargeon, etc., les cardinaux, et le St. Père, lui-même, s'ils sont partisans, ils le sont de la vérité, de la discipline, des Canons, toutes choses qui veulent que l’Evêque soit Evêque et que les prêtres lui obéissent dans les limites de sa juridiction. Qu'on cherche partout, et qu’on dise si jamais il s’est rencontré, dans l'Eglise un Evêque réduit, comme celui de Montréal, à ne pouvoir même diviser ses paroisses.
Le Séminaire, il est vrai, a rendu des services, mais que deviendraient l'Eglise et la Société ai tous ceux qui font le bien réclamaient, en échange de leurs œuvres, des privie léges renversant la discipline, l’ordre et les lois? St. Sulpice a-t-il le droit de nous vendre des secours qu’il nous doit devant Dieu et devant les hommes? Quand le Sémifaire s’est chargé d’être l'administrateur de l'immense fo: vune destinée aux fidèles de l’île de Montréal, a-t-il stipulé à nos bienfaiteurs qu'il s’abriterait un jour, derrière cette fortune pour gêner l’Episcopat et nuire à l’œuvre de Dieu? Qu’'auraient fait nos généreux donateurs, s'ils eussent pu lire dans l'avenir ces inqualifiables prétentions du Séminaire ?
Que St. Sulpice fasse des biens des fidèles de l’île de Montréal, tel usage qu’il voudra ; qu’il se vante à outrance du bien qu’il a fait et plus encore de celui qu’il n’a pas fait, qu’oubliant les règles de la plus stricte convenance, il choisisse le moment où la ville inaugure des Ecoles commercCiales à l’acquit du Séminaire, pour se célébrer Zuimênre, alors que personne ne songe à lui adresser des éloges non mérités; qu’il se permette de parler de nous en France, à Rome, partout, comme d’un peuple inintelligent, nous pourrons, par esprit de charité, lui pardonner tout cela; mais qu’il persiste plus longtemps à nous scandaliser par son opposition déraisonnable au démembrement de la Paroisse de Notre Dame; qu'il nous représente au St. Siége comme des fidèles revoltés contre l’autorité; qu'il injurie nos vénérables Prélats; qu’il exerce une influence malheureuse sur plusieurs d’entre nous, de manière à ne faire les apôtres des erreurs les plus funestes; qu’il soit
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en un mot, à Montréal, une pierre de scandale, de désunion et de luttes, ce n’est plus tolérable et les vrais canadiens, les bons catholiques ne doivent plus le tolérer.
Et ce n’est pas là l'expression d’un sentiment personnel, d’une opinion isolée, c’est le sentiment, c’est la pensée de la nation. Partout, même dans les rangs des adversaires op la ‘“ Comédie Infernale,” on trouve que la mesure des torts de St. Sulpice est pleine et qu’il est temps, grandement temps que tout rentre dans l’ordre. C’est au moins là ce qui se dit tout bas dans toutes les classes de la 80. ciété. Pour moi, qui ai osé le dire tout haut, je m’en applaudis et je ne m'en repentirais que dans le cas d’une désapprobation directe ou même indirecte du Pontifo Infaillible.