ARTICLE II
Esprit du Séminaire de St. Sulpice.
Nous devons avoir de la ressemblance avec notre Fon: dateur, et nous conduire par son esprit. Or, dans ce vénérable Père, quel respect pour les Evêques, quelle humilité, quel désintéressement ? Qu'auruait-il fait lui et lés anciens Sulpiciens que nous révérons, dans les circonstances présentes ? Que les enfants imitent leur Père. (1)
Une des principales raisons qu’on aullègue contre la présence de l’Evêque de Telmesse, est que son séjour diminuera l'influence du Séminaire, et celle de son Supérieur qui auparavant gouvernait le District. Mais outre que cela n’est pas vrai dans sa généralité, puisqu'il y a eu souvent d'autres grands Vicaires non-Sulpiciens, qui partageaient l’autorité, on peut dire que l'esprit primitif de St. Sulpice, n’était pas de gouverner les Diocèses en tout ou en partie ; j'ai toujours oui dire que dans cette Congrégation on ne cherchait que lu vie cachée, et non à influer sur le public : que l'institut n'avait d'autre but que de former dans les Séminaires de jeunes Ecclèsiastiques auxquels on n’inspirait que du respect et de l’obéissance envers les Evêques.
Dans une Communauté, ii est louable et important de suivre les usages, de ne pas changer les bons usages. Il fant donc rétablir l’usage où l’on était de respecter da-
) Je ne lis jamais le Ch. 12 du Liv. 7 de la Vic. de M, Olier par M. Nagot, Art. à ] 7 } F4
t 4, sans faire des réflexions affligeantes sur la conduite de notre Maison comparée aux entiments de notre Fondateur.
vantage les Evêques, et de leur être plus soumis: la Communauté n’en sera que plus régulière et plus agréa ble à ceux qui la composent.
Depuis un certain nombre d'années, on s'est accoutu mé à critiquer l’Evéque, à le blâmer à la face de la Com munauté, et même devant des Prôêtres étrangers. Ce n’était pas la l’ancien esprit de la Maison et à force de ré péter les sujets de plainte, on produit une opposition de sentiments et un levain qui fermente et aboutit à une rupture.
Si dans les commencements ou depuis, on eût propo sé à la Communauté une conduite plus douce et plus généreuse envers les Evêques, je pense qu’elle l’aurait adoptée avec plus de plaisir qu'une conduite plus sévère.
Quand des Sulpiciens furent élevés à l’épiscopat dans les Etàts-Unis, quelqu'un demanda icis’ils continueraient à être Sulpiciens. La réponse fut affirmative, parcequ'ils
avaient pour cela la permission et le consentement du
Supérieur général : qu'avec cette permission, un Evêque appartenait encore au Séminaire, et était censé Sulpt cien. M. Duclaux Supérieur général de notre Congrésa. tion, répondit dans le même sens à Mg. de Telmesse «à particulier. On aurait donc pû accorder à cet Evêque même faveur qu'il demandait si ardemment, et qui pouf vait nous être plus utile qu'à lui. Cependant ses désir et ses empressements n’ont éprouvé de notre part qu des refus qu’il est difficile de concilier avec l'esprit d4 St. Sulpice.
À voir notre conduite duns ce point et dars quelquef. autres, il pourra se faire que l’on dise que trop d’honneu nous fait honte, et que nous nous jugeons indignes d'f. voir un Evêque pour confrère, d'être immédiatemen gouverné par un Evêque, de vivre en union avec lui, « lui voir annoncer la parole de Dieu, et exercer sous n0 yeux, ses autres fonctions. Nos pères n'auraient jf, donné lieu à de pareils reproches. Au reste, dans notr Communauté, le bien de la paix, l’éditication des Fidèle
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que ce que l’on pourra gagner en r'Ésistance ?
Mais pour ne parler que des avantages de la paix plusieurs d'entre nous étant avancés on âge. ont plus be besoin de paix que de combats ; et de consolations que de troubles et d’amertumes. Quant à moi, si j'eusse prévu ces chagrins, je ne me serais pas fuit Sulpicien, imuis maintenant que je le suis, a-t-on droit de me causer les peines dont je me plains, et dont je devrais être exempt dans une Communauté, plus encore que partout ailleurs ? Nous devons aussi penser à ceux qui viendront après nous, et leur transmettre les biens spirituels que la Providence nous a communiqués par ceux qui nous ont précédés. Mais si nous leur laissons les divisions intérieures, l'opposition pour les Evêques, et celledes Evêques pour nous ; ce sera un bien triste héritage qu'ils rece-
rront de nous.
ARTICLE JIL.
Autres motifs, tirés de la Religion et de la Raison.
L'Etablissement commencé à Montréal étant considéable par rapport à la Religion, on pourrait suivre le onseil donné par Gamaliel. ‘“ Assez de poursuivre ces ‘hommes, et laissez-les. Car cette entreprise ou cette ‘œuvre vient des hommes, elle se détruira.
‘vient de Dieu, vous ne pouvez la détruire ; et il à craindre que vous ne vous trouviez coupables d'avoir ‘combattu contre Dieu même.’”’ Art: V., 39 et 40.
Mais si elle
est
Autrefois des Lois fondaient des Monastires, bâtisaient des Eglises, et dotaient des Evêchés. Le Clergé e trouverait-il étranger à ces sortes d'œuvres ?
Les revenus d’une de nos Seigneuries employés à sounir un Evêque, nous auraient couverts d'honneur et de érite, et auraient assuré notre existence. C’est du moins e que je me persuade. Les envieux auraient alors cessé
us Œ() un
de nous reprocher nos richesses, et de les tourner contre nous. Notre grande fortune et nos grands revenus pour ront être la cause de notre perte.
Les Français aiment leurs maîtres, et les Canadiens, descendants des Français, les aiment aussi. Que les uns et les autres se réunissent pour en donner des preuves i l'égard de leurs Maîtres et Pasteurs spirituels.
Les grands Vicaires sont les hommes de l'Evêque «t suivant le Droit ils ne sont qu'une même personne ave lui : il est convenable qu’ils lui soient unis de sentimenti autant que possible, et qu'ils prennent ses intérêts à lieu de se tourner contre lui.
On pourra se tromper pour ce pays comme on à fa pour celui de nos voisins On disait que les Evèché qu'on y établissait, étaient trop nombreux, que le lie des Siéges était mal choisi ; que plusieurs des Evêque
choisis allaient troubler tout et tout détruire. Et cepen
dant les Evêques établissent la Religion et la font fleurir tandis qu'elle dépérit semblablement ici.
Nous sommes sujets comme les autres hommes, à non laisser prévenir, à juger en notre faveur, à trouver de torts où il r°y en a pas, ou bien à les exagérer ; en u mot, nous sommes sujets à nous tromper et à trouver de raisons solides ou subtiles, vraies ou fausses, pour nou jJustitier. Nous devons donc nous défier de nous-mêmes
Nos fautes sont plus visibles aux yeux des autre qu'aux nôtres ; et à une réputation de grande vortu peul en saccéder une toute Contraire.
On sent qu'on a des talents et des connaissances ; 0 est approuvé et applaudi des siens; on rejette ave mépris les sentiments contraires. Cette conduite est bia loin d'être sûre.
De deux partis qui se combattent, celui qui est inté rieur en autorité ne devrait pas avoir honte de céder: l’autre, quand il n’a qu'un droit égal au moindre.
Dans la Révolution française on a employé les Curése les autres Prêtres, pour affaiblir et détruire l'autorité de
les tourner contre nds revenus pour et les Canadiens tussi. Que les uns ner des preuves À irituels.
es de l’Evêque «t me personne avec unis de sentiment
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breux, que le lie ieurs des Evêque étruire. Et cepen nn et la font fleurir C1.
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Lohose de semblable dans ce pays. Il
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Evéques ; et ensuite on a abattu faciloment le Clergé du second Ordre. Il semble que l'on commence quelque y a pourtant différence ; c’est qu'en France ce furent les partisans de k Philosophie qui imaginèrent ces moyens de des
une
truction, et qui s'étant emparés du gouvernement, les irent exécuter. Ici c'est le Clergé qui persécute les Evêques, les dénonce au public et les accuse à la face du houvernement, pour les lui rendre suspects et odieux, et linviter en quelque sorte à gêner et à ruiner peu à peu notre Religion.
Le nouveau Pape a témoigné une bonté et une confance particulière à toute la Congrégation de St. Sulpice, en faisant dire à M. Duclaux, Supérieur (Général, qu'il leur donnait sa Bénédiction, en faisant leur éloge, et dans une autre occasion en se recommandant à leurs ce qui est certainement bien honorable et bien consolant pour tous les enfans de Mr. Ollier. Mais quand ce Saint Pape apprendra ce que les Sulpiciens du Canada ont fait à l’égurd de leur Evêque et de son Auxiliaire, quoiqu'at torisés par un Bref exprès de son prédécesseur Pie VIT, d'heureuse mémoire ; je ne sais ce qu'il pensera et ce qu'il fera par rapport à notre Maison
Quand nos intérêts changent, notre langage change aussi: par exemple sur les Sulpiciens devenus Evêques, comme on à vu plus haut; sur les Libertés de l'Eglise hullicane, dont on parle depuis quelques années bien différemment de ce que l’on faisait auparavant; sur l'état de ce Diocèse, car quand il s'agit des grandes cérémonies Pontificales, on dit qu'elles ne conviennent pas à ui pays de Mission, tel que celui-ci, mais quand il s'agit d'observer les formalités prescrites pour l'Election et la réception des Evêques. on dit que ce Diocèse, est aussi régulier et aussi bien établi que ceux de France. Pareillement quand on veut prouver que les Prêtres de notre assister l’Evêque dans les Offices Pontificaux on prétend que le Cérémonial des
Séminaire ne sont pas obligés à
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Evêques n'est fuit que pour les Cathédrales, et non pou l'Eglise Paroissiale telle que la nôtre; mais on s'app
sur le même Cérémonial, quand il s’agit de faire voi qu'on ne doit pas rendre à tel Evêque tel ou tel honneu Or, cos variations dans notre manière de parler sont suspectes
Teiles sont en purtie les raisons do convenanc qui pouvaient nous inspirer une conduite différente de celle que nous avons tenue, IT me resto à parler dans la ; partie, des effets qu'ont produits où que produiront los
contestations présentes.