SCENE XII
Les mêmes.
Lucirer se levant.
Le libéralisme catholique a eu assez de retentissement en Europe, ces dernières années, et il a fourni un nombre assez
considérable de victimes à l'enfer pour ètre connu de tous RU | i ir ticr'ier de ceux qui ont les princes de mon empire, et en partic "ier c q er pris une part si active dans les derniers événements < is di > de svelopper ici au l'Europe, pour que je sois dispensé de le dévelop} long. 2 Après avoir rappelé qu'il proclame la séparation de l'I : ’ 1 Ï , 3 | rOrlise et de l'Etat, la liberté de conscience et des ménage ) / n ° To . e LE, À nts excessifs pour certaines doctrines modernes profes inents excessifs A + sées par des hommes soi-disant catholiques, je veux immé liatement vous faire voir comment les doctrines libérales pr | | 1 £ iles ses à srité uel abime de maux elle:
sont opposées à la vérité, et dans que | poussent les pauvres égarés qui la proclament.
Tous.
Très bien ! Très bien !
LuciFrer.
send Ne ie "Etat Et d’abord, dire que l'Eglise doit être sépi le l’Eta , V1 A 8 2 . + t vice versa, c’est dire, et j'emprunte ici une parole catholi et 1 26 V ow, SU , à | | | | | que, que lu fin des nations, renfermée dans les limites du e ET € y .
temps, ne consiste qu'à vendre, acheter, boire, manger, doi mir et digérer en paix, sans le moindre souci de la vie éterà ibuti roir ic doivent se nelle, et que les attributions du pouvoir public doivent s | c atoriolg gs 8 borner à assurer aux peuples les avantages matériels, sans LE] ; ?
’oce | ‘este s'occuper du reste, ne RM N'est-ce pus évidemment ravaler la société des « ee in 4 Ds n :
| iti agrégations des brutes qui n’ont telligents à la condition des agrégations de a es pas d'intelligence ? et ceux qui les gouvernent à l’ig [AD = role de façconneur de la matiere et de gardien de troupeaux $ immondes ? ce l'ous. Oui ! oui !
Ï li ï” as "Oi ’] aJ"- Il est vrai que le pouvoir publie n’a pas le droit d’intea préter infailliblement la loi divine.
BELIAL.
i i J'ai de belles nos C’est vraiment regrettable, ils en feraient de
politiques !
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C’est la do Cela étant, de faciliter ; moyens dont ses devoirs e vraie religion tion essentiel l'individu dar Si donc l'E devoir et cett glise, c’est l’1 étrangère au affaire de poli sur l'Etat.
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LUOIFER.
Cependant il n’en est pas moins vrai que, comme il est du devoir du pouvoir public de veiller au maintien de l'autorité paternelle pour qu’elle puisse accomplir ses fonctions domestiques à l'égard des individus, ainsi il doit, à plus forte raison, veiller au maintien de l'autorité ecclésiastique, afin qu’elle puisse exercer sans gène son action illuminatrice et sanctificatrice des âmes à l’égard des nations.
BELiAS.
Est-ce bien là la doctrine catholique ?
LuoIrFER.
C’est la doctrine cathoïique ; c’est le plan divin. Cela étant, il entre dans les obligeti 18 du pouvoir public
de faciliter à la société la conquête du salut par tous les moyens dont il dispose, et par conséquent dans le cercle de ses devoirs entre l'obligation de veiller au maintien de la vraie religion, car la fidélité à la vraie religion est la condition essentielle de tout bonheur pour la société, comme pour l'individu dans le temps et l'éternité.
Si donc l'Etat se sépare de l'Eglise, il méconnait ce grand devoir et cette grande obligation; car l'Etat séparé de l’Eglise, c'est l'Etat déclarant que la religion est parfaitement étrangère aux soins de sa surveillance, si ce n’est comme affaire de police, pour arrêter les empiétements de l'Eglise sur l'Etat.
OLIVOR.
Que dit l'Eglise de cette doctrine ?
LuCIFER.
Nécessairement elle Ia condamne. ;
Elle dit qu'ayant été établie dans le monde sans le secours du trône et même malgré le trône, elle, l'Eglise, peut à la rigueur se passer du trône, que l’Etat ne peut se passer d'elle, et qu’ainsi il ne peut se séparer d'elle.
Isolé de l'autel, le trône ne serait plus qu’un abri que la
force d’un homme aurait construit, et que la force d’autres hommes pourrait renverser toutes les fois qu'il leur en prendrait l’envie et que leurs avantages sembleraient l’exiger.
Le trône n’a de véritable appui, de base solide que dans l’idée que c’est une création divine pour le bien des peuples.
Est-ce le droit public purement humain, est-ce la philosophie qui pourra imposer cette idée aux masses et la maintenir en elles dans sa puissante vivacité ?
Ne serait-ce pas se moquer du sens commun, que de le penser ?
Tous.
Sans doute.
Lucrrer.
Il y a là une mission qui ne peut être accomplie que par l'Eglise.
De là la nécessité de la soumission de l'Etat à l'Eglise, car, comme vous allez le voir, l’État ne peut être uni à l’Eglise qu’en lui étant soumis.
En effet, comment l'Eglise remplirait-elle cette importante mission dans un Etat refusant d'écouter son enseignement, de reconnaitre sa juridiction et de s’y soumettre ?
Voilà bien ce qui est arrivé en Europe, chaque fois que l'Etat s’est séparé de l'Eglise : l'Eglise a été affaiblie et l'Etat renversé, les nations boulversées par les révolutions les plus terribles que nous ayons jamais soulevées.
LEVIATHAN
Les révolutions périodiques de la France n’ont pas eu d'autre raison.
LYUCIFER.
La doctrine de la séparation des deux pouvoirs est donc satanique. ,
Pour les ménagements, cette prétendue prudence que prêche le libéralisme catholique, cette espèce de trêve que je Lu fait appeler, c'est plus damnable escore.
Un simple mot vous le fera comprendre ; voilà des catholiques comme ‘Thiers et autres qui proclament que le plus
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haut degré de philosophie consiste à respecter et à laisser se développer librement toutes les religions.
Eh bien! d’après le libéralisme catholique, il ne faudrait pas tourmenter ce pauvre Thiers pour une telle parole, ce serait l’aigrir sans profit ?
Il faut le laisser dans son erreur plutôt que de risquer de l'éloigner de l'Eglise, en lui prèchant des doctrines trop absolues pour un tel esprit.
Et dire que j'ai amené des évêques, des prêtres, des écrivains éminents à formuler une telle doctrine ?
Tous.
Bravo! Bravo!
3h LucIFER.
C’est qu’en effet, l'erreur du libéralisme catholique séduirait les élus eux mêmes s'ils pouvaient être séduits.
BAALBERITH.
Mais une telle doctrine doit être vigoureusement combattue ?
LuciIFER.
Sans doute, mais comme elle est prônée par des dignitaires de l'Eglise qui la croient bonne, il se forme au milieu des catholiques des divisions, des divergences profondes, des écoles qui divisent leurs forces; et quand le camp catholique est divisé, nous sommes sûrs d’avoir un étendard soit d’un côté ou de l’autre.
PERRIER
Dans ce cas, plutôt que de déterminer ces divisions, les adversaires du libéralisme, je ne sais pas leur nom..........
BELZEBUTE.
Les ultramontains ?
PERRIER
Les ultramontains doivent préférer se taire !
LuciFreERr.
Pas du tout, car ils savent bien qu’en se taisant, le libéra-
lisme triompherait, et qu'ainsi j'aurais presque tout le camp catholique.
Allons! Je crois avoir suffisamment exposé le libéralisme catholique, et il est temps que nous prenions une décision. Dixi!
(Lucifer reprend son siege au milieu de bravos enthousiastes comme les démons seuls savent en pousser.) |