SCENE IX
Les mêmes, Rosier montant à la tribune.
Moi, je ne rendrai certainement pas le Journal de Québec et l’£venement.
ASTAROTH
Je ne dis trop rien pour le Journal de Québec ; mais quand à l’ Evènement tu peux l’abandonner; ce dernier journal vaut encore moins que l’Opinion-Publique, que j'ai apportée comme pure curiosité, mais que je n’ai pas voulu mentionner parceque ça n’a aucune autorité. Les rédacteurs de !’Opinion- Publique sont, sans doute, des jeunes gens de talent et très estimables ; mais, de leur propre aveu, leur feuille est ouverte à toutes les opinions; elle est au service du public et afin de le mieux servir elle n’a point de principes avoués ; en sorte que l’on peut lui faire dire tout ce que l’on veut. Ca n’a donc aucune autorité; ainsi en est-il de l’Evènement .
Rose.
L' Evènement est un journal très recherché.
Hector Fabre, qui le rédige, est un jeune homme plein d'esprit, galant, spirituel, plaisant, joli sans être beau, un peu prétentieux, MAIS... eee
CREER EEREEEEENEE EEE EIRE ETTIEILT
ASTAROTH
Oui prétentieux! Quand il est parti pour l’Europe, il s’était imaginé qu’il reviendrait membre de l'Académie Française !
+ C’est tré:
une très gr
Tu peux | sattacher à
Fabre est républicain, | niste, etc. il l'avenir.
Soit, j’aban Je le récläme
Cauchon, po rien de bien te
Cartier lui a position ; cep pu dire dans | autorité auprès
Et à ce titre
Il est bon de quels termes succès de Rosid
Voyons laisa
C’est cela.
D'abord Je ,
Rosrer.
C'est très possible; mais rachetant sos prétentions par une très grande flexibilité...
ASTAROTH
Tu peux le dire, une si grande flexibilité qu'il ne peut sattacher à aucun principe.
Fabre est tout ce que l’on veut : conservateur, libéral, républicain, démocrate, aristocrate, annexionniste, communiste, etc., il a été tout cela et qui sait ce qu'i] ne sera pas à l'avenir.
Rosier.
Soit, j'abandonne l'Evènement, mais le Journal de Québec, je le récläme comme une conquête.
ASTAROTH
Cauchon, pour ceux qui le connaissent intimement, n’est rien de bien terrible.
Cartier lui a même dit, un jour, de rester du côté de l'opposition ; cependant, comme il a une place élevée, ce qu’il a pu dire dans le Journal de Québec, peut avoir une certaine autorité auprès de ceux qui ne le connaissent pas.
Et à ce titre tu peux l’invoquer.
BELzzEBUTH.
Il'est bon de remarquer que pour ceux qui connaissent en quels termes Cauchon 8e trouve avec la foi et la morale, le succès de Rosier...
00000 000 0000000 ose ons oo ctere
Roster.
Voyons laisse-moi dire; tu feras tes réflexions après. UNE voix.
C’est cela.
Rosrer.
D'abord le Journai de Québec s’est contonté de répéter
i FARINE .
contre le programme ce que la Minerve en disait, puis, trou ant que co rôle de repétiteur ne convenait pas à ses vingt cinq années d'experience, Cauchon voulut se faire théologien:
canoniste.
Pressé d PERRIER. résie, le j deux églis(
Celle-ci «
là devant a
Il a dû en dire de belles!
Rosier.
éi pr 0 in it : selle, D'impayables, inspiré qu'il était par un petit cercle
d'egares.
Le Journal de, Québec a d'abord nié qu'il y eût une doctrine - 9 Et quand
2 droits, où t:
verselle ?
de la suprématie de l'Eglise sur l'Etat.
Tous.
Bravo pour Cauchon !
ROSIER. Cotte que
s'en est poi Le journal a voulu enseigner que l’Eglise n’a rien à voir Il a tronq et quand les
cusait comn
dans la conduite des gouvernements.
En sorte que si l'Etat devient athée, l'Eglise ne doit pa,
, . .! A . , ’ x ne peut pas s'en inquiéter, ot Encyclique de 1864, par ex- C’est très
emple, se trouverait être un abus de la puissance papale.
ROSIER. Oui! mai:
tique encore
Le journal veut que l'Etat et l'Eglise vivent dans l’harmonie la plus parfaite; voilà pourquoi il demande que dans
les questions mixtes, l’Église sacrifie, en vue de la paix, ses : Cette polé
droits les plus sacrés. Fe minée,
Et comme le Nouveau- Monde lui prouvait qu’une telle doc-
trine est contraire à l’enseignement canonique, le journal
ne se gèna pas d'affirmer que la doctrine de la subordination Non! J’es
soit permis politique libd
de l’Etat à l'Eglise est absurde.
Vive lo Journal de Québec !
Mon cher Journal ; tu 1
harlans , 868 docrnal
tion
RosiER.
Pressé de près et voyant qu'il avait trop donné dans l'hérésie, le journal vint avec une doctrine
inouie, celle de deux églises, une universelle.
et l’autre particulière, Celle-ci devant céder ses droits pour plaire à l'Etat, cellelà devant au contraire les maintenir en vue de |
à foi univer.
selle,
LUCIFER
Et quand chacune des églises particulières aura cédé ses droits, où trouvera-til les droits maintenus de l'Eglise uiverselle ?
Rosrer.
Cette question était trop mystique pour le journal, et il ne s'en est point occupé, Il a tronqué les opinions des canonistes pour se
justifier ; et quand les autorités les plus gr
aves le gênaient, il les récusait comme des simplicités, des ab: ardités, des non-sens. PERRIER.
C’est très commode.
Roster.
Oui! mais comme ce métier va bien au jour tique encore aujourd’hui avec succès.
nal, il le pra-
Lucirer.
Cette poléinique du programme n’est donc pas encore terminée.
Rosrer.
Non ! J'espère qu’elle durera assez longtemps pour qu'il soit permis au journal d’énoncer toutes les doc
trines de Ja politique libérale, gallicane et même athée.
LucrFER.
Mon cher Rosier, je te félicite de ce que tu
as fait par ce journal; tu ne pouvais mieux servir notre cause qu'en choi-
sissant un journal comme celui de Québec, pour proclamer dessu; to < mets à l
réussi à ti
des princizes aussi faux.
Tous.
Oui! Tres bien !
Parfait
Rostrer.
Je te remercie, il'ustre morarque, des paroles consolantes que tu m'adresses ; j'espère méritor toujours tes bonnes grices et tos louanges. (I! descend.)
Mon suc
que laïques tains à un
principe su ‘vient à tr ‘s même, di
R'AALBERITH.
Je réclame la parole.
Luctrr&r.
Monte à la tribune !
Mais com